Quelques mois après un précédent incident en mars, le ministère de l’Éducation nationale a de nouveau été la cible d’une cyberattaque. L’attaque s’est produite dans la nuit du 25 juillet 2026 et a visé le système d’information consacré à la formation des personnels. Dès le lendemain, le centre opérationnel de sécurité des systèmes d’information du ministère a été alerté. Les accès externes à la plateforme concernée ont immédiatement été suspendus et une cellule de crise a été mise en place. Le ministère n'est pas en mesure de chiffrer le nombre de personnels concernés par cette extraction potentielle de données, mais précise seulement qu'il s'agit "d'agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001".
Des données personnelles exposées
D’après les premières analyses du ministère, les informations potentiellement dérobées concernent des données d’identité ainsi que des informations professionnelles liées aux agents ayant exercé dans une académie depuis 2001. Pour certains personnels, la fuite pourrait également inclure des coordonnées personnelles, comme une adresse postale ou un numéro de téléphone, ainsi qu’un numéro de sécurité sociale. L’administration précise toutefois que le système compromis ne contenait ni données bancaires, ni mots de passe, ni informations concernant les élèves.
Cette compromission fait néanmoins peser un risque élevé de campagnes de phishing ciblées. Les cybercriminels pourraient exploiter ces informations pour élaborer des messages frauduleux plus crédibles, usurper l’identité d’un service administratif ou tenter d’obtenir d’autres données sensibles. Le ministère appelle donc ses agents à renforcer leur vigilance face aux sollicitations inhabituelles. Il rappelle notamment qu’aucun service de l’Éducation nationale ne demande par courriel, téléphone ou message les identifiants de connexion, mots de passe ou coordonnées bancaires de ses personnels.
L’Anssi et la Cnil saisies
Le ministère a déposé plainte et informé l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) ainsi que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Des investigations sont en cours afin de déterminer précisément l’ampleur de la compromission et d’évaluer les éventuels risques de propagation. Cette attaque constitue le troisième incident cyber visant le ministère depuis le début de l’année 2026. En mars dernier, l’institution avait déjà annoncé le vol des données de 243 000 agents, stagiaires et titulaires, principalement des enseignants, via le système Compas dédié à la gestion des personnels stagiaires. Un mois plus tard, le ministère avait également confirmé une fuite de données concernant des élèves, affectant plusieurs millions de jeunes.