Le 20 octobre 2026, Synacktiv a annoncé l’ouverture au secteur privé de REVEL·IO SCAN, une déclinaison de sa technologie d’acquisition de données mobiles. L’outil vise notamment les opérateurs d’importance vitale (OIV), les entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD), ainsi que les équipes de réponse aux incidents de sécurité (CERT et CSIRT).

Une acquisition distincte de l’analyse

Lancée en janvier 2026 à destination des forces de sécurité européennes, la technologie REVEL·IO permet aux services habilités d’accéder aux données de smartphones saisis, y compris lorsque leur code de déverrouillage est inconnu. La nouvelle version répond à un autre besoin, elle intervient lorsque le détenteur communique volontairement son mot de passe.

REVEL·IO SCAN réalise une extraction dite Full File System, qui vise à récupérer le système de fichiers du terminal dans son ensemble, sur les modèles et configurations compatibles. Les données sont ensuite restituées dans une archive au format ZIP, afin d’être examinées avec les outils d’investigation choisis par le client.

La solution se limite à cette phase d’acquisition, elle n’effectue ni analyse ni interprétation des éléments collectés. Synacktiv indique par ailleurs que les opérations sont réalisées localement, sans transfert vers une infrastructure cloud extérieure.

L’objectif est de fournir aux enquêteurs des éléments directement issus du téléphone, lorsque les journaux réseau, les sauvegardes ou l’analyse des serveurs ne suffisent pas à reconstituer un incident. Les cas d’usage évoqués couvrent notamment la recherche d’une compromission, les enquêtes internes après une fuite de données et les vérifications de sécurité sur les équipements professionnels.

Un usage encadré par la réglementation

L’accès aux données d’un smartphone soulève néanmoins des questions de proportionnalité et de respect de la vie privée, en particulier lorsque l’appareil est utilisé à des fins personnelles ou appartient à un salarié. Le consentement du détenteur, tel que prévu pour cette version, ne dispense pas l’organisation de justifier la finalité de l’investigation et de respecter les droits des personnes concernées.

Synacktiv précise avoir obtenu l’autorisation nécessaire à la commercialisation de REVEL·IO SCAN dans le cadre de l’article R. 226-1 du Code pénal. Les entreprises et les experts souhaitant utiliser le dispositif doivent, de leur côté, obtenir leur propre autorisation auprès de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

La société indique qu’une trentaine d’installations de la technologie REVEL·IO ont déjà été réalisées auprès de services de police, de gendarmerie, de justice et des armées, en France et dans plusieurs pays européens. Quatre grands groupes français ont également engagé des échanges autour de la nouvelle version.

Samsung en première étape

Disponible dès à présent, REVEL·IO SCAN prend en charge les modèles Samsung compatibles. Synacktiv prévoit d’étendre la couverture aux smartphones Xiaomi et Google Pixel sous Android d’ici à la fin de 2026. Deux évolutions sont également envisagées, l’examen à chaud des données présentes dans la mémoire vive du téléphone et la recherche directe d’indicateurs de compromission, sans extraction complète préalable.

Commercialisée sous la forme d’un abonnement annuel comprenant une sonde dédiée et un nombre illimité d’extractions, la solution s’adresse ainsi aux organisations disposant des compétences nécessaires pour exploiter les données recueillies. Reste que l’acquisition technique ne constitue qu’une étape de l’investigation, l’interprétation des traces et leur mise en contexte demeurent à la charge des équipes utilisatrices.