Au cours d'un séminaire gouvernemental le 31 août, Sébastien Lecornu a imposé à chacun de ses ministres de veiller à la mise en application du plan de sécurisation de l'État, présenté en avril. Un délai serré qui doit accélérer la mise en œuvre rapide des mesures déjà décidées.
Des attaques répétées cet été
En juillet, le ministère de l'Éducation nationale a été la cible d'une intrusion qui a conduit à l'exfiltration de données privées de ses employés. Durant la période de rentrée, certaines académies, en particulier à Toulouse, faisaient encore face à des problèmes d'accès à leurs applications.
Aussi, en août, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a annoncé avoir subi des intrusions frauduleuses dans son système d'information. Les recherches ont révélé que des informations relatives à 678 000 particuliers et professionnels ont été consultées et récupérées.
La période estivale peut en outre compliquer la défense des organisations. Effectifs réduits, congés et équipes de sécurité moins nombreuses peuvent ralentir la détection et la réaction aux incidents.
Et ces incidents ne sont pas des cas isolés. En 2025, l’ANSSI a traité 3 586 évènements de sécurité traités, parmi lesquels 1 366 étaient qualifiés d'incidents. Selon le gouvernement, les ministères et collectivités représentaient à eux seuls 24 % des incidents, derrière l’éducation et la recherche (34 %).
Un plan à 200 M€
Présenté le 30 avril, le plan gouvernemental repose sur trois axes : renforcer la gouvernance numérique de l’État, sécuriser davantage les systèmes d’information et renforcer les moyens alloués à la cyberdéfense. Il prévoit notamment 200 M€ supplémentaires pour renforcer les moyens consacrés à la cybersécurité. Ce plan de 200 M€ avait été déclenché à la suite d'une première attaque contre l'ANTS (Agence nationale des titres sécurisés) en avril.
Le dispositif s’inscrit dans une feuille de route 2026-2027 pilotée avec l’ANSSI, qui prévoit notamment une meilleure sécurisation des systèmes, la maîtrise des écosystèmes numériques et la préparation à la cryptographie post-quantique. Peu avant cette annonce, Sébastien Lecornu avait également demandé à l’ANSSI de constituer une nouvelle « unité cyber », destinée à permettre une réponse plus réactive face aux attaques.
Au-delà des failles directement exploitables, cette vulnérabilité pose aussi la question de la dépendance technologique de la France, car une partie des infrastructures et services numériques utilisés par les administrations repose encore sur des technologies américaines. L’État cherche désormais à réduire ces dépendances extra-européennes, afin de conserver la maîtrise de ses données et de ses capacités numériques.