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Les outils, un choix clé pour le succès du devops chez HSBC

L'institution bancaire pousse sa culture IT vers le cloud et le développement, mais selon Richard Dalton, l'ingénieur devops de la plate-forme digitale de HSBC, la réussite des outils est essentielle pour changer la culture d'une entreprise.

La rédaction

Pour de grosses entreprises comme les banques, qui détiennent de nombreuses technologies héritées, le devops est souvent considéré comme un énorme bouleversement culturel. Mais la qualité des outils sous-jacents est essentielle pour obtenir l'adhésion des personnels et changer la culture de l’entreprise. Lors d'un événement Cloudbees organisé le 3 avril à Londres, Richard Dalton, ingénieur devops de la plate-forme digitale de HSBC, a expliqué pourquoi il était important de mettre en place la bonne infrastructure pour changer la culture de la banque et attirer les bonnes compétences, et en quoi cela pouvait aider l’institution à devenir plus agile. « Une fois que ces outils sont en place, on peut vraiment commencer à travailler en parallèle sur l'aspect humain, parce que les outils et la culture ne font qu'un », a-t-il déclaré. Selon lui, « des outils adéquats facilitent l’adhésion des équipes et les pratiques suivent ».

C’est en 2015 que HSBC a lancé sa transformation devops, confiant à Richard Dalton et à son équipe la mise en place des outils nécessaires au changement de culture à l'échelle de l'entreprise. Après une évaluation approfondie, la banque a décidé d'opter pour des outils open source de classe entreprise comme Jenkins pour l’intégration en continu via le fournisseur Cloudbees, elle a également choisi GitHub Enterprise comme référentiel de code, la pile Atlassian pour la collaboration, Ansible et Maven pour l'automatisation et AppDynamics pour le monitoring, même si à l’époque Richard Dalton estimait « qu’il n’existait pas de solution de monitoring universelle, et qu’il y aurait du chemin à parcourir ». Cette transformation est assez typique pour une entité en quête de modernisation rapide, qui se libère des « grandes suites d'entreprises », comme les appelle Richard Dalton, pour passer à un set d’outils haut de gamme. À propos de ces suites logicielles, l’ingénieur a déclaré qu'il n'entrerait pas dans le débat pour savoir si oui ou non ces suites avaient fait ce que l’on attendait d’elles. Ce qu’il a dit cependant, c’est que « ces solutions n'attiraient pas les talents, ce qui en soi représente une grande partie du problème ».

Attirer les