Dossier

La Web 2 économie s'emballe

imprimerenvoyerrecevoir

La Web 2 économie s'emballe

Web 2.0 ne rime pas avec Bulle 2.0, clament ses acteurs


(11/12/2007) - par Miléna Nemec-Poncik

A l'heure de la survalorisation de certains sites Internet Web 2.0 (notamment de réseaux communautaires comme FaceBook), il est légitime de se poser la question : le Web 2.0 a-t-il un avenir, ou allons nous assister à l'explosion d'une deuxième bulle boursière ? Editeurs, analystes, consultants et e-marchands sont formels : non, il n'y a pas de bulle Web 2.0. Même si pour le moment il est trop tôt pour juger de leur pérennité à long terme, les sites Web 2.0 reposeraient sur un modèle économique beaucoup plus rationnel et plus stable.


Moins de dix ans après l'éclatement de la bulle Internet, serait-on en train de reproduire les mêmes erreurs ? Une des caractéristiques de la première bulle était en effet la course à la valorisation boursière et aux spéculations extrêmes. La frénésie d'achats et de prises de participation qui agite le monde du Web - et plus particulièrement du Web 2.0 - depuis deux ans pourrait donc laisser penser que le phénomène serait en train de se reproduire : en 2005, eBay met 2,6 Md$ pour acquérir Skype, un an après c'est au tour de Google de dépenser 1,6 Md$ pour se payer YouTube, suivis de Myspace, racheté par News Corp, aQuantive par Microsoft (valorisés chacun à 6 Md$ à la suite de ces opérations), sans compter les levées de fonds réalisées par Dailymotion ou Netvibes. Dernier investissement qui a marqué les esprits, celui de Microsoft, qui a placé 240 M$ dans Facebook, pour une prise de participation de 1,6%. Autrement dit, cela valorise - même si ce montant reste théorique, car Facebook n'est pas coté - le réseau social à 15 Md$, soit 100 fois plus que le chiffre d'affaires réalisé par la start-up californienne. Des investissements en rafale qui ont relancé la polémique et déchaînent les passions autour d'un possible retour du spectre de la bulle.

Effet de mode ou véritable engouement ?

Cette effervescence n'est pas sans rappeler, en effet, celle de la fin des années 1990, où chacun croyait pouvoir faire facilement de l'argent avec la simple conception d'un site Internet. A l'époque, des centaines de start-up étaient sur-valorisées « alors qu'il n'y avait rien derrière, ni clients, ni business plan, ni technique... juste une idée, présentée par une série de slides tous plus séduisants les uns que les autres », rappelle Frédéric Denel, PDG de l'éditeur Compario, éditeur d'une solution de vente assistée par Internet. Pas étonnant que ce « gonflement boursier artificiel » ait provoqué un écroulement complet de l'ensemble du marché en 2000, entraînant la suppression de dizaines de milliers d'emplois et la faillite de 60% des sociétés sur-cotées.
En février 2001 une étude réalisée par le cabinet de conseil CEA Regent Associates a ainsi analysé avec recul que les 834 sociétés Internet européennes cotées en bourse totalisaient une capitalisation boursière de près de 500 Md$, alors qu'elles n'avaient généré que 78 Md$ de chiffre d'affaires en 2000, et avaient accumulé 31 Md$ de pertes.

Mutation technologique et comportementale soutiendront le Web 2.0

Aujourd'hui, il est très tentant de reparler de « bulle » puisque les revenus espérés ne sont qu'anticipés. Les sociétés qui investissent (principalement dans les réseaux sociaux) parient uniquement sur le fait que l'audience des sites rachetés vaudra rapidement davantage que le chiffre d'affaires produit actuellement. « Ce raccourci est absurde, s'empresse de commenter Stéphanie Wailliez, consultante chez Niouzeo, un cabinet de conseil pour les PME. Les conditions ne sont pas du tout les mêmes que dans les années 1990. A l'époque, le marché n'était pas prêt, et ce pour trois raisons : techniques, sociologiques et financières », détaille-t-elle.

D'un point de vue technique, « le développement du haut débit, la généralisation des équipements informatiques, le développement d'applications Internet optimisées ont permis de généraliser massivement Internet dans les foyers et dans les entreprises », note Benjamin Bejbaum, PDG de Dailymotion. « Lorsque nous avons créé la société, une chose nous est parue évidente : il y avait là un créneau à prendre », poursuit-il. On dénombre aujourd'hui plus d'un milliard et demi de personnes connectées à la Toile, que ce soit par ordinateur, téléphone portable ou autre terminal mobile, et qui ne demandent qu'une chose : communiquer, échanger, partager. C'est en effet le credo du web 2.0. A contrario, dans les années 90, la plupart des foyers dotés d'une connexion Internet 'ramaient' avec un désormais archaïque modem 56K, et le temps d'affichage des pages était tout bonnement dissuasif.

Autre évolution, sociologique cette fois :

Page suivante (2/2) >






CONFERENCES
23/03/2010
CLOUD COMPUTING
De 8h30 - 14h00 à l'Automobile Club de France - Paris 8e
PARTNER ZONE
LIVRES BLANCS
La valeur commerciale de la confiance 13 mars 2010 - VERISIGN
La valeur commerciale de la confiance
Ce rapport d'étude se penche sur le rôle du facteur confiance dans le web marchand et passe en revue les moyens mis en oeuvre par les entreprises pour (...)