Dans une étude, Skema Business School et EY ont analysé l’impact de l’intelligence artificielle sur les attentes, les comportements et les projections professionnelles des étudiants et jeunes diplômés de l’enseignement supérieur. Les résultats montrent que 96 % d’entre eux ont déjà utilisé des outils de GenAI, dont 61 % au moins une fois par jour. Les usages sont les suivants : gagner du temps sur des tâches pratiques, apprendre, mais aussi approfondir des sujets complexes, structurer des analyses et faciliter la prise de décision. L’étude souligne une utilisation de la GenAI plus marquée par les étudiants en écoles de commerce (98%) et d’ingénieurs (97%) dans le cadre de leurs études, d’un stage, d’une alternance ou d’un emploi.
Les usages de laGenAI dans les établissements d'enseignement supérieur. (Source: Skema/EY)
Entre lucidité et optimisme
Interrogés sur l’impact de ces technologies dans leur travail, les jeunes sont pleinement conscients des risques potentiels sur l’emploi. Ainsi, 74 % considèrent que l’IA peut représenter une menace pour les postes juniors. Dans le même temps, ils sont 8 sur 10 à projeter son utilisation dans leur futur poste, notamment pour automatiser des tâches répétitives, analyser des données ou rédiger des contenus. Confiants sur leur avenir professionnel, 72% se disent optimistes quant à leur entrée dans le monde professionnel. Une forte appétence pour des postes incluant l’IA qui rassemblent 82% de personnes intéressées est également mise en évidence.
Etat d'esprit des étudiants et des jeunes diplômés de l'enseignement supérieur sur les risques de l'IA sur le marché du travail. (Crédit: Skema/EY)
Des attentes sur la formation et la gouvernance
Au vu de ces éléments, les attentes exprimées par les étudiants vis‑à‑vis des entreprises sont fortes : 79 % souhaitent être formés aux outils IA, principalement sur la rédaction de prompts (56%), l’analyse des données (46%) et la compréhension des modèles (46%). On peut citer l'exemple de l'école Polytechnique qui a décidé d'intégrer une formation à l'IA à partir de la 2ème année du cursus.
De plus, deux jeunes sur cinq attendent une charte éthique claire, et insistent pour que l’IA reste un outil de soutien et non de contrôle. L’entreprise la plus attractive sera celle qui emploie l’IA pour alléger les tâches a faible valeur ajoutée et qui protège le temps utile de ses employés. Pour les employeurs, ces résultats confirment la nécessité de sécuriser les parcours juniors, d’investir dans la formation et de proposer des trajectoires professionnelles crédibles et progressives dans un environnement de travail de plus en plus assisté par l’IA.