ArticleApplications & Développement
Oracle/PeopleSoft : les verrous sautent un à un
Le ministère américain de la Justice ne fera pas appel de la décision d'un juge fédéral d'autoriser, début septembre, l'achat de PeopleSoft par Oracle. Du coup, l'un des derniers remparts légaux protégeant PeopleSoft de l'opération s'effondre. Bruxelles devrait à son tour abandonner ses réserves face à l'OPA d'Oracle d'ici la fin du mois.
« Nous sommes en désaccord avec la décision décevante de la cour, mais nous respectons son rôle dans le processus d'examen de la fusion », expliquait vendredi 1er octobre R. Hewitt Pate, procureur délégué au ministère américain de la Justice à "Computerworld", pour justifier la décision de l'administration de ne pas faire appel de la décision fédérale autorisant l'OPA d'Oracle sur PeopleSoft. Le second obstacle légal à l'opération devrait tomber à son tour d'ici la fin du mois : la Commission européenne devrait, à son tour, y donner son aval avant la fin du mandat de Mario Monti, Commissaire européen à la concurrence, fin octobre.
La chute des remparts légaux n'est toutefois pas un gage de succès garanti pour cette OPA relancée inlassablement mois après mois par Larry Ellison (photo), PDG d'Oracle, depuis juin 2003. Le débarquement de Craig Conway du poste de PDG de PeopleSoft ne promet en effet pas que l'éditeur change soudainement d'avis et se jette dans les bras de son concurrent. Ainsi, le directeur George Battle, s'exprimant au nom du conseil d'administration de PeopleSoft, assure que l'opposition à l'offre d'Oracle n'était en rien le fait de Craig Conway mais une décision collégiale longuement mûrie.
Cependant, l'offre d'Oracle continue de peser sur les résultats de sa proie : au premier semestre déjà, mais aussi au troisième trimestre pour lequel PeopleSoft annonce 150 M$ de chiffre d'affaires généré par les ventes de licences, soit 9 % de moins qu'au troisième trimestre 2003. Désormais affaibli et entravé dans sa recherche de nouveaux clients, l'éditeur vient de lancer un programme d'importantes ristournes visant à fidéliser ses utilisateurs et à les encourager à renforcer leur engagement à son égard.
C'est dans ce contexte difficile que PeopleSoft vient de faire revenir à sa tête son fondateur, Dave Duffield, pour tenter de retrouver la confiance de ses clients. En leur donnant « vision et stratégie », « une chose pour laquelle je suis doué », assure-t-il.


