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ArticleApplications & Développement

PeopleSoft s'oppose aux avances jugées brutales d'Oracle

La rédaction

"Un comportement particulièrement grossier de la part d'une entreprise dont l'histoire est faite de comportements particulièrement grossiers". L'offre publique d'achat d'Oracle, emmené par Larry Elisson, sur PeopleSoft n'a pas l'heur de plaire à Craig Conway, président et directeur général de ce dernier. N'empêche, la loi impose au conseil d'administration d'une société cotée en bourse d'étudier toute offre publique d'achat. Du coup, Oracle semble prêt à jouer le conseil d'administration et plus généralement l'actionnariat de son concurrent contre la direction de PeopleSoft.

Au-delà de la place de second sur le marché des PGI - loin derrière SAP -, ce sont deux visions stratégiques du devenir d'un marché à la visibilité incertaine qui s'affrontent.

D'un côté, Craig Conway, et avec lui l'actuelle direction de PeopleSoft, parie sur l'élargissement et la diversification sectorielle de son offre. Pour ce faire, il prévoit de racheter JD Edwards, autre éditeur de PGI, mieux implanté dans les PME et sur le secteur industriel, tandis que PeopleSoft est plus présent dans les grandes entreprises, le secteur public, le secteur bancaire et chez les prestataires de services.

Une stratégie étendue fortement critiquée par Larry Ellison qui promeut l'idée que les utilisateurs seraient en quête de consolidation. Et d'ajouter, perfide, que Craig Conway l'aurait contacté il y a quelques mois, évoquant l'éventualité d'un rapprochement d'Oracle et de PeopleSoft autour de cette même idée.

Quoiqu'il en soit, le final de ce jeu à trois à même de bouleverser profondément le paysage des PGI pourrait trouver sa concrétisation dans la nature même des deux opérations : dans l'esprit des actionnaires de PeopleSoft, les risques d'une alliance de papier (la transaction s'opérant par échange d'actions) avec JD Edwards pourrait faire long feu face aux 5,1 Md$ en numéraire promis par Oracle. Loin des préoccupations des utilisateurs - sans doute peu réjouis à l'idée d'avoir à subir des changements dans un secteur où beaucoup ont investi lourdement - et des salariés - dont l'avis n'est évoqué nulle part.

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