Tour de vis social supplémentaire pour Salesforce qui selon Business Insider aurait supprimé 1000 postes depuis le début février. Ce plan vise les équipes marketing, la gestion des produits, l’analyse des données mais aussi son unité Agentforce. La firme réduit ses effectifs depuis deux ans en procédant à plusieurs vagues de licenciement pour se concentrer sur le développement des offres IA. Une manière aussi de solder l’ère Covid où l’éditeur était passé de 50 000 employés à 79 000.
Pour certains comme Charlie Dai, vice-président et analyste principal chez Forrester, la dernière vague de licenciement témoigne du remplacement progressifs des salariés par l’IA et l’automatisation. « Les équipes marketing, produit, données et Agentforce ont été durement touchées par l'essor de l'automatisation. La montée en puissance des outils d'assistance au codage et des flux de travail de développement pilotés par l'IA réduit également la demande pour les postes traditionnels, voire pour les applications SaaS classiques », souligne-t-il. l’analyste rappelle la décision de Salesforce en septembre dernier de supprimer 45% des postes de son service client ramenant ainsi les effectifs de cette équipe de 9 000 à 4 000 personnes en seulement cinq mois.
Plusieurs départs de cadres dirigeants
En parallèle de ces suppressions de postes, la firme américaine a également connu un flux constant de départs de dirigeants au cours de ces derniers mois. Le dernier en date est celui d’Adam Evans, vice-président exécutif et responsable de Salesforce AI, la division comprenant Agentforce. Par ailleurs, Ryan Aytay, qui dirigeait Tableau, a annoncé son départ la semaine dernière, tandis que Denise Dresser, CEO de Slack, a quitté l'entreprise en décembre pour prendre le poste de directrice des revenus chez OpenAI. Salesforce n’a pas encore nommé de successeur à Ryan Aytay, mais a désigné Madhav Thattai, ancien directeur des opérations de Salesforce AI pour remplacer Adam Evans. De même, Rob Seaman, ancien directeur des produits chez Slack, a repris un partie des responsabilités de Denise Dresser. Les deux personnes nommées rapportent à Joe Inzerillo, CDO (chief digital officer) de Salesforce, qui voit son rôle s’élargir en chapeautant Slack et la plateforme Agentforce.
« Le départ de ces dirigeants montre la transformation que connaît Salesforce, compte tenu de l’essor rapide des agents IA qui exerce une forte pression sur les fournisseurs SaaS », explique Yugal Joshi, associé chez Everest Group. Il ajoute, « dans ce contexte, il n'est pas rare qu'un manque de vision stratégique au sein de la direction entraîne un certain roulement de personnel. De plus, certains dirigeants estiment pouvoir créer et développer des entreprises plus innovantes en dehors des grandes entreprises ».