Symposium DNG 2005 : une cuvée exceptionnelle
Edition du 27/10/2005 - par
Pierre Tran
Le 3ème Symposium DNG s'est tenu lundi devant un public de 800 architectes et développeurs. Une journée de conférence exceptionnelle avec la présence de Bill Gates en personne.
DotNetGuru (DNG) est une communauté d'architectes .NET indépendante de Microsoft et animée par Sami Jaber. Bon nombre de ses membres proviennent du monde Java/J2EE et connaissent donc bien les deux mondes. DNG tient un discours vis à vis de .NET à la fois enthousiaste et lucide, pointant les défauts et les lacunes quand il le faut.
Sponsorisé par Microsoft qui fournissait l'infrastructure nécessaire, le premier Symposium DNG en 2003 réunissait 150 participants. On y parlait déjà d'architecture n-tiers, de SOA, de mapping objet-relationnel. Des sujets techniques rarement traités en France lors de conférences. Un succès qui incita les organisateurs à réitérer l'expérience en 2004. Le deuxième Symposium attirait 300 participants et traitait de SOA, d'AOP, d'usine de développement. Ce fut de nouveau un succès. DNG avait inventé le « style DNG », brillant et pertinent, pragmatique et impertinent, un savant mélange de retours d'expériences et de veille technologique.
Cette année, le contenu s'annonçait déjà fort prometteur. Consécration ultime, la participation de Bill Gates a dû booster les entrées. Mais cela ne représente que 10 à 20% selon Sami Jaber. Sur 800, cela fait tout de même 600 participants venus avant tout pour le contenu, soit un doublement chaque année !
En ouverture, Jean-Louis Bénard (Brainsonic) et Eric Groise (Amazon) nous ont parlé d'industrialisation des développements ou comment combiner intelligemment les hommes, les processus et les outils. Un vaste sujet qui couvre les référentiels (CMMI), les méthodes (XP), les architectures (SOA), les frameworks et les outils (software factory, Open Source). Un aperçu des possibilités de Visual Studio Team System a montré que Microsoft est sur la bonne voie. Une session d'ouverture idéale qui résume bien l'Etat de l'Art du génie logiciel.
Sami Jaber a réussi à captiver l'auditoire avec un sujet de prime abord éculé, l'architecture n-tiers. Rappelant les fondamentaux de cette architecture souvent mal comprise, mal appliquée, il montrait un exemple de développement n-tiers avec les technologies d'aujourd'hui (Spring, nHibernate et ASP.NET 2.0) et surtout un exemple avec les technologies de demain : Indigo, C# 3.0, Linq. Résultat : un code métier « pure cocaïne », débarrassé de tout service technique ! On a eu droit en prime à un aperçu de ce que sera le système d'exploitation du futur, où les transactions sont intégrées au c½ur du système, où toute action est une transaction. Chair de poule garantie ! Une session passionnée et passionnante.
Les sessions suivantes ont fait un retour sur la PDC, pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion d'y aller. Thomas Gil s'est envolé avec les nouveautés du langage C# 3.0 et de XLinq. Sans aucun doute la présentation la plus pointue, bon nombre ont dû décrocher à ce moment-là. Sébastien Ros (Evaluant) présentait l'outil de mapping objet-relationnel Dlinq, le successeur d'ObjectSpaces. Guillaume Renaud (Microsoft) montrait Windows Presentation Framework (Avalon), avec des démos impressionnantes de personnalisation d'IHM avec le langage XAML. Certains auront bien sûr reconnu le look and feel de Tiger, l'interface de MacOS X.
Didier Girard (Improve) et Julien Brunet (Noga Systèmes) présentaient le Client Riche, une session où il était question bien sûr de Flash, d'Ajax, de Web 2.0… Plutôt que de passer en revue les différentes technologies en cours, les deux compères se sont attachés à définir ce que serait le Client Riche de demain : le bureau métier, avec deux technologies prometteuses : Eclipse RCP et Avalon WPF. Avalon se révèle être bien plus qu'une couche de présentation, c'est une véritable plate-forme d'intégration pour les applications composites. Une autre révolution en somme. Didier Girard, qui vient du monde Java, dira d'Avalon : « S'il y a bien une techno qui me fera passer à .NET, c'est celle-là. »
Enfin Jean-Marc Prieur (Ministère de la Défense), à la manière d'un savant fou, nous a montré ses travaux avec DSL (Domain Specific Language), un langage de modélisation avec lequel il génère des langages de modélisation. Une présentation impressionnante, pleine d'humour, même si parfois le sujet ne prêtait guère à rire (simulation de lancement de missiles).
Bill Gates était de passage à Paris. Après notre ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy et une conférence sur l'innovation logicielle, l'architecte en chef de Microsoft est venu rejoindre les architectes français autour d'une table ronde. Les questions, rassemblées au préalable sur le Web, ont été posée par les speakers. Les questions et les réponses sont restées dans l'ensemble assez généralistes, portant sur la vision stratégique de Microsoft sur le développement, le poste de travail, le Web… Bill Gates, en visite amicale, n'a guère été malmené. A la question de Julien Brunet sur les brevets logiciels, notamment sur le mapping O/R avec Linq, Bill a réaffirmé qu'une société commerciale vivait de ses innovations, mais que Microsoft n'avait jamais réellement exercé son droit sur les brevets. Concernant un sujet qui fâche, Microsoft et l'Open Source, Didier Girard semble avoir eu une réponse fort satisfaisante. Microsoft pourrait libérer des bouts de code ou des logiciels exemples issus de la R&D sous licence Open Source, incitant ainsi les développeurs à adhérer aux technologies Microsoft et apporter du service. Ces projets pourraient ainsi créer des écosystèmes à l'image d'Eclipse. Candidats idéaux pour ces écosystèmes : Atlas (framework Ajax), CAB (Composite Application Block, un exemple de bureau métier).
Dommage que la salle n'aie eu la possibilité de participer au débat, les développeurs présents auraient eu sans doute quelques « vraies » questions à poser. Ainsi Thomas Gil brûlait de savoir si Microsoft prévoyait d'intégrer la programmation par aspects dans ses langages. Microsoft France a choisi de filtrer les questions, histoire d'éviter à Bill Gates de se trouver face à une question à laquelle il n'aurait pu répondre. Il faut cependant saluer Microsoft France et particulièrement Marc Gardette pour l'exploit - faire venir Bill Gates – et surtout pour soutenir les Symposium DNG depuis le début.
Malgré une logistique un peu juste (grosses queues aux vestiaires/toilettes/buffets) et un service de sécurité intransigeant (présence de l'homme le plus riche du monde oblige), cette journée reste une réussite totale : dynamisme des orateurs, diversité et qualité du contenu. Toujours animée par la passion de l'architecture, le Symposium DNG est sans conteste un moment fort de l'actualité du développement.
Les présentations et les photos de la conférence sont en téléchargement libresur le site de DotNetGuru
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