Avec l'achèvement de plusieurs normes et spécifications, 2025 a été une année de progrès pour l’Ethernet, alors que le secteur des réseaux s'efforce de suivre le rythme des exigences propres à l'IA et au HPC. L'Ultra Ethernet Consortium (UEC) compte parmi les initiatives phares de l’année précédente. Ce projet ouvert mené sous l'égide de la Linux Foundation vise à améliorer le protocole Ethernet afin de dépasser ses capacités et mieux rivaliser avec Infiniband. En juin, l'Ultra Ethernet Consortium (UEC) a publié sa spécification 1.0, puis une mise à jour 1.0.1 en septembre. En ce qui concerne les normes Ethernet de base, la norme IEEE 802.3dj est en voie d'achèvement, avec en perspective une bande passante de 1,6 térabit par seconde (Tbps). « L'Ethernet Alliance a connu une année 2025 fructueuse, marquée par une croissance continue et un leadership technique », a déclaré Peter Jones, président de l’organisation.

Selon M. Jones, la norme IEEE 802.3dj, qui définit les débits 200G/400G/800G/1,6T à 200G/lane, devrait être finalisée fin 2026. Les premiers produits 200G/lane (un débit de 200 Gb/s par ligne généralement en modulation PAM4) devraient arriver sur le marché au cours de l'année. Ce protocole étant presque achevé, la communauté se tourne déjà vers l'avenir. « Lancer un projet 400G/lane pour répondre aux demandes en réseaux IA des hyperscalers », a indiqué le dirigeant. Il s’agit de la prochaine étape dans l'évolution de la bande passante Ethernet. L'Ethernet Alliance poursuivra son travail sur l'écosystème en 2026, en démontrant l'interopérabilité lors de plusieurs événements et en organisant une conférence (nommée Plugfest) sur le 200G/Lane.

Adaptation à l'évolution des charges de travail IA

Suite à la publication de sa spécification 1.0, l'Ultra Ethernet Consortium s’attaque en 2026 à trois priorités techniques visant à améliorer les performances Ethernet pour les charges de travail IA et HPC. La première est la gestion programmable de la congestion ou Programmable Congestion Management (PCM). « Les charges de travail IA et HPC évoluent rapidement », a déclaré Chad Hintz, coprésident du marketing chez UEC et responsable technique au sein de la division datacenter chez AMD. « Pour faire face à ces changements rapides, des mécanismes flexibles de gestion de la congestion sont nécessaires. » PCM permettra à quiconque de mettre en œuvre un nouvel algorithme de contrôle de la congestion à l'aide d'un langage standard, et cet algorithme fonctionnera sur toute carte réseau prenant en charge l’UE PCM. Le consortium UEC normalise également la signalisation de congestion (CSIG), qui donne aux paquets la possibilité de transporter des informations précises sur la congestion du réseau, de façon à ce que le protocole de transport puisse réagir plus précisément et plus rapidement aux conditions changeantes.

La deuxième priorité concerne les performances des messages de petite taille. Le protocole Ultra Ethernet Transport (UET) 1.0 est conçu pour prendre en charge jusqu'à un million d'hôtes coordonnés dans le cadre d'une seule tâche. Pour atteindre cette échelle, un paquet UET de base comporte 104 octets d'en-têtes. Cette surcharge n'est que de 2,5 % pour les paquets de 4096 octets, mais elle devient plus importante pour les transactions plus petites, comme les transferts de 256 octets. La réduction de la surcharge des paquets améliorera l'efficacité des charges de travail avec de petites charges utiles, qu'il s'agisse de workload HPC ou réseaux locaux scale-up. « L'UEC poursuit ses optimisations à tous les niveaux de la pile, y compris la réduction de la taille des en-têtes de transfert, afin de réduire de moitié cette surcharge pour des déploiements optimisés », a précisé M. Hintz. Le troisième axe concerne les fonctions In-Network Collectives (INC) pour les réseaux Ethernet. En déchargeant certaines opérations des GPU vers le réseau, les INC peuvent contribuer à améliorer les performances.

Un développement au-delà de l'IA

Si les réseaux IA retiennent une grande partie de l'attention, l'IEEE 802.3 poursuit ses travaux dans un contexte plus large. M. Jones a indiqué que les projets en cours comprennent l'Ethernet à paire unique (SPE) multidrop de 10 Mb/s, l'Ethernet à paire unique à longue portée de 100 Mb/s et l'Ethernet asymétrique pour les réseaux de capteurs automobiles. Le groupe travaille également sur des services de métadonnées pour prendre en charge des applications avancées, notamment celles définies par l'Ultra Ethernet Consortium.

Dans le cadre d'une initiative visant à favoriser la collaboration ouverte, l'IEEE 802.3 lance un projet open source dont l’objectif est de produire des modules Yang pour la norme. Cette année, la vitesse est un thème récurrent de tous les travaux sur l’Ethernet. Il ne s'agit pas seulement de la vitesse de la technologie elle-même, mais aussi de la vitesse à laquelle l'industrie doit évoluer pour rester en avance sur les demandes des clients. « En tant qu'industrie, le défi reste le même : évoluer aussi vite que possible pour rester en avance sur les demandes croissantes des clients », a souligné M. Jones. « En ce sens, 2026 pourrait beaucoup ressembler à 2025. Preuve que les progrès réalisés dans le domaine de l'Ethernet exigent de nous d’aller encore plus loin. »