(Source EuroTMT) Pour Telecom Italia, une chose est sûre, d'ici à 2018, la moitié des ménages italiens seront reliés à la fibre optique. Vendredi dernier en effet, Franco Bernabè, administrateur délégué de Telecom Italia a dévoilé les plans du colosse des télécommunications. Après avoir annoncé le mois dernier que le premier opérateur italien s'apprêtait à investir 7 milliards d'euros pour câbler les 13 villes principales de la péninsule qui représentent environ 20 % de la population d'ici à 2012, Franco Bernabè hausse la barre de deux crans. Mais sans donner aucun détail sur le plan financier, à savoir la somme que Telecom Italia entend débourser entre 2013 et 2018 pour fibrer un ménage sur deux d'ici la nouvelle date butoir.

Côté technique en revanche, le grand patron de Telecom Italia a joué la carte de la transparence. « Notre objectif est d'équiper 50 % de la population soit l'équivalent de 138 villes d'ici 2018 à une vitesse comprise entre 100 mégabit jusqu'à 1 gigabit » a confié Franco Bernabè. La première étape devrait être franchie d'ici la fin de l'année avec le câblage de 4 villes, puis neuf d'ici 2011 et enfin, treize en 2012. La deuxième phase de l'opération prévoit l'installation du réseau pour 51 villes d'ici 2015. Au total, 138 villes devraient être reliées à la fibre optique en 2018.

Une collaboration étroite entre opérateurs réclamée par l'Arcep italienne

Par ailleurs, Telecom Italia a également peaufiné un « plan spécial » pour les zones industrialisées considérées comme prioritaires, d'où l'idée d'installer le réseau en fibre optique dans ces secteurs d'ici 2015. Côté commercial enfin, l'opérateur a immédiatement demandé à l'Agcom, l'agence de régulation des télécommunications italiennes, l'autorisation pour lancer sa campagne d'abonnement dès que possible. « Sur le plan technique, la feuille de route de Telecom Italia permet à la péninsule de mettre les deux pieds dans les réseaux de nouvelle génération. Et sur le plan économique, tous les investissements sont les bienvenus » a déclaré Corrado Calabrò, le président de l'autorité de régulation.

Toutefois, le président de l'Agcom a évoqué l'impact positif pour les consommateurs, d'une collaboration étroite entre Telecom Italia et ses principaux concurrents. Le fait est que, le mois dernier, Fastweb, Wind et Vodafone avaient présenté une feuille de route commune pour installer leur réseau de fibre optique moyennant un investissement de quelques 2,5 milliards d'euros. Selon le plan industriel des trois opérateurs, 10 millions de ménages pourraient profiter de leur réseau d'ici à quatre ans. Mais, après la présentation de Telecom Italia, l'Agcom va devoir fixer les règles du jeu.

Photo : Franco Barnabé, Directeur Général de Telecom italia (D.R.)

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D'abord, la grille des tarifs pour permettre aux opérateurs de rentabiliser leurs investissements. Puis, un système de réglementation pour garantir la parité d'accès aux deux réseaux selon le principe de la concurrence. Reste le fait que l'Agcom préfère une bonne alliance entre les quatre opérateurs pour accélérer l'installation du réseau et garantir la qualité du service. Possible, répond Telecom Italia qui veut toutefois jouer les cavaliers seuls.

Face à l'intransigeance de l'opérateur, la solution envisagée par ses trois concurrents qui proposent la création d'un consortium, l'entrée de Telecom Italia qui devait prendre en charge un tiers des investissements et l'intervention de la Caisse des prêts et dépôts à hauteur d'un autre tiers, tombe à l'eau. « Pour nous, le réseau, notre réseau est une question de vie ou de mort. Notre objectif est d'être et de rester les maîtres des lieux sans arrogance aucune » a d'ailleurs souligné Franco Bernabè durant la présentation du plan sur la fibre optique.