Le Macbook Pro 16 pouces d’Apple a été renouvelé en octobre dernier avec un changement de plate-forme particulièrement important pour tous les utilisateurs. Exit Intel et ses puces Coffee Lake de 9e génération (Core i9 avec 8 cœurs à 2,4 GHz  en haut de gamme), ce Macbook Pro adopte à son tour la série M (des puces ARM maison) en accueillant les processeurs M1 Pro et M1 Pro Max. Ces deux derniers sont dotés de 10 cœurs dont 8 de type performance, épaulés par un GPU avec 16 unités graphiques pour le M1 Pro et 24 ou 32 pour le M1 Pro Max. Pour ce test, nous avons travaillé avec le modèle M1 Pro, équipé de 32 Go de mémoire unifiée et d’un SSD de 1 To (2480€ HT). 

Entrons immédiatement dans le vif du sujet : les performances. Avec l’outil multiplateforme Geekbench 5, les chiffres sont particulièrement explicites avec un score de 1 768 points (en mode monocœur) et 12 343 (en mode multicœur). C'est aussi bien qu'un iMac Pro de fin 2017 ou qu'un Mac Pro d'entrée de gamme de fin 2019 à la grande différence qu’on a affaire une machine portable de 2,1 kg (sans l’adaptateur secteur MagSafe d’une puissance de 96 W). Cette hausse des performances reflète la façon dont Apple a configuré les cœurs sur ces puces. Dans le cadre de l'évolution de son processeur M1 Pro, la firme a ajouté deux cœurs performance supplémentaire sur son die. Pour mémoire, le MacBook Pro 13 pouces à base de M1 lancé en 2020 atteint 1 706 (avec un seul cœur) et 7 385 points (avec plusieurs cœurs). Le MacBook Air, également équipé d’une puce M1, affiche des chiffres similaires à Geekbench

Les tests synthétiques ne sont pas la seule valeur à prendre en compte au moment du choix, mais ils restent un bon indicateurs. (Crédit S.L.)

En 2019, toujours avec le test Geekbench, le Macbook Pro 16 de 2019, avec le vieillissant Intel Core i9-9980HK, obtenait les scores de 1 087 (en monocœur) et 6 823 points (en multicœur). Pour être tout à fait complet, il est nécessaire de préciser que les dernières puces d’Intel ont progressé. Toujours au test Geekbench, un modèle au même prix avec une RTX 3080, le Gigabyte Aero 15 de 2021 avec un processeur Core 17-11800H (Tiger Lake avec 8 cœurs à 2,29 GHz) arrive à 1555 points en monocoeur et 7787 en multicoeurs. Pour le test GPU de Geekbench, le Macbook Pro 16 monte à 36 923 points avec ses 16 unités graphiques accolées au CPU, mais ne fait pas le poids face à la carte RTX 3080 Laptop de l’Aero 15 2021 qui culmine à 123 421points. Un Gigabyte Aero 15 de 2020 - avec cette fois une puce Intel Core i7 10750H (6 cœurs à 2,59 GHz) associé à une carte RTX 2080 Super Max-Q - revendique 1179 points en monocoeur et 5814 en multicoeurs pour la partie CPU et 88 703 points pour la partie GPU.

La famille de puces M1 avec un nombre croissant (de gauche à droite) de cœurs CPU et d'unités de traitement GPU. (Crédit Apple) 

Rappelons qu’il ne s’agit pas simplement de chiffres, un gain de performances est très intéressant au quotidien avec un Mac ou un PC. En termes simples, avec tous les travaux impliquant l'utilisation de machines musclées ou de stations de travail pour effectuer des calculs de développement, de conception, de compression ou d’upscaling IA en vidéo ou de recherche scientifique, le Macbook Pro 16 permet de travailler plus rapidement. Apple et d'autres ont publié de nombreuses statistiques pour expliquer les avantages en termes de performances. Dans le domaine de la post-production ou de la vidéo, la vitesse de rendu est 1,7 fois supérieure avec des vidéo 8K avec ce Mac. Les développeurs de logiciels qui migrent vers ces Mac voient la vitesse de compilation de Xcode et de création de projets doubler. Les artistes 3D revendiquent un rendu 2,5 fois plus rapide avec Redshift. D'autres statistiques sont disponibles, mais le point commun de ces trois exemples est qu'ils représentent des tâches professionnelles pour lesquelles la vitesse du Mac fait une réelle différence dans la rapidité d'avancement d'un projet. Les machines M1 Pro réduisent les contraintes de productivité inhérentes mises en place par le temps que met l’ordinateur à accomplir des tâches.

La puce M1 Pro revendique 33,7 milliards de transistors, soit deux fois plus que la puce M1. (Crédit Apple)

Étonnamment silencieux

Doté d’un châssis – toujours en aluminium - repensé avec des ouvertures latérales et frontales pour évacuer la chaleur produite par les différents composants (puce SoC, mais également SSD, condensateurs, chipset…), ce Macbook Pro 16 est étonnamment silencieux. Le ventilateur est inaudible. Même en poussant la machine à bout avec lançant un rééchantillonnage vidéo avec DVDFab 12, la machine reste peu bruyante. Ce n’est pas vraiment le cas du Gigabyte Aero 15, vraiment sonore à pleine charge - même avec les fumeux réglages assistés par IA - pour refroidir efficacement le processeur, la mémoire, le SSD et la carte graphique.

