Note aux lecteurs : Cet article est la seconde partie du test de l'iPhone 6 et de l'iPhone 6 Plus. La première partie est disponible ici. 

À propos des écrans

Selon la dénomination d'Apple, les écrans des deux iPhone 6 sont « Retina HD ». Cette description est étrange et presque redondante. En réalité, l'écran 4,7 pouces de l'iPhone 6 a la même densité, soit 326 pixels par pouce, que l'écran de l'iPhone 5. Les pixels ne sont pas plus serrés, il y en a juste un peu plus : 110 pixels de plus en largeur et 198 pixels de plus en hauteur. Le cas de l'iPhone 6 Plus est différent. Son écran de 5,5 pouces (en diagonale) a une résolution de 401 pixels par pouce, une densité jamais vue sur un appareil iOS, ce qui signifie qu'il affiche en 1080p, soit l'équivalent d'un téléviseur haute définition.

Jusqu'ici, la mise à l'échelle de l'image sur les écrans ne pouvait tout simplement pas être accomplie, car elle s'accompagne d'artefacts étranges et de flous. Elle demande aussi beaucoup de puissance graphique. Si vous avez déjà essayé d'utiliser un écran Mac non Retina à une résolution non native, vous savez ce que cela veut dire. Mais dans le cas des écrans Retina, chaque pixel est tellement petit que le flou se produit à une échelle quasi invisible. L'écran de l'iPhone 6 Plus, comme celui du MacBook Pro Retina, semble très bien résoudre ce problème, même s'il faut, en arrière-plan, un hardware puissant et des logiciels qui travaillent dur pour s'assurer que le calcul suit. L'avantage de la mise à l'échelle sur des appareils haute résolution, c'est qu'Apple peut utiliser la fonction de différentes façons. Par exemple, les applications qui n'ont pas été mises à jour pour fonctionner sur les écrans plus larges des deux iPhone 6 se mettent tout simplement à l'échelle pour s'adapter à la nouvelle taille. Tout est juste un peu plus grand, et si l'on regarde attentivement, on peut voir la différence, mais les applications fonctionnent très bien.

Des caractères plus gros avec Display Zoom

Apple a également ajouté une fonction appelée Display Zoom qui n'est rien d'autre qu'une version logicielle du « livre en gros caractères » destiné aux personnes ayant des problèmes de vue. Lorsqu'on active le Display Zoom, l'iPhone émule l'affichage d'un écran plus petit puis l'ajuste au plein écran. La fonctionnalité sera très appréciée des utilisateurs qui trouvent que le contenu est toujours trop petit. Sur des écrans plus grands, la mise à l'échelle permet soit d'avoir plus d'espace à l'écran, soit à tout rendre simplement plus grand. Chacun pourra choisir.

Les écrans des deux iPhone 6 offrent suffisamment d'espace pour permettre à Apple d'ajouter des boutons au clavier iOS standard sans avoir à activer le Display Zoom, mais seulement quand l'iPhone est en mode paysage. En mode portrait, le clavier est un peu plus grand, mais identique au clavier standard de l'iPhone. Sur l'iPhone 6 Plus, en mode paysage, le côté gauche du clavier comporte des touches supplémentaires pour couper, copier, coller, passer le texte en gras et annuler une action. Il permet aussi de faire apparaître les claviers internationaux ou Emoji et de déclencher la dictée vocale. Sur le côté droit du clavier, des touches permettent de déplacer le curseur vers l'avant ou vers l'arrière, d'ajouter un point d'exclamation ou un point d'interrogation, une virgule ou un point. Sur l'iPhone 6, qui est un peu plus étroit que l'iPhone 6 Plus, on trouve aussi des touches supplémentaires : une touche d'annulation et une touche « virgule » à gauche ; des touches pour déplacer le curseur et une touche « point » à droite. Enfin, étant donné que ces téléphones fonctionnent également sous iOS 8, ils affichent la nouvelle barre optionnelle QuickType en haut du clavier pour le remplissage automatique. Ils peuvent également être utilisés avec des claviers tiers.

Sur l'iPhone 6 Plus, Apple a mis à jour plusieurs applications maisons, dont Mail et Notes, qui donnent accès à d'autres fonctions quand on passe en mode paysage. Les deux applications basculent dans une vue à deux colonnes, avec une liste d'items sur la gauche et un aperçu du document ou la zone d'édition sur la droite. On a la même chose quand on fait pivoter les applications du mode portrait vers le mode paysage sur l'iPad. Même l'écran d'accueil de l'iPhone subit des modifications : pour la première fois, sur l'iPhone 6 Plus, il bascule quand on tourne l'appareil. Mais, même si toutes ces fonctions sont à mettre au crédit des grands écrans, le fait est qu'il est très difficile d'utiliser l'appareil d'une seule main pour atteindre le haut de l'écran.

