Avec fusion Claw, Oracle veut franchir une nouvelle étape dans l’IA agentique, l’éditeur américain ne cherche plus seulement à faire assister les salariés par des agents capables d’exécuter une tâche précise, mais à leur confier des opérations longues, complexes et susceptibles d’évoluer en cours de route.

De l’assistance à l’exécution

Oracle présente Fusion Claw comme une extension de ses Fusion Agentic Applications, une nouvelle génération d’applications conçues autour d’objectifs métiers plutôt que de simples tâches. La logique marque une évolution du rôle de Fusion, historiquement présenté comme un « système de référence » de l’entreprise. Oracle parle désormais de « système de résultats » où l’utilisateur fixe un objectif, définit les niveaux d’autorité et les garde-fous, puis l’agent prend en charge le travail nécessaire pour atteindre le résultat.

« Nous passons d’une IA qui réalise des tâches simples à un système qui prend en charge le processus et qui livre le résultat », a expliqué Natalia Rachelson, VP du développement d’applications chez Oracle, lors de la présentation de Fusion Claw.

L’outil peut fonctionner selon trois niveaux d’autonomie : assistance, semi-automatisation et automatisation complète. Dans ce dernier mode, aucune intervention humaine n’est nécessaire pendant l’exécution, le système présentant ensuite le travail réalisé et chaque transaction effectuée.

La planification des tâches

Fusion Claw vise notamment des opérations qui dépassent le cadre d’une simple requête adressée à un agent. Oracle cite la planification de chaînes logistiques, la gestion des effectifs hospitaliers, la définition de territoires commerciaux ou encore les processus financiers. Dans une chaîne d’approvisionnement, par exemple, le système peut analyser de nombreux paramètres, comparer plusieurs scénarios et établir un plan logistique. Si les conditions météo changent, la disponibilité des ressources ou si il y a des contraintes opérationnelles, Fusion Claw peut adapter le plan sans repartir entièrement de zéro.

Cette architecture distingue le raisonnement de l’exécution. Fusion Claw fait d’abord appel à un modèle d’IA pour analyser la situation et élaborer un plan. Une fois ce plan établi, les calculs, simulations et optimisations sont réalisés hors du modèle, dans un environnement isolé, afin d’effectuer des opérations précises et déterministes. « Nous essayons d’utiliser le LLM uniquement là où c’est absolument nécessaire et de travailler hors du LLM pour effectuer des calculs déterministes précis », explique Natalia Rachelson.

L’intérêt est aussi de pouvoir conserver le plan initial plutôt que de solliciter à nouveau le modèle à chaque changement. Fusion Claw peut ainsi adapter ce plan au fur et à mesure que les conditions évoluent. Cette architecture permet parallèlement au système de continuer à appliquer les politiques, permissions et contraintes définies par l’entreprise pendant l’exécution. Oracle met également en avant un « Outcome Receipt », ou reçu de résultat. Celui-ci doit fournir une trace détaillée de l’exécution : transactions réalisées, autorisations appliquées, règles suivies, décisions prises et éléments utilisés. Un mécanisme destiné notamment à répondre aux exigences d’audit et de traçabilité des grandes organisations.

25 nouvelles applications

Oracle lance simultanément 25 applications agentiques reposant sur Fusion Claw, au sein d’un portefeuille qui compte désormais 75 applications agentiques. Parmi elles figurent Workforce Staffing pour la planification des effectifs ou encore Account Territory Growth Plan pour l’organisation des territoires commerciaux.

Ces applications fonctionnent sur Oracle Cloud Infrastructure et peuvent notamment s’appuyer sur les modèles Gemini et OpenAI. Fusion Claw ne se limite pas aux agents fournis par Oracle, des applications développées par les entreprises peuvent elles aussi exploiter cet environnement d’exécution.