A l’occasion de la Conférence Nationale des Territoires (CNT), les 13 et 14 décembre à Cahors, le premier ministre Edouard Philippe a présenté son plan Internet haut débit pour tous les foyers français. Si les centres urbains sont particulièrement choyés par les opérateurs qui multiplient les câblages en fibre optique dans les rues et les immeubles, certaines régions font toujours figures de parents pauvres.

Le gouvernement met donc aujourd’hui environ 518 millions d'euros sur la table pour permettre à tous les Français de regarder la TV sur Internet en haute définition en ADSL, 4G fixe, par satellite ou via le réseau hertzien (avec la boucle locale radio). Comme le rappelle le premier ministre, avec l’exemple de la ville de Condé-sur-l’Escaut - une ville du Nord à 200 km de Paris - le décloisonnement est une vieille bataille en France. Comme hier pour l’arrivée de l’électricité et l’accès au téléphone fixe partout sur le territoire, l’accès à l’Internet haut débit est une nécessité pour les entreprises comme pour les foyers. « Une connexion stable, fiable et rapide pour travailler en réseau avec leurs clients et fournisseurs, pour les touristes qui réservent des séjours et veulent s’aérer mais rester joignables et consulter sur Internet leur prochaine destination », souligne Edouard Philippe.

Contraindre les opérateurs 

Les objectifs : pour la couverture fixe, un débit de 8 Mb/s d’ici 2020 et 30 Mb/s d’ici 2022 pour tous les français. Plusieurs chemins mènent au haut et très haut débit. Dans les zones denses, la concurrence entre opérateurs garantit la fibre partout d’ici 2020. Dans les zones moyennement denses, celles où des opérateurs locaux privés posent des lignes optiques, les engagements n’ont pas été suivis d’autres choses que d’engagements, indique le premier ministre. L’échéance est ici fixée à 2020 pour installer 12,7 millions de prises en fibre optique en évitant tout doublon. Si les opérateurs ne respectent pas ces objectifs, ils seront sanctionnés.

Pour les zones peu denses, celle des zones RIP comme le Lot Numérique par exemple, la totalité du reliquat de l’enveloppe de 3,3 milliards d’euros du Plan France très haut débit sera engagée : soit un montant de 416 millions d’euros avec le complément des régions. Cela permettra de couvrir en fibre 60% des zones peu denses afin de satisfaire toutes les demandes des collectivités. Pour les 40% de zones restantes, au premier semestre 2018 les opérateurs pourront déployer des réseaux fibre ou des noeuds de raccordement avec du cuivre en bout de ligne. Pour les zones les plus isolées sans couverture filaire (1,5 à 2 millions d’habitants), un guichet cohésion numérique créé en 2019 permettra aux ménages de s’équiper d’une box 4G ou d’une parabole pour le satellite moyennant une participation de 150€ (une enveloppe de 102 millions d’euros environ). Avec cet énième plan haut et très haut débit, le gouvernement entend décloisonner la France privée de numérique. Rendez-vous dans un an pour faire le bilan de ce programme.