Globalement, nous indique Markess(*), en 2012, le marché des logiciels et services dans le secteur public se montait à 7,13 milliard d'euros en France,  un chiffre qui sera en croissance de 1% d'ici 2014. Dans les collectivités locales, ce marché s'élève à 2,56 milliard d'euros en croissance de 1,7% d'ici 2014. Même si la notion de collectivités locales recouvre des réalités très diverses, l'évolution est positive et légèrement supérieure à l'évolution globale du secteur public.

« Les budgets informatiques de la sphère locale sont plutôt préservés en positionnant l'informatique et le numérique comme vecteur de modernisation, sous réserve des adaptations à venir concernant la décentralisation et pouvant remettre en cause leurs choix budgétaires », note Aurélie Courtaudon, analyste, Expertise Administration Numérique au cabinet Markess.  Autrement dit, certaines collectivités sont en avance avec des projets numériques forts, mais toutes restent sous la menace d'une nouvelle réduction des dotations de l'Etat, qui affecterait encore plus leurs marges de manoeuvre budgétaires et leurs projets.

La dématérialisation et la relation citoyen


« Quelques collectivités se révèlent plus dynamiques en portant des projets numériques novateurs » note également Aurélie Courtaudon. Deux grands domaines ressortent : la dématérialisation et la relation avec les citoyens. Sur le 1er point, Markess relève que la « démat' » arrive à maturité, avec une chaîne sans couture, intégrée, portant sur des domaines de plus en plus variés : courriers entrants, demandes des usagers, documents RH ou finances, avec des technologies également variées : GED, workflow, signature des parapheurs et archivage électronique.

Quant à la relation citoyen, elle entraîne et va entraîner de nombreux projets : portail de services, bornes interactives, objets intelligents et ville intelligente. Les usages mobiles sur smartphones sont également vus comme une priorité. Dans la foulée, les collectivités du moins plusieurs d'entre elles, veulent s'engager sur de nouveaux projets de gestion intelligente du territoire, d'open data et de cloud computing.

Evidemment ces intentions sont très variables d'une collectivité à l'autre. Le secteur est très hétérogène entre les communes, les intercommunalités, les départements et les régions, à l'intérieur de ces catégories les tailles et les motivations pour l'investissement numérique sont également très variables.

(*) Le cabinet Markess prépare un deuxième volet de son étude secteur public concernant cette fois les administrations centrales