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Twitter refuse de tomber dans le giron de Facebook

Edition du 25/11/2008 Réagissez

L'incontournable site de réseau social Facebook aurait vainement tenté de mettre la main sur Twitter, le service de micro-blogging créé en 2006. L'information, révélée par le blog AllThings D, spécialisé dans l'analyse d'informations liées à l'IT, a par la suite été confirmée par le Financial Times.

Selon ces sources, Facebook aurait proposé 500 M$ aux dirigeants de Twitter. Une somme astronomique pour un service qui a deux ans d'existence, une audience restreinte et dont le modèle économique est « en phase de recherche », mais qui est composée intégralement d'actions Facebook. Or, le réseau social n'est pas coté ; par conséquent, la valeur de ses titres ne repose que sur une estimation. C'est ce point qui aurait conduit les dirigeants de Twitter à rejeter l'offre d'achat.

Facebook surévalué, Twitter peu tenté

Les 500 M$ mis sur la table par Facebook ne sont en effet qu'une extrapolation réalisée à partir de la valeur estimée de la société lorsque Microsoft est entré dans son capital. En 2007, le géant de Redmond avait investi 240 M$ pour s'offrir 1,6% des parts de Facebook, contribuant ainsi à valoriser le site de réseau social à 15 Md$. Selon Twitter, la valeur réelle de Facebook serait en réalité trois fois moindre. Par conséquent, si Facebook ne vaut « que » 5 Md$, l'offre avancée par Facebook ne saurait atteindre 500 M$, mais s'élèverait en fait à 150 M$. Voire moins, ou plus... étant donné qu'il est parfaitement impossible d'évaluer ce que vaut Facebook.

Néanmoins, quelle que soit la valeur des titres proposés à Twitter, ce dernier pourrait être poussé par ses investisseurs à accepter l'offre de Facebook. Le site de micro-blogging, s'il enregistre une forte croissance du nombre de ses utilisateurs (6 millions), ne vit, depuis sa création, en 2006, que sur une levée de fonds de 20 M$. Si Facebook convertissait une partie de son offre en numéraire, Twitter pourrait être tenté de revoir sa position. A moins qu'un Google ou un Yahoo n'entre à son tour dans la danse, avec des arguments pécuniaires plus tangibles. Car maintenant qu'un acheteur potentiel s'est dévoilé, il paraît peu probable que Twitter reste longtemps indépendant.

Article de Vincent Delfau
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