Pour les responsables des ressources humaines (RH), la technologie et l’IA en particulier sont largement en tête des transformations qui vont impacter les compétences au cours des deux prochaines années. Mais des efforts doivent être faits pour former les équipes. C’est l’une des tendances relevées par Cegos dans son dernier baromètre « Transformations, compétences et learning ». Les résultats ont été dévoilés ce mardi par le groupe de formation à l’occasion de son 100e anniversaire. Ils sont basés sur un sondage réalisé en décembre 2025 et janvier 2026 dans 11 pays en Europe dont la France, ainsi qu’en Asie et en Amérique latine. Dans ce cadre, 5 500 salariés et près de 500 DRH et responsables de la formation ont été interrogés. Parmi les grands enjeux cités, l’IA et l’automatisation arrivent très largement en tête (pour 68% des RH au global, 70% en France), loin devant l’évolution des systèmes d’information et de la cybersécurité (41% au global, 43% en France), les nouveaux modes de travail, la démographie et la transition écologique.
Face à l’enjeu du développement de compétences, 77% des RH au global (77% en France) estiment leur organisation agile pour répondre aux besoins opérationnels en formation. Notons toutefois que seuls 11% (7% en France) jugent leur organisation très agile en la matière. En réalité, si les entreprises ont intégré l’importance de répondre rapidement aux besoins des métiers, elles peinent encore à transformer cette intention en processus fluide et rapide. D'ailleurs, un décalage apparaît nettement lorsque l’on interroge les salariés.
Attentes des salariés en France et dans le monde en matière de formations. (Source: Cegos)
Des règles insuffisamment formalisées
Si 90% d’entre eux estiment que leur organisation répond à leurs besoins de formation (88% en France), 41% (idem en France) jugent que la réponse formation arrive trop tard, parfois plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’expression du besoin. Autrement dit, dans un monde où tout va plus vite, l’exigence porte désormais sur la capacité à proposer une réponse formation rapide, adaptée, immédiatement utilisée. En outre, 10% des salariés dans le monde déclarent déjà ne plus avoir les compétences nécessaires pour exercer leur métier convenablement (13% en France), et 16% (14% en France) pressentent que cela pourrait arriver rapidement.
Dans le même temps, l'étude montre que la majorité des RH se disent prêts pour l’intégration de l’IA dans les métiers … mais seules 28% des organisations en ont formalisé et partagé les règles d’usage. 84% des RH au global (87% en France) se déclarent capables d’intégrer, dans les trois ans, les impacts des évolutions technologiques (IA, automatisation, data) sur les métiers de leur organisation. Un niveau de confiance élevé, qui traduit la prise de conscience des transformations en cours. Néanmoins, si les intentions sont fortes, les dispositifs structurants pour intégrer et déployer l’IA ne sont pas encore pleinement en place. Autrement dit, l’usage de la technologie s’installe, mais le cadre n’est pas encore stabilisé. Les dynamiques régionales diffèrent, l’Asie apparaissant plus rapide dans la formalisation des règles.
Les règles sur les usages de l'IA mises en place par les entreprises en France et ans le monde. (Source: Cegos)
Les salariés français confiants sur les impacts de la GenAI
Concernant l’IA générative, l’étude montre une adoption massive, mais plus personnelle que professionnelle. En France, 69% salariés l’ont expérimentée à titre personnel et 54% à des fins professionnelles. L’usage est donc installé, mais davantage dans la sphère privée que dans les pratiques et les métiers au quotidien. Notons qu’en France, les salariés font preuve d’une vision nuancée, indiquant que l’IA générative va à la fois améliorer la productivité et la créativité (33%des collaborateurs), remplacer certaines fonctions humaines (48%) et créer de nouvelles opportunités professionnelles (23%).
Du côté des RH, la perception est plus orientée vers la performance et la transformation. Dans l’Hexagone, la moitié anticipent un gain de productivité, tandis qu’un tiers envisagent une transformation en profondeur des métiers. Seuls 10% jugent que la GenAI aura peu d’impact à court terme.
Perception des salariés en France et dans le monde sur l'impact de la GenAI. (Source: Cegos)
À l’horizon 2035, salariés et DRH anticipent un monde du travail avant tout plus technocentré (données, algorithmes, IA…), plus nomade et plus agile (télétravail, rythmes adaptables…). Les équipes sont confiantes dans leur capacité à y évoluer avec au global une note moyenne de 7/10. En France, un quart des collaborateurs et des départements RH estiment que l’enjeu prioritaire sera de développer les compétences humaines distinctives face à l’IA % en France. En comparaison, l’accompagnement de la transition écologique ne rassemble que 15% des salariés de l’Hexagone et 7% des DRH.