Après le Brésil, la France et l'Allemagne, c'est au tour de la presse suisse d'exiger une meilleure protection contre les moteurs de recherche et autres agrégateurs profitant gratuitement de ses contenus pour générer des recettes publicitaires. Dans une interview parue dans le journal alémanique SonntagsZeitung, Marc Walder, CEO du groupe Ringier, se plaint en particulier des pratiques de reprise de Google qui « constituent une forme moderne de vol  et « poussent indirectement à la mort des journaux et portent atteinte à notre démocratie ». Idem pour le président de Ringier, Hanspeter Lebrument, qui prédit un avenir noir à la presse suisse si elle n'est pas mieux protégée. Regroupés au sein de l'association faîtière Médias Suisses, les éditeurs devraient se pencher cette semaine sur le sujet et transmettre rapidement leurs doléances au Conseil Fédéral. 

Bras de fer

Comme dans d'autres pays, les éditeurs suisses demanderont vraisemblablement une rétribution pour les contenus référencés par Google et pourraient menacer d'empêcher l'indexation de leurs articles en cas de refus.

De son côté, Google se positionne comme à son habitude en défenseur des internautes. Interrogé par l'hebdomadaire alémanique, Matthias Meyer, porte-parole de Google, rétorque ainsi que les moteurs de recherche apportent aux journaux jusqu'à la moitié de leurs lecteurs en ligne et qu'une telle loi empêcherait les utilisateurs de trouver en tout temps ce qu'ils cherchent.

Paywalls généralisés

Marc Walder affirme par ailleurs que la presse vit la rupture la plus radicale de son histoire du fait de la numérisation, avec une chute importante du nombre d'abonnés et une énorme pression sur les marges. Pour le CEO, les éditeurs ont commis une erreur de jeunesse en instaurant la gratuité sur leurs sites, et il faut y mettre fin en généralisant les contenus payants (paywall) - ce devrait d'ailleurs être le cas pour une partie des articles du Blick d'ici l'automne 2013. Un lecteur papier rapporte sept fois plus qu'un internaute, ajoute encore le CEO de Ringier, pour lequel les médias n'ont d'autre choix que de se diversifier dans des activités plus rentables.

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