Créé il y a près de 10 ans, le groupement d’intérêt public action contre la cybermalveillance (GIP Acyma) apporte son aide aux victimes d’arnaques, fraudes et usurpations en tous genres. Et ce dans un contexte de cyberattaques plus virulent que jamais. « L’année 2025 a été, tout comme la précédente, particulièrement marquée par les fuites de données. TPE, opérateurs télécoms, services publics, établissements de santé, collectivités territoriales ou encore fédérations sportives ont été nombreux à être confrontés à des incidents de cybersécurité », explique Jérôme Notin, directeur général de Cybermalveillance.gouv.fr dans le rapport d'activité 2025 de cet organisme. Alors qu’en 2018 le nombre de demande d’assistance sur cette plateforme était de 28 855, il a atteint un sommet en 2025 pour se hisser désormais à 504 810, en progression de 20 % sur un an. Les demandes effectuées via Cybermalveillance mais aussi 17Cyber (outil d’assistance et de diagnostic cybersécurité en ligne lancé fin 2024 en partenariat avec la Gendarmerie et la Police nationale) sont émises très majoritairement par des particuliers (93 %). Les entreprises et associations ne représentant que 6 % de leur volume global, et les collectivités et administrations 1 % : deux publics qui se tournent en fait naturellement davantage plus vers l’Anssi.

Il n’empêche : sur l’année écoulée, Cybermalveillance a enregistré un bond de 73 % des demandes d’assistance des entreprises et associations contre 47 % pour les particuliers et 22 % pour les collectivités et administrations. Concernant les principales recherches d’assistance des sociétés, le piratage de compte (21 %), l'hameçonnage (16 %), les faux ordres de virement (13,5 %) constituent le podium. Puis viennent les rançongiciels (8,1 %) et les violations de données (6,6 %). A noter que le phishing était placé en tête l'an passé. « Conséquence des violations de données et des campagnes d’hameçonnage réussies, les piratages de compte représentent aujourd’hui la 1ere menace pour les entreprises et associations avec 21 % des parcours d’assistance réalisés, en croissance de 52% », peut-on lire dans le bilan d'activité. « La fraude au virement fait son entrée dans les trois principales menaces pour les entreprises et associations », observe le rapport.

Piratage de compte, phishing et faux ordres de virement arrivent en tête des recherches d’assistance pour les entreprises et les associations sur Cybermalveillance.gouv.fr. (crédit : cybermalveillance.gouv.fr)

Le cyberharcèlement des entreprises explose

Si au global, les piratages informatiques progressent de 112% sur un an, Cybermalveillance observe une explosion du cyberharcèlement visant les entreprises (+205%). Il vise particulièrement les dirigeants, les employés ou les pages des sociétés sur les réseaux sociaux. Autre indicateur touchant les entreprises, l'usurpation d'identité des responsables et des collaborateurs est en hausse.  

Dans son analyse, l'organisme indique par ailleurs que trois menaces sont en très forte expansion. A savoir l’usurpation de numéro de téléphone (7 000 demandes d’assistance, en hausse de 517 %), les escroqueries commerciales (7 600 recherches, en progression de 170 %), et le cyberharcèlement (18 000 sollicitations, +138 %). Sur l’année écoulée, plus de 5,1 millions de visiteurs uniques se sont rendus sur cette plateforme pour rechercher assistance (66,6 %) ou prévention (33,4 %).