La guerre des drones a commencé. En tout cas, celle de la législation et de l'encadrement des vols de drones à des fins commerciales, dont celle qui concerne la livraison de colis. L'agence fédérale du transport aérien américain (Federal Aviation Authority) vient en effet de publier un ensemble de règles afin de réguler et d'encadrer l'utilisation des drones par des sociétés privées. Une publication qui n'a pas manqué d'irriter le géant du e-commerce Amazon qui craint pour son service de livraison de paquets par drone Prime Air dans laquelle il a beaucoup investi depuis fin 2013.

Parmi les mesures prévues par la FAA, on trouve une limitation de vol limitée entre le lever et le coucher du soleil, garder un point de contact visuel avec le drone pendant son vol, l'immatriculation obligatoirement des modèles de plus de 25 kilos, limiter à leur altitude d'utilisation à un maximum de 500 pieds (150 mètres) et aussi faire passer aux pilotes de drones des certifications et des tests tous les 24 mois, etc.

Une batterie de mesures qui ne semble pas vraiment du goût d'Amazon : « La FAA doit commencer et terminer rapidement le processus de législation qu'elle a entrepris pour répondre aux besoins de notre entreprise et de nos clients », a indiqué Paul Misener, vice-président de la politique publique d'Amazon. « Nous sommes engagés à réaliser notre vision de Prime Air et nous sommes prêts à la déployer là où nous bénéficierons d'un soutien réglementaire ». Entre les lignes, Amazon se dit donc prêt à aller déployer sa technologie de livraison de colis par drones ailleurs qu'aux États-Unis dans le cas où aucun assouplissement n'est prévu.

Amazon prêt à développer sa technologie Prime Air en dehors des États-Unis


Des responsables de la FAA se sont montré ouvert à de possibles évolutions de la réglementation du vol de drones commerciaux, mais cependant pas à n'importe quel prix : « Nous savons que la technologie évolue vite », a indiqué au Guardian Antony Foxx, secrétaire de l'agence fédérale du transport aérien américain. « Nous n'avons pas encore tout terminé et allons contribuer à travailler pour assurer d'aller le plus vite possible, mais également de la façon la plus sécurisée possible pour assurer l'intégration de ces nouvelles technologies dans l'espace aérien ».

« Nous avons essayé d'être flexible dans l'écriture de ces règles », a quant a lui indiqué Michael Huerta, administrateur de la FAA. « Nous voulons maintenir notre niveau d'excellence de sécurité aérienne sans imposer un fardeau réglementaire indu sur une industrie émergente ».

En France, le groupe La Poste a présenté fin décembre dernier une initiative similaire à celle d'Amazon pour la distribution de colis. Nul doute qu'à l'instar des Etats-Unis, la Direction Générale de l'Aviation Civile proposera à son tour un dispositif réglementaire pour encadrer l'utilisation des livraisons par drone.