La sphère IT attendait un catalogue de mesures concrètes à l'occasion du discours inaugural de Nicolas Sarkozy. Le président français, qui ouvrait les festivités aux côtés d'Angela Merkel, José Manuel Barroso et Steve Ballmer, aura finalement axé son intervention sur la nécessaire coopération économique franco-allemande, reléguant le sujet des TIC au second plan. « Nos cultures économiques sont différentes, cela suscite des incompréhensions », a expliqué le chef de l'Etat pour justifier le nécessaire travail de collaboration que les deux partenaires historiques doivent s'escrimer à accentuer. Evoqué tout au long de la soirée par les différents intervenants, le succès d'Airbus (qui vient de rafler un énorme contrat aux Etats-Unis) doit servir d'exemple et illustrer les conséquences bénéfiques de ce que peuvent faire la France et l'Allemagne « qui ont su parler d'une seule voix ». « Vous êtes les plus grands exportateurs du monde, vous êtes fiers et vous avez raison », a lancé le président français à un auditoire encravaté. « On va faire tout comme vous », a-t-il poursuivi, s'attirant les rires et les applaudissements des spectateurs, réunis dans l'amphithéâtre du Centre des Congrès d'Hanovre. Le haut débit pour 100% des Français Celui qui s'est présenté comme « le premier à avoir mené une vraie cyber-campagne électorale en 2007 » n'a pas cependant totalement éludé le sujet des TIC, se fendant d'une « intention de renforcer l'usage et la production des nouvelles technologies » dans l'Hexagone. Mais, alors que d'aucuns rêvaient d'une annonce venant concrétiser l'idée d'un ministre de l'IT, le locataire de l'Elysée s'est contenté de ce que certains qualifieront de mesurettes. En premier lieu, Nicolas Sarkozy a posé l'objectif de 70% des ménages équipés d'ordinateurs personnels d'ici à deux ans. En parallèle de cette ambition, le président a souhaité que « 100% des Français aient accès au débit fixe ou mobile » avant la fin de son mandat. Dans cette optique, le premier édile s'est félicité de l'ouverture d'une partie des fréquences GSM allouées aux opérateurs mobiles pour une utilisation 3G. [[page]] Les deux rives du Rhin unies pour les TIC Le couple franco-allemand doit également servir de pivot au développement des TIC, qui sont « à l'origine de 25% de la croissance mondiale ». Pour cela, les deux pays voisins « doivent se mobiliser sur des projets concrets ». Mais, là encore, point d'annonce tonitruante. Nicolas Sarkozy s'est ainsi contenté d'évoquer « l'intégration régionale des réseaux électriques » permettant à la France et l'Allemagne de mutualiser leur production d'énergie et « l'association franco-allemande dans un programme de calculateurs géants qui feraient un million de milliards d'opérations par seconde ». Rappelons au président de la République que le CNRS s'est récemment doté d'un supercalculateur affichant une puissance de 207 teraflops, soit 207 millions de milliards d'opérations par seconde. Le renforcement de la coopération des deux côtés du Rhin doit aussi se traduire la formation des scientifiques : « il faut plus d'Allemands en France, plus de Français en Allemagne », a clamé Nicolas Sarkozy. En s'adressant à celle qu'il a appelée à plusieurs reprise sa « chère Angela » - marquant ainsi une volonté manifeste de réchauffer des relations quelque peu glaciales depuis son projet d'union méditerranéenne -, Nicolas Sarkozy s'est dit impatient d'accueillir les étudiants allemands dans les universités de l'Hexagone. Et a laissé la porte ouverte à d'autres initiatives, souhaitant « construire ensemble une ambition commune dans un secteur et montrer au monde qu'en travaillant ensemble, on peut gagner ». Avant de se réunir autour de Surface, le prototype de table interactive et tactile de Microsoft, pour une démonstration peu spectaculaire orchestrée par Steve Ballmer, Nicolas Sarkozy a conclu son allocution en rappelant, une dernière fois, l'importance de la complicité franco-allemande : « Pour moi, venir au Cebit ce n'était pas une mondanité mais un engagement du coeur pour vous dire, amis allemands, que nous voulons travailler avec vous. »