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Logiciels : Les clients d'Oracle durs à la commande
Vendredi 2 mars, la capitalisation boursière d'Oracle a fondu de 25 Md$. Quelques jours après la clôture de son troisième trimestre fiscal, le 28 février, l'éditeur californien a prévenu que son CA serait inférieur de 7,6 % aux prévisions des analystes, à 2,67 Md$. Son bénéfice par action devrait s'élever à 10 cents par action (+25 %), au lieu des 12 cents attendus (-16,7 %).
Jeff Henley, directeur financier de l'éditeur californien (photo), explique cette annonce tardive par des contrats reportés à la dernière minute."Jusqu'au 23 février, nous étions très confiants", explique-t-il. " Le 28 février, nous avons appris le report d'un nombre significatif de grosses commandes".
Le CA liés aux applications devrait progresser de 50 %, à 300 M$. L'activité SGBD, coeur de métier d'Oracle, est, elle, en difficulté : son CA devrait être identique, voire légèrement inférieur à celui du 3e trimestre 2000 (778 M$). Chuck Phillips, analyste chez Morgan Stanley Dean Witter, a récemment fait remarquer que 30 des plus importantes start-ups utilisatrices des SGBD d'Oracle avaient fait faillite.
Les investisseurs ont accueilli glacialement ces prévisions : l'action Oracle a perdu 21 % durant la séance de vendredi, clôturant à 16,87 $. Contradiction : les concurrents de l'éditeur sur le secteur des progiciels (Siebel, Commerce One, Ariba, i2) ont été entraînés dans sa chute, tandis que ses adversaires dans les SGBD (IBM, Microsoft, Sybase, Informix) n'étaient pas touchés.
Larry Ellison, PDG de l'éditeur, résume ainsi la situation : "Le problème vient de l'économie américaine. Les cadres dirigeants la scrutent et deviennent prudents. Ils souhaitent attendre de 30 à 60 jours pour se faire leur opinion". Quasiment un trimestre...
En Europe, les opinions divergent sur ce "profit warning". Didier Lambert, président de l'Aufo (Association des utilisateurs français d'Oracle), voit dans ces reports de contrats une sanction des clients suite au changement de structure tarifaire http://www.weblmi.com/daily/2000/1020/tarifs1.htm imposé par l'éditeur l'an dernier. Oracle base désormais la facturation de ses applicatifs (PGI, SGBD) sur l'unité de puissance processeur - reposant sur le nombre de CPU et leur fréquence en MHz - et le nombre d'utilisateurs nommés. "Cette tarification a été décidée sans aucune concertation avec les clients", déplore Didier Lambert. En revanche, l'Autichien Erich Wessner, président de l'association européenne des utilisateurs d'Oracle, abonde, dans le sens de la direction américaine de l'éditeur. "Les problèmes d'Oracle ne concernent, en grande partie, que le marché américain". L'éditeur a réalisé en 2000 près de 60 % de ses ventes outre-Atlantique.


