Cent-vingt jours : c'est le délai imposé par la Justice fédérale américaine à Microsoft pour que l'éditeur de Windows réintègre des composants Java à son système d'exploitation et à son architecture .Net. La société dirigée par Bill Gates obtient tout de même un léger répit de deux semaines, période durant laquelle il est susceptible de faire appel, bloquant ainsi le compte à rebours.
Acquise depuis le mois de décembre 2002, la réintroduction d'une JVM - machine virtuelle - J2EE se heurtait aux multiples recours des avocats de Microsoft. Ces derniers arguaient de la difficulté technique de l'opération et du risque encouru par les grands comptes utilisant Windows en cas de changement trop rapide.
Lassé, le juge Frederick Motz, en charge de la plainte de Sun, a fini par trancher expliquant qu'il "ne pouvait plus rester assis à écouter sans cesse" et affirme vouloir "que tout soit fait d'ici 120 jours".
Une injonction qui tombe à pic pour J2EE 1.4
Une date qui arrivera à point pour Sun, tout à sa campagne de lancement de la version 1.4 de sa plate-forme de développement J2EE, prévue courant février. Longtemps repousséee, la v1.4 marque l'avènement d'un environnement Java résolument orienté services Web. Au programme : support des spécifications déjà validées, notamment Soap - pour le transport de données - et WSDL (Web services description language, norme de description des services professionnels de l'annuaire UDDI). Côté API, J2EE 1.4 intègre en natif le jeu d'API XML mis à disposition par Sun - sous l'égide du JCP (*) - dès le mois de décembre 2001.
Du côté chez Sun on se félicite donc des dernières nouvelles judiciaires concernant Microsoft tout en préparant un assaut du côté des développeurs, notamment du monde Open Source. Un effort de séduction qui a ses limites : les responsables de Sun réaffirmant leur opposition à toute ouverture du code de Java.
(*) Java Community Process : programme de standardisation de Java lancé par Sun en 1995.