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Le Centre d'analyse stratégique imagine la société numérique de 2025


Edition du 08/07/2009 - par Vincent Delfau

En 2025, les Français, lassés de l'insécurité régnant sur Internet, bouderont le réseau. A moins que, mus par une culture éco-citoyenne s'appuyant sur les TIC, ils embrassent largement la sphère du numérique et en font une part essentielle de la croissance. C'est sur ces hypothèses qu'a planché le Centre d'analyse stratégique à la demande de Nathalie Kosciusko-Morizet, pour aboutir à la remise, ce 8 juillet, d'un rapport intitulé 'la société et l'économie à l'aune de la révolution numérique'.

Le document passe en revue six scenarios présentant l'état de la société numérique à l'horizon 2025, selon que des politiques publiques auront, ou non, été mises en place pour accompagner l'évolution de l'usage des technologies. Parmi les trois scenarios principaux, le premier est baptisé 'cloisonnement' et repose sur une extrapolation de la situation actuelle : situation macro-économique dégradée, fracture numérique importante et recours modéré aux TIC par toutes les composantes de la société. Plus sombre, le scenario qualifié 'Hypertoile omnipotente avec blocage sociétal' envisage un futur dans lequel très peu de règles encadrent le monde du numérique, contribuant ainsi à faire des TIC une jungle de moins en moins fréquentée par les citoyens et les entreprises, décrépitude qui s'illustre dans une croissance du PIB de seulement 1,3% par an. A l'inverse, le scenario de 'Renouveau' s'appuie sur les TIC placés au coeur de l'activité économique, avec une conscience écologique largement diffusée et des mécanismes de régulation internationale. Dans cette hypothèse, le PIB progresserait de 2% par an.

Six leviers d'action

« Rien ne dit qu'on va vers un développement harmonieux de la société numérique, souligne NKM. Mais, rien ne dit l'inverse. » En d'autres termes, la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique rappelle qu'il n'existe pas de déterminisme de la technologie, qu'il n'est « pas d'avenir donné, qui serait la conséquence de l'évolution de la technologie ». L'avenir n'étant que le fruit de politiques publiques et d'efforts de gouvernance, c'est sur ces deux voies que doivent s'orienter les pouvoirs publics pour tendre vers le scenario le plus optimiste élaboré par le Centre d'analyse stratégique. Ce dernier a entendu éclairer la lanterne de NKM en lui soumettant six leviers d'action à long et court terme, s'appuyant sur les acteurs privés et publics.

Parmi les moyens d'action suggérés, le premier a trait à l'éducation et la formation. Les auteurs du rapport plaident pour la mise en place d'une politique d'enseignement qui permettrait à tous de maîtriser les outils numérique. A brève échéance, cela passe par le renforcement des TIC dans le système éducatif, non seulement pour les élèves mais aussi pour leurs enseignants. Autre piste : l'action au niveau européen. Seule, la France ne pourra jouer un rôle déterminant dans un monde numérique ; il convient donc d'organiser un marché européen unique des produits et des services numériques et d'accorder la priorité aux TIC dans l'Espace européen de la recherche. Des voies qui peuvent s'appuyer sur la création d'un small business act communautaire tourné vers l'innovation ou sur l'adaptation de la protection de la propriété intellectuelle aux exigences de l'économie numérique. De nombreuses propositions complètent cet aperçu, comme la recherche d'une gouvernance mondiale d'Internet pour accroître la confiance, ou le déploiement à grande échelle du très haut débit.

Il est évidemment illusoire d'imaginer que toutes ces mesures soient mises en place, ni même qu'elles contribueront à concrétiser les promesses qu'elles portent. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, ce rapport « très centré sur les usages [...] est un regard dynamique sur le monde du numérique en pleine effervescence », mais pas une pas une feuille de route. Si certaines propositions trouveront sans doute leur place dans les futures politiques publiques, nombreuses seront celles qui resteront à l'état d'idée. Ne serait-ce qu'en raison du temps nécessaire pour toutes les appliquer : « il faudrait plusieurs ministres du numérique pour les mettre en oeuvre », a glissé NKM.


Pour en savoir plus

Consulter le rapport




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De EPI le 10/07/2009 11:28:25


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