Les agents IA génèrent jusqu'à 450 % de trafic réseau en plus que les humains, et ils commencent à redéfinir les schémas de trafic réseau de manière tangible. Celui des entreprises sans IA agentique devrait être multiplié par 2,5 au cours de la prochaine décennie — l'adoption des agents IA portera cette croissance à 9 fois les niveaux de trafic actuels, sous l'effet de l'exécution autonome des tâches et des flux de travail à forte intensité d'inférence, selon une nouvelle étude de Cisco. Nommée, AI Impact on Wide Area Networks 2026, elle révèle que l'IA et l'IA agentique ne se contenteront pas d'augmenter le volume de trafic, mais qu'elles « modifieront également la forme, la symétrie, la durée et la criticité du trafic ». Elle ajoute, « les chemins d'inférence de l'IA deviendront des actifs réseau stratégiques, nécessitant des niveaux élevés de résilience, d'observabilité et de traitement différencié, par exemple en matière de qualité de service (QoS) et de sécurité des chemins. »
Le rapport combine une analyse du trafic en conditions réelles (à l’aide du service Crosswork Assurance User Experience de Cisco), des données sectorielles provenant de tiers et des tests en laboratoire contrôlés par Cisco sur des agents IA. La recherche a examiné un certain nombre de paramètres, notamment la mesure directe du trafic d’inférence IA en temps réel sur les réseaux des fournisseurs de services ainsi que des tests des caractéristiques du trafic IA, afin de former des modèles capables d’identifier et de suivre avec précision les flux IA sur le réseau.
Des échanges à la vitesse des machines
« Pour les fournisseurs de services, les architectes réseau et les responsables d’infrastructures IT, le véritable risque n’est pas que le trafic IA apparaisse du jour au lendemain. Le véritable risque est de supposer qu’il se comporte comme tout le reste alors que ce n’est pas le cas », ont écrit Javier Antich, ingénieur principal en gestion de produits, et Guru Shenoy, vice-président senior de la connectivité des fournisseurs chez Cisco, dans un article de blog consacré à l’étude. Les agents fonctionnent à la vitesse des machines plutôt qu’à celle des humains, et cela change tout, ont déclaré les auteurs. « Si les modèles IA sont le “cerveau” de cette nouvelle ère, alors les réseaux en sont le système nerveux, et lorsque des agents autonomes commenceront à agir, à prendre des décisions et à effectuer des transactions au nom des humains à grande échelle et à la vitesse des machines, ce système nerveux de connectivité devra être prêt », ont écrit Antich et Shenoy. « Si vous planifiez la capacité, concevez des architectures ou définissez une stratégie pour la prochaine décennie, cette réflexion n’est pas facultative : elle est fondamentale. Alors que l’inférence IA est généralement perçue comme un problème de calcul ou de GPU, les conclusions du rapport indiquent qu’à mesure que l’inférence évolue, la partie réseau devient de plus en plus pertinente. »
Alors que le secteur a passé des décennies à optimiser le réseau pour des flux vidéo par intermittence, adaptés au rythme humain, l’essor de l’IA agentique modifie les profils et le comportement du trafic réseau, indique l’étude. « D’ici 2035, un quart du trafic réseau devrait être constitué d’inférence IA (Source : modèle Cisco). Ces flux ne se comportent pas comme le Web. Ils durent plus longtemps, exigent davantage de capacité en amont et fonctionnent à la vitesse du logiciel, et non à celle de l’humain », indique le rapport. « La connectivité entre la logique de l’agent et les modèles IA devient en effet la « moelle épinière » de l’agent — une dépendance critique par laquelle toute dégradation du réseau affecte directement la fonctionnalité de l’agent.« Bien que le trafic d’inférence IA reste négligeable par rapport aux catégories dominantes comme le streaming vidéo, les taux de croissance observés sont exceptionnels », indique le rapport. « Les données sur la consommation de tokens montrent une croissance de près de 10 fois d’une année sur l’autre, tandis que certaines mesures des fournisseurs de services font état d’une croissance d’environ 4 fois en seulement huit mois. Une croissance soutenue à ces taux signifie que le trafic IA deviendra une composante significative du trafic réseau global d’ici 2035 », précise le rapport.
D'autres études pointent la même augmentation du trafic
Le rapport de Cisco cite des recherches provenant d’autres sources qui montrent à quelle vitesse le monde de l’IA agentique va s’imposer sur les réseaux d’entreprise. Par exemple, l’étude de Cisco note que Gartner prévoit que 40 % des applications d’entreprise incluront des agents IA intégrés et spécifiques à une tâche d’ici 2026, contre moins de 5 % en 2025. Gartner prévoit également que d’ici 2035, l’IA agentique générera environ 30 % de l’ensemble des revenus des logiciels d’entreprise, dépassant les 450 milliards de dollars à l’échelle mondiale (contre seulement 2 % des revenus logiciels en 2025). La firme de San José a par ailleurs cité l'enquête mondiale menée par IBM auprès de cadres dirigeants en 2025, dans laquelle 24 % des chefs d'entreprise ont déclaré disposer déjà d'agents IA prenant des mesures de manière indépendante dans leurs opérations — et 67 % s'attendent à ce que des agents IA prennent des décisions de manière autonome dans les flux de travail d'ici 2027. « En substance, près d’un tiers du marché des logiciels d’entreprise pourrait être attribuable aux capacités des agents IA d’ici 2035 – un changement radical en l’espace d’une décennie. À ce stade, la plupart des logiciels d’entreprise devraient intégrer profondément des agents IA, et les nouveaux modèles économiques logiciels s’articuleront autour de fonctionnalités autonomes », a déclaré Cisco.