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Des sandbox blockchain pour rapprocher régulateurs et entreprises

Selon une étude sponsorisée par Microsoft, les environnements de tests sandbox -propres aux FinTech - pour blockchain pourraient rapprocher les régulateurs qui réfléchissent à une nouvelle règlementation et les entreprises qui espèrent utiliser la technologie de registre distribué.

La rédaction

Pour que les organismes de régulation comprennent mieux les avantages et les risques liés à la sécurité liée à la blockchain, ils doivent d'abord bien appréhender la technologie. Or, selon une étude financée par Microsoft (Advancing Blockchain Cybersecurity: Technical and Policy Considerations for the Financial Services Industry), aujourd’hui, ce sont les entreprises qui possèdent la meilleure connaissance de la technologie blockchain. Partout dans le monde, les gouvernements prennent des mesures réglementaires pour accroître leur contrôle sur les cryptomonnaies comme le bitcoin, dont le fonctionnement est dépendant de la technologie de registre distribué. Selon les experts, de la même manière, les entreprises utilisant des réseaux blockchain privés ou « autorisés » devraient également faire l’objet d’une surveillance accrue.

De fait, des secteurs fortement réglementés comme ceux de la technologie financière, de la santé, des transports et de la production, peuvent aider les régulateurs à mieux comprendre la chaîne de blocs, non seulement par un meilleur dialogue, mais aussi en mettant en place des sandbox réglementaires communes. Les chaînes de blocs autorisées - qui, à l’instar des bases de données relationnelles, sont gérées de manière centralisée - sont en mesure de surmonter les risques de sécurité et de protéger « l'information financière des consommateurs et l'intégrité du système financier mondial », ont déclaré les chercheurs dans un livre blanc signalé dans un blog de Microsoft.

Contrer les cybermenaces

Selon le document, les capacités de sécurisation de la technologie blockchain sont élevées, et elle peut même protéger contre certains cyber risques pouvant affecter d'autres systèmes IT. C’est pourquoi, « elles méritent une évaluation plus approfondie de la part des organismes de réglementation et de l'industrie ». Selon les chercheurs, « s'ils sont bien structurés, les sandbox peuvent concentrer les objectifs des régulateurs et des industries : ils peuvent offrir aux régulateurs un bon aperçu des technologies de la blockchain et permettre aux industries de tester de nouvelles technologies dans un environnement réel limité, sans déploiement à grande échelle préalable, jusqu’à approbation par les régulateurs en fonction de leur conformité réglementaire ».

Dans ce document de recherche, les auteurs - Erin English, stratège principale en matière de cybersécurité publique chez Microsoft, Amy Davine Kim, avocate générale à la Chambre de commerce numérique (une association assurant la promotion de la technologie blockchain) , et Michael Nonaka, coprésident du groupe d’établissements financiers au sein du cabinet d'avocats Covington and Burling - estiment que les organismes de réglementation doivent bénéficier d’un meilleur aperçu sur les avantages de la chaîne de blocs en matière de cybersécurité, tant pour les entreprises que pour les organismes fédéraux et étatiques.

18 sandbox réglementaires blockchain dans le monde

Les enregistrements effectués dans une chaîne de blocs sont normalement immuables. Ce qui signifie que le registre des transactions est inviolable et vérifiable. Néanmoins, malgré cette inviolabilité de la chaine de blocs, il est possible de procéder à des ajustements particuliers pour rétablir l'intégrité d'une chaîne dans le cas où des transactions frauduleuses ou malveillantes y ont été malgré tout introduites. « Parallèlement aux rôles et aux responsabilités des participants à la chaîne de blocs, il est important d’avoir également une structure de gouvernance forte afin d’avoir un équilibre efficace entre l'accès et la sécurité », affirme encore le document.

Selon Innovate Finance, une société de conseil basée au Royaume-Uni, il y a actuellement dans le monde 18 sandbox réglementaires à différents stades de développement. En 2015, le Royaume-Uni était l’un des premiers pays à mettre en place un bac à sable réglementaire dédié aux services FinTech. Aujourd’hui, les entreprises britanniques peuvent demander à la Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni de tester leurs services de chaîne de blocs dans cette sandbox. L'an dernier, le procureur général de l'Arizona a proposé de voter une loi pour établir un bac à sable réglementaire FinTech afin de permettre aux entreprises de développer la technologie. Le projet de loi - HB 2434 - a été adopté par le Congrès et il devrait être examiné prochainement par le Sénat américain. Les auteurs du document recommandent aux entreprises utilisant la chaîne de blocs de s’appuyer sur le framework de cybersécurité élaboré par le National Institute of Standards and Technology (NIST) des États-Unis pour développer les programmes de cybersécurité de leurs réseaux de chaînes de blocs autorisés.

Carrefour adopte la blockchain pour tracer ses volailles

Les fournisseurs proposent également de plus en plus d’offres SaaS basées sur blockchain. IBM, SAP, HP, Microsoft et d'autres ont commencé à commercialiser des services de chaînes de blocs. C’est le cas de Microsoft par exemple, qui a déployé une chaîne de blocs sur ses services Azure, dont une plate-forme d'identité numérique, ou celui du projet collaboratif Project Ubin, un service de compensation et de règlement bancaire. Enfin, cette année, des tests blockchain pilotes, menés par plusieurs entreprises, devraient déboucher sur des mises en production. En particulier les innovations apportées par la technologie de chaîne de blocs sont en passe de révolutionner le secteur de la gestion de la chaîne d'approvisionnement. Carrefour vient de créer une chaine de blocs pour tracer ses poulets fermiers dans ses supermarchés. La Maersk et IBM ont déjà annoncé la création d'une coentreprise pour déployer un système d'expédition électronique basé sur une chaîne de blocs pour numériser les chaînes d'approvisionnement et suivre en temps réel le fret international. future plate-forme pourrait faire économiser des milliards de dollars par an à l'industrie maritime mondiale en remplaçant le système EDI actuel. Il n’est pas rare que la circulation des documents papier bloque les conteneurs pendant plusieurs semaines sur les plateformes de transport.

D'autres industries se tournent également vers la technologie blockchain pour ses qualités d’immuabilité et de transparence. L’installation de chaînes de blocs commerciales dans des bacs à sable permettrait aux régulateurs d’obtenir des informations réelles de première main. « Les organismes de réglementation et les industries pourraient fixer ensemble les critères de sécurité et de résilience qui permettront aux organismes de réglementation d’accorder leur confiance à la chaine de blocs », déclare encore le document de recherche. « Les organismes de réglementation et l'industrie pourraient, sur la base de ce processus de tests itératifs, parvenir à une compréhension réciproque des normes nécessaires pour la mise en œuvre de la technologie ».

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