Depuis la création de la société Alfresco en 2005 par John Newton et John Powell, son offre de gestion de contenus en Open Source a su trouver sa place sur le marché de l'ECM (enterprise content management). L'éditeur britannique (*), qui tenait aujourd'hui sa conférence Paris Alfresco Day 2012 (600 inscrits), dénombre à ce jour 2 700 entreprises clientes dans 75 pays et 6,6 millions d'utilisateurs. Pourtant, il y a sept ans, la société est arrivée sur un marché où évoluaient alors des poids lourds de l'ECM, tels que Documentum et Filenet (rachetés depuis par EMC et IBM), ou Open Text. Des produits que John Newton connaissait bien puisqu'il avait été lui-même co-fondateur de Documentum et auxquels s'ajoutait en outre une offre bureautique plus généraliste, SharePoint, que Microsoft s'est employé à largement diffuser depuis quelques années.

« Lorsque j'ai démarré Alfresco, l'ECM avait mauvaise presse », a remémoré ce matin John Powell, le CEO de la société, en ouverture de l'Alfresco Day. « Il ne remplissait pas ses promesses en dépit de son énorme potentiel et des gains de productivité qu'il devait permettre. Il était cher, difficile à déployer et à utiliser, on avait du mal à trouver des experts et à l'utiliser comme levier pour innover. Même si on savait que c'était possible, on ne savait pas comment s'y prendre ».  La création d'Alfresco avait l'ambition, ni plus ni moins, de réhabiliter l'ECM, a poursuivi le dirigeant. Mais elle constituait aussi un énorme défi. Qui pourrait bien vouloir d'un autre logiciel dans cette catégorie. « Avec John Newton, nous nous sommes dits que si nous utilisions les techniques de l'Open Source, nous allions pouvoir créer une vraie rupture et apporter davantage de valeur avec un modèle d'abonnement peu coûteux. Nous avons fait en sorte que le logiciel soit facile à installer et à déployer, qu'il soit ouvert aux autres applications existantes et que les développeurs ayant des idées puissent innover directement en accédant au code source. Le tout s'appuyant sur un référentiel solide. »

Présents à la fois sur les secteurs public et privé

Très vite, Alfresco trouve un écho favorable. L'un des premiers utilisateurs se trouve en Nouvelle-Zélande, « un pays où je ne suis jamais allé », a relevé John Powell en rappelant la puissance de diffusion mondiale offerte par le modèle Open Source aux logiciels librement téléchargeables. Aujourd'hui, le dirigeant revendique 3,3 milliards de fichiers gérés dans le monde à l'aide de ses logiciels. Et sa communauté compte plusieurs milliers de développeurs, ainsi que 300 partenaires. « Notre présence est forte dans les administrations, qui veulent s'appuyer sur un logiciel qui ne risque pas de disparaître, mais aussi dans les services financiers et dans le secteur du transport, un marché très concurrentiel », a indiqué le dirigeant.

John Powell, CEO d'Alfresco, et Denis Darval, VP EMEA & Apac
John Powell, CEO d'Alfresco, à gauche, et Denis Dorval, vice-président EMEA & APAC répondant aux questions des utilisateurs sur la conférence Paris Alfresco Day 2012.

La France représente un marché clé pour Alfresco, notamment dans le secteur public. Elle a accueilli l'offre avec enthousiasme dès le début, a souligné John Powell, qu'il s'agisse des partenaires ou des contributeurs de la communauté. « C'est certainement actuellement l'un des marchés les plus matures et évolués pour Alfresco au niveau mondial ». Parmi ses utilisateurs publics européens, l'éditeur compte par ailleurs la Commission européenne (au nombre des premiers conquis par le produit) et le gouvernement britannique « qui est pourtant, en fait, une filiale de Microsoft », a glissé en plaisantant le dirigeant.

Etape suivante : la synchronisation avec les services cloud

Sur Paris Alfresco Day 2012, John Powell est aussi venu rappeler que l'étape suivante de l'offre d'ECM Open Source s'articulait autour de trois mots clés, cloud, connect, content. L'objectif est d'étendre la collaboration et la gestion du cycle de vie de l'information au-delà du firewall de l'entreprise, en apportant des fonctions de sécurité et de cryptage et en connectant les utilisateurs de terminaux mobiles. L'éditeur a ainsi annoncé en septembre sa plateforme de synchronisation de contenus Alfresco One qui regroupe d'une part Alfresco Enterprise, pour gérer les contenus à l'intérieur de l'entreprise, et d'autre part Cloud Network, un service cloud en mode SaaS (software as a service) pour partager des documents et collaborer en dehors de l'entreprise. S'y ajoutent ensuite Enterprise Sync, pour synchroniser de façon transparente le contenu Alfresco entre site et cloud et Alfresco Mobile qui propose pour l'instant des applications iOS natives. Les apps Android en cours de développement arriveront avant la fin de l'année. En novembre sortira par ailleurs Desktop Sync, actuellement en bêta, pour synchroniser les fichiers entre le poste de travail, le cloud et l'application sur site.

Alfresco a également annoncé au début de ce mois une interface de programmation (API) basée sur le standard CMIS (Content Management Interoperability Services) dont il a lui-même lancé le projet il y a quatre ans. Avec cette API, l'éditeur veut apporter aux développeurs d'apps mobiles ou SaaS une alternative aux API d'échange de fichiers dans le cloud proposées par des services tels que Dropbox, Box et iCloud. « Nous sommes les seuls à proposer une offre qui soit accessible de façon hybride on premise, en cloud privé ou dans une plateforme cloud multitenant », a souligné John Powell en illustrant l'intérêt des solutions d'Alfresco dans le cloud utilisées conjointement avec une offre SaaS comme celle de Salesforce.com.

La solution d'ECM d'Alfresco utilisée avec l'offre SaaS de Salesforce.com
Pour illustrer les capacités de déploiement hybrides des solutions Alfresco, John Powell, CEO de la société, a montré de quelle façon la version sur site de l'application d'ECM pouvait s'intégrer avec le logiciel de CRM en mode SaaS de Salesforce.com. (cliquer ici pour agrandir l'image)