La passerelle Virtual KVM Gateway d'Intel est une console logicielle qui permet aux opérateurs de dépanner les serveurs et autres matériels à distance. Ils peuvent aussi vérifier les configurations du BIOS, analyser les logs des serveurs et, dans certains cas, redémarrer les systèmes. L'an dernier, Intel avait lancé sa passerelle virtuelle sous forme de SDK (kit de développement logiciel), ce qui avait permis à des partenaires comme Schneider Electric et le japonais Niscom de proposer l'outil KVM couplé à leurs suites DCIM de gestion de l'infrastructure des datacenters. « La semaine dernière, nous avons commencé à vendre sur notre site Internet Virtual KVM Gateway en tant que logiciel autonome, au prix de 99 dollars par serveur », a déclaré Jeff Klaus, directeur général du Data Center Solutions Group d'Intel. L'outil peut être essayé gratuitement pendant 30 jours.

Jusqu'ici, les outils KVM se présentaient comme des switchs matériels se connectant directement aux serveurs, le KVM faisant office de clavier, d'écran et de souris. Cette approche impliquait de rajouter de la connectique dans le centre de calcul, et augmentait le nombre de boîtes hardware à gérer. « Depuis, le marché s'est orienté vers des KVM virtuels, ou des outils qui permettent de gérer les serveurs à distance en agissant directement sur le firmware du serveur au lieu de passer par un switch », a expliqué Jeff Klaus. Par ailleurs, étant donné que la plupart des fabricants de serveurs proposent leurs propres outils KVM, les opérateurs doivent souvent jongler entre différentes consoles pour gérer les matériels.

Accès aux serveurs via un port à la norme IPMI

«L'un des grands avantages de l'outil KVM d'Intel, c'est qu'il permet de gérer des matériels de plusieurs fournisseurs à partir d'une seule console », a encore déclaré le directeur général du Data Center Solutions Group d'Intel. « La passerelle Virtual KVM d'Intel permet aux opérateurs de gérer jusqu'à 50 serveurs simultanément », a-t-il ajouté. Cela permet notamment de comparer plus facilement les données d'un groupe de serveurs. L'outil d'Intel est également capable d'accéder au réseau et aux ressources de stockage. « En fait, il permet d'accéder à quasiment n'importe quel appareil doté d'un port à la norme IPMI (Intelligent Platform Management Interface) », a-t-il précisé. L'outil fournit un accès in-band et ou-of-band (OOB) aux serveurs, bien que l'accès hors bande peut parfois poser des problèmes. L'accès hors bande implique de prendre la main sur le système d'exploitation du serveur et de communiquer directement avec le contrôleur de gestion de la carte, ce qui permet d'accéder à des serveurs quand ils sont hors ligne.

Virtual KVM Gateway permet de vérifier les configurations du BIOS, d'analyser les logs et, dans certains cas, de redémarrer les serveurs.

Néanmoins, le plus souvent, les fabricants de serveurs facturent des frais supplémentaires pour permettre l'accès hors bande à leurs systèmes, et des fournisseurs de premier rang comme HP, Dell et IBM ne proposent cet accès qu'en bundle avec leur propre KVM. Si bien que, les clients intéressés par les avantages du KVM d'Intel pourraient finir par payer plus chers pour profiter de l'accès hors bande. Mais Jeff Klaus fait remarquer que «des équipementiers moins importants comme Fujitsu et Lenovo proposent l'accès hors bande en option », avec un surcoût raisonnable. Par ailleurs, il fait également remarquer que « tous les clients des équipementiers de premier rang n'achètent pas forcément leurs outils DCIM chez eux ». Mais si Intel veut vendre plus de produits de gestion du datacenter, il doit aussi veiller à ne pas contrarier ses partenaires, comme Schneider par exemple, qui fournit au fondeur ses technologies sous licence. « Intel a volontairement fixé le prix de sa passerelle Virtual KVM de façon à ne pas faire de l'ombre aux offres de ses partenaires », a déclaré le directeur général du Data Center Solutions Group d'Intel.