Les ventilateurs du Macbook Pro ne se déclenchent pas souvent. (Crédit Apple)

L’un des autres points forts de ce Macbook Pro 16 est son autonomie. La batterie lithium-ion de 99,6 wattheures tient sans soucis une grosse journée de travail. Apple annonce une autonomie de 21 heures, mais cela dépend vraiment de l’usage. De plus, alors que les MacBook Pro précédents – tous comme les PC portables du type Gigabyte Aero 15 - offraient de meilleures performances lorsqu'ils étaient branchés sur le secteur, ces modèles ne présentent aucune différence de performances lorsqu'ils fonctionnent uniquement sur la batterie. Apple a publié une série de graphiques pour montrer que vous pouvez espérer des performances maximales pour une autonomie moindre, et affirme que vous égalerez les performances GPU/CPU de n'importe quelle puce PC à 8 cœurs tout en consommant 70 % d'énergie en moins sur un Mac M1 Pro.

 

Autre point loin d’être accessoire, le retour d'un clavier de taille normale, qui semble beaucoup plus substantiel que le clavier qu'il remplace. Si la Touch Bar a disparu - elle ne servait pas à grand-chose - les touches dédiées au rétroéclairage du clavier ont également sauté pour gagner de la place. Bon point à signaler, l’intégration d’une webcam FaceTime 1080p et d’une meilleure connectivité WiFi

Un écran toujours superbe

La dalle XDR 254ppi (3456 x 2234) de ce Mac est phénoménale. C’est un écran de référence qu’on peut transporter partout pour faire ses démonstrations avec une précision des couleurs remarquable. Ces 7,7 millions de pixels ajoutent de l'éclat à tout ce qu’on voit à l'écran. Avec Promotion, le taux de rafraîchissement atteint 120 Hz (24 MHz au minium), ce qui fait que les éléments de l'écran défilent de manière fluide, que les images sont finement détaillées. Les noirs sont de plus profonds, les blancs éclatants et les couleurs rebondissent sur l'écran. La dalle Liquid Retina XDR est évaluée à 1 600 nits, ce qui est lumineux, et offre un rapport de contraste d'un million pour un. C'est un atout pour la plupart des gens, mais c'est une chose brillante et merveilleuse pour les professionnels de la création qui travaillent avec du contenu entièrement optimisé, en particulier les professionnels de la vidéo, de l'architecture ou de l'imagerie médicale. Les feuilles de calcul seront également plus belles. L'écran dispose également de modes de référence intégrés qui facilitent l'étalonnage du contenu HDR.

Même si certaines applications ne sont pas encore optimisées pour gérer l'encoche en haut de l’écran, comme sur les iPhone, l’encoche n’est finalement guère envahissante. On l’oublie très vite. (Crédit Apple)

Le précédent Macbook Pro 16, sur base Intel, avait été doté de très bons micros et haut-parleurs. Tout cela a été amélioré sur le modèle 2021 avec plus de basses sur une plus large gamme de fréquences, avec un son plus clair dans les moyennes et hautes fréquences. Cela signifie que ce Mac offre une véritable expérience pour la lecture audio, prend en charge l'audio spatial avec Dolby Atmos et dispose d'un réseau de trois microphones suffisamment sensibles pour capter même les voix fluettes. Avec ce studio de production portable, les créateurs de podcasts peuvent travailler avec un très grand confort.

Le connecteur MagSafe est de retour dans une version 3, mais - pour quelques millimètres - il est incompatible avec les anciens câbles. Il est également possible de recharger ce Mac en passant par le port USB-C en cas de besoin avec une autre alimentation secteur. 

Les entrées/sorties proposées ont été revues à la hausse sur ce Macbook Pro. L'emplacement pour carte SD est de retour, ainsi que trois ports Thunderbolt 4 (USB-C), une prise casque, un connecteur HDMI avec la possibilité de faire fonctionner deux écrans externes jusqu'à 6K. Ce qui donne l'équivalent d'un Mac Pro d'entrée de gamme qu’on peut très facilement glisser sous le bras.

En décidant de développer ses propres puces, grâce à l’expertise de PA-Semi acquis en 2008 et d’Intrinsity en 2010, Apple peut désormais concevoir le système d'exploitation, le matériel, le processeur et une partie des logiciels, et les réunir pour offrir une expérience totalement optimisée sur tous ses produits : iPhone, iPad et Mac. De plus, l’étroite collaboration avec TSMC pour la fabrication des puces apporte au fournisseur de Cupertino un avantage substantiel sur un marché redevenu très compétitif depuis le réveil d’AMD et la tentative de rachat d’ARM par Nvidia. Avec TSMC, il semble probable que les premiers ordinateurs fonctionnant avec des puces 3 nanomètres porteront un logo Apple. En attendant, ce dernier Macbook Pro est une vrai réussite et un compagnon très efficace au quotidien.