Si les instances internationales ne nous suivent pas nous irons seuls : c'est sur cet air brutal et désormais familier qu'IBM et Microsoft poussent à l'adoption rapide par les entreprises des prometteurs et rémunérateurs services Web.
IBM et Microsoft mettent en cause les lenteurs des processus de standardisation et clament que le nombre des spécifications reconnues est désormais suffisant pour envisager une commercialisation rapide des applications associées.
Du coup, les deux sociétés - en première ligne dans les différents consortiums proposant des spécifications pour les services Web - radicalisent leur position.
Chez Big Blue, Bob Sutor, chef en services Web de la société, a profité de la conférence XML Web Services One, organisée les 5, 6 et 7 mars derniers à Santa Clara (Californie), pour affirmer que la technologie était désormais prête à l'emploi. Il encourage l'ensemble du secteur à rapidement déployer les applications associées "plutôt que d'attendre la conclusion des processus de normalisation en cours".
Surtout, il stigmatise des entreprises jugées attentistes. Selon lui, en dépit du risque d'hétérogénéité des solutions, le niveau d'intégration des SI obtenu grâce aux services Web devrait tout de même s'avérer sans équivalent.
Même discours chez Microsoft. Don Box, l'un des architectes de .Net et à l'origine de Soap l'une des couches transports des services Web, accuse les fournisseurs de contribuer à l'émergence d'une kyrielle de spécifications. Expliquant que Soap ou WSDL - deux spécifications soutenues par l'éditeur de Windows - sont désormais suffisamment stabilisées pour être déployées sans attendre.
Et Microsoft de passer du discours aux actes mi-mars en menaçant - avant de faire machine arrère - de ne pas participer aux discussions autour des spécifications de WSCI (Web Services Choreography Interface), norme d'orchestration des services Web promue par Sun, Oracle et SAP.
Au final, l'éditeur a envoyé deux affidés auprès du W3C, organisateur de la réunion, mais continue de privilégier l'émergence de BPEL4WS, co-développé avec IBM.
Fort d'un jeu de composant logiciel qu'ils jugent suffisant et de leur domination sur le secteur, les deux sociétés pourrait bien profiter des prochains mois pour chercher à prendre de l'avance dans la course à la commercialisation des services Web. En dépit d'engagements de départ plutôt favorables processus de normalisation favorisant l'interopérabilité des systèmes.
Surtout, IBM et Microsoft oublient de préciser que si la plupart des acteurs semblent d'accord pour dire que le déploiement de services Web est d'ores et déjà possible ce ne peut être que dans le cadre d'architectures simples et maîtrisées. Dès lors que l'on souhaite les appliquer dans un environnement plus complexe, le problème se pose de la maturité des spécifications en matière d'orchestration, de gestion des transactions et de sécurité. En attendant leur normalisation.