Google a semble-t-il jeté un pavé dans la mare des référenceurs Internet français, ces sociétés spécialisées dans l'amélioration des classements des sites Web dans les moteurs de recherche et les annuaires. Le numéro un mondial et français des moteurs de recherche a ainsi récemment supprimé de son moteur plusieurs référenceurs français. Parmi eux, le numéro un, Netbooster, qui revendique plus d'un millier de clients, dont beaucoup de grands groupes tels que Nestlé, Procter & Gamble, AXA, BNP Paribas, La Redoute, IBM ou le Crédit Lyonnais.



Plusieurs de ses autres clients auraient également subi la même sanction, selon Olivier Andrieu, un spécialiste des moteurs de recherches et éditeur du site Web spécialisé abondance.com. Curieusement, Olivier Andrieu note que des prestataires utilisant des techniques bien plus contestables que celles de Netbooster n'ont pas été déréférencées...



Google ne confirme ni n'infirme

Interrogé par "Le Monde Informatique", le PDG de Netbooster, Jean-Pierre Eskenazi, a confirmé l'éradication systématique de son index par Google de ses sites Web européens. Il indique ne pas comprendre la sanction, ses sites se conformant à la charte et aux recommandations de Google. Sans se prononcer spécifiquement sur le cas de Netbooster, Myriam Boublil, la porte-parole de Google France, indique que Google a une politique de sanction des entreprises qui ne respectent pas la déontologie du référencement et qui tentent de spammer son index en multipliant les pages écrans ou les pages miroir. Selon elle, il est possible que Netbooster ait été sanctionné pour ce genre de pratique, même si elle ne le confirme pas officiellement.



Des règles à géométrie variable

En l'absence de certitudes, Olivier Andrieu note que les recommandations déontologiques de Google restent plus que floues : "Google ne dit pas ce qu'il est possible de faire en matière de référencement, pas plus qu'il n'explicite ce qui est interdit. La seule exception concerne le Cloaking (NDLR: une pratique qui consiste pour le site à renvoyer des pages spécifiquement optimisées au crawler de Google afin d'augmenter le classement). Il faudrait une définition précise de ce que Google considère comme du Spam.".



Dans le flou, les référenceurs ont tendance à utiliser toutes les ficelles possibles pour améliorer les classements de leurs clients. Au risque de trop tirer sur la corde et de parfois s'attirer l'ire du géant des moteurs de recherche.



Plus généralement, Olivier Andrieu note que les référenceurs n'ont souvent d'autre choix que d'utiliser des techniques à la limite de la déontologie pour optimiser le classement des sites de leurs clients : "95 % des sites Web produits ne sont pas référençables en l'état, parce que cela n'a pas été prévu dès le départ (sites flash, sites dynamiques...)". Et de préconiser aux entreprises de penser au référencement dès la création du site, afin de ne pas risquer ce qui est arrivé à certaines ces derniers jours...