Un écran plus grand permet d'ajoindre des nouvelles fonctions aux claviers de l'iPhone 6 (au-dessous) et de l'iPhone 6 Plus (en-dessous). 

Mieux gérer l'espace avec Reachability

Pour y remédier, Apple propose une fonction appelée Accessibilité ou Reachability qui permet de faire descendre le haut de l'écran à un endroit accessible par le pouce. La fonction s'active en pressant deux fois le bouton d'accueil sans appuyer (le capteur tactile indique si la pression est bonne). Toute la moitié supérieure de l'écran glisse alors vers le bas, et met cet espace à portée de doigt. De la part d'Apple, la fonction semble assez sommaire, mais elle permet d'améliorer la gestion de l'espace sur les téléphones plus facile quand on les utilise d'une seule main. Notre confrère d'IDG raconte qu'au bout de quelques jours il a utilisé la fonction sans réfléchir, et qu'en général elle remplit correctement son rôle. Cependant, il trouve aussi la méthode un peu incohérente, parce que l'écran d'accueil de l'iPhone ne descend pas complètement jusqu'en bas, c'est-à-dire que les icônes glissent vers le bas, mais le dock et la barre du haut restent à leur place. Aucune autre application n'interagit avec Accessibilité de cette façon.

Appareil photo : une meilleure mise au point

Généralement, pour chaque nouveau modèle d'iPhone, Apple améliore ses capteurs photos. En terme de résolution, ce n'est pas le cas cette fois, puisque ceux des deux iPhone 6 affichent 8 mégapixels, soit l'équivalent ce celle de l'iPhone 5s. Cependant, on trouve une série de nouvelles fonctionnalités destinées à améliorer la prise de vue en photo et en vidéo. La mise au point elle-même bénéficie de plusieurs améliorations puisqu'Apple affirme avoir ajouté des pixels « dédiés à la mise au point » qui rendent l'autofocus plus rapide. Les algorithmes de détection des visages ont également été améliorés. En mode vidéo, l'autofocus est aussi plus performant. « La vidéo n'a jamais été vraiment l'un des forts de l'iPhone. Mais dans les vidéos réalisées avec l'iPhone 6 et l'iPhone 6 Plus, j'ai constaté que la mise au point était fluide et sans à coup ».



Avec l'iPhone 6, Apple espère regagner des parts de marché face aux smartphones Android qui rencontrent un succès grandissant auprès du public. 

Une fonction super slow-motion permet désormais de filmer à 240 images par seconde, soit un huitième de la vitesse d'une vidéo normale. Combinée avec une meilleure stabilisation, la fonction permet d'obtenir des vidéos étonnamment fluides. « Les vidéos de figures de skateboard et de plongeons en piscine risquent d'être très spectaculaires », a déclaré notre confrère. La différence entre les caméras des deux iPhone est surtout visible dans les situations de faible luminosité. La caméra de l'iPhone 6 Plus est dotée d'une technologie de stabilisation optique de l'image, c'est-à-dire que le capteur bouge en même temps que l'opérateur pour minimiser le flou dans les situations de faible luminosité où les capteurs ont besoin de plus de temps pour absorber la lumière et obtenir une image visible. Dans les situations de basse luminosité, Apple utilise aussi des techniques logicielles, mais pour l'instant seule la caméra arrière est dotée d'une fonction physique de stabilisation d'image.

En conclusion

Ne vous y méprenez pas : la plus grande nouveauté de l'iPhone 6 et de l'iPhone 6 Plus, c'est leur taille. Même si les processeurs sont plus rapides et si les caméras offrent une meilleure mise au point, selon notre confrère, ce sont surtout de grands téléphones avec des écrans plus grands. C'est sûrement mieux pour afficher des photos et des vidéos, et c'est appréciable aussi pour avoir plus d'informations à l'écran. Mais il y a tout de même un inconvénient : plus les mains de l'utilisateur sont petites, plus ces téléphones sont difficiles à tenir.

Au terme de ce test, on peut penser que pour la plupart des utilisateurs d'iPhone 5, l'iPhone 6 peut s'avérer un choix motivé, et s'ils ne regretteront pas leurs anciens iPhone après quelques jours d'adaptation. De même, l'iPhone 6 Plus trouvera sans aucun doute son public, par exemple des gens qui utilisent leur iPhone en permanence et ont besoin d'une batterie qui dure plus longtemps, ou des personnes qui ont de grandes mains, ou celles qui ne veulent qu'un seul terminal pour tout faire. Samsung et d'autres concurrents ont montré qu'il y avait un public pour des téléphones de très grande taille. C'est ce même public qui pourrait être intéressé par le nouvel iPhone.

Note aux lecteurs : Cet article est la seconde partie du test de l'iPhone 6 et de l'iPhone 6 Plus. La première partie est disponible ici.Â