L’ensemble de la filière informatique et télécoms surveille de près l’évolution de l’épidémie de coronavirus. Le 27 janvier, Pékin a demandé aux entreprises de prolonger jusqu’au 2 février, les congés de Nouvel An de leurs employés qui devait s’étendre du 24 au 30 janvier. Les industriels n’échappent évidemment pas à l’injonction destinée à « effectivement réduire les rassemblements de masse, bloquer l’expansion de l’épidémie et mieux garantir la sécurité et la santé du peuple chinois, », comme expliqué dans un communiqué du Bureau général du Conseil de l’Etat. Un moindre mal pour l’instant, pour les industriels clients des usines de Wuhan, foyer principal de l’épidémie, de Shenzhen ou de Shanghai, par exemple. Chaque année, ils ont pris l’habitude de prendre en compte cette baisse d’activité provisoire.

Une cellule d'urgence chez ZTE

Que se passerait-il si ces mesures se prolongeaient ? Si les usines chinoises arrêtaient de produire ? Quel impact sur le marché si certains pays étendaient aux marchandises venues de Chine, les mesures de précautions ou d’interdiction d’entrée déjà appliquée aux flux de personnes ? A ce jour, peu d’industriels chinois ou étrangers s’expriment sur le sujet. Les premières décisions concernent, en toute logique, la protection ou le rapatriement des personnels sur place. Difficile, en revanche, d’avouer une crainte de rupture de stock massive, par exemple.

L’équipementier télécoms ZTE dit, par exemple, ne pas pouvoir répondre ou commenter le sujet, du fait des vacances. Selon un communiqué, il assure cependant avoir mis en place un groupe de travail d’urgence le 21 janvier et s’est organisé en conséquence pour faire fonctionner sa supply chain, ses réseaux, ses équipes de terrain, tout en assurant la sécurité et la santé de ses employés. Il ajoute soutenir les opérateurs chinois dans le déploiement rapide de ponts de communication 5G à Wuhan, Huanggang, Chengdu et dans d’autres villes atteintes par le coronavirus pour faciliter l’acheminement des traitements du virus.

Huawei dit avoir la capacité de rattraper le retard

Du côté de Huawei, une porte-parole française confirme le prolongement de la fermeture de ses usines du 31 janvier au 2 février inclus. « Notre souci principal est de garantir la sécurité des salariés, ajoute-t-elle. Nos sites chinois ont de toutes façons la capacité d’accélérer pour rattraper un éventuel retard de production. » Le géant chinois ne donne aucune indication sur le volume de production touché, ni sur un plan d’adaptation de sa production. Il annonce vouloir reprendre la production dès le 3 février. Mais si la situation venait à durer, confirme la porte-parole, le géant chinois se conformerait aux instructions gouvernementales et évoquerait sans doute des mesures idoines. L’expansion de l’épidémie et sa qualification par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) en tant qu’ « urgence de santé publique de portée internationale » pourrait l’y conduire dès le 3 février. Pour l'instant, en revanche, l'équipementier n'a été averti d'aucune interdiction ou limitation d'entrée des marchandises dans certains pays.

 L'incertitude d'Apple retranscrite dans ses prévisions

A l’occasion de l’annonce de ses résultats le 28 janvier, Tim Cook, PDG d’Apple n’a pas pu, lui, échapper aux questions de la presse sur le sujet. Il a déclaré suivre de très près la progression de l’épidémie. Le Californien fabrique la plupart de ses iPhone en Chine et avait annoncé l’an dernier qu’il y produirait aussi ses nouveaux MacPro. Certaines de ses usines seraient en arrêt jusqu’au 10 février. Conséquence directe des incertitudes pour sa supply chain, la firme a exceptionnellement élargi la fourchette de ses prévisions de ventes pour le prochain trimestre à 4 milliards de dollars. Il vise désormais entre 63 et 67 milliards de dollars de chiffre d’affaires.