Entretien
Thierry Bey

Thierry Bey
responsable entité Langages, Qualité et Processus de Développement de PSA Peugeot Citroën
par
Olivier Rafal
(05/11/2009) -
LeMondeInformatique.fr : Quel cheminement vous a conduit à prendre la décision de déployer le projet Squale au sein de PSA Peugeot-Citroën ?
Thierry Bey :Nous menons depuis plusieurs années chez PSA une démarche de contrôle de la qualité des développements pour en réduire les coûts et les délais. Nous avons donc mis en place différents processus et outils nous atteindre ces objectifs. Squale s'intègre dans ce dispositif général et permet de répondre aux différentes étapes du processus quelque soit le type de projet concerné (régie, forfait...).
Des éditeurs proposent depuis plusieurs années maintenant des produits commerciaux pour maîtriser la qualité des développements internes et externes. Leurs offres ne vous satisfaisaient pas ?
Nous les avons bien sur étudiées. Souvent il s'agit de solutions onéreuses. En outre, ces produits commerciaux nécessitaient un gros travail d'adaptations pour intégrer les spécificités projets.
Comment avez-vous connu le projet Squale ?
PSA fait partie des membres fondateur du club Qualimétrie [NDLR : dont la base de connaissance sert de support aux modèles de Squale]. Les discussions avec d'autres grands comptes au sein de cette plate-forme d'échanges nous ont rapidement convaincu de l'intérêt de ce projet Open Source pour mieux maîtriser les développements.
Il était important que ce fût en Open Source ?
Oui, d'abord parce que cela élimine des coûts logiciels, et ensuite parce que cela nous donne la possibilité de mettre en place une solution qui correspond au plus juste à nos besoins. Enfin et surtout, cela nous permettait de démontrer notre capacité à développer une méthodologie innovante pour la réalisation de projets. Ce partage d'informations avec d'autres grands comptes donne de la valeur à la solution et facilite son acceptation en interne. Tout le monde est d'accord pour faire de la qualité, mais quand on regarde les contraintes que cela implique, c'est tout de suite plus compliqué. Il fallait donc une véritable crédibilité. Ce partage avec d'autres grandes entreprises partageant des problématiques similaires nous permettait d'aller vers une standardisation mieux acceptée.
Vous avez testé Squale sur une dizaine de projets pilotes. Vous avez maintenant décidé de le déployer à plus grande échelle. Comment comptez-vous procéder ?
Notre objectif est que Squale devienne une plateforme incontournable pour tous les développements dans les filières majeures. Chez PSA plus de 300 projets sont concernés. Nous avons donc prévu un « Squale tour » qui va nous permettre de faire connaître la plateforme et de la positionner au mieux en fonction des besoins des équipes projets, pour susciter l'adhésion.
Les projets de contrôle de la qualité sont parfois difficiles à faire passer auprès des équipes, qui peuvent considérer cela comme du 'flicage'. De votre côté, au niveau du management, vous adoptez donc un mode entièrement incitatif ?
L'approche communautaire et participative de l'open source constitue un formidable accélérateur pour la qualité. Nous avons déjà procédé de cette façon avec la plateforme d'intégration continue, et c'est un pari en passe d'être gagné. Cette démarche a été initiée avec les équipes d'étude puis se diffuse par capillarité. L'adaptation et l'adoption sont progressives. Au final, je ne pense pas que cela soit perçu ni vécu comme du « flicage », mais plutôt comme un nouveau service offert pour réaliser une bonne application selon les critères de PSA.
Disposez-vous de résultats quantifiés, ou au moins d'avantages identifiés, à la suite des projets pilotes que vous avez menés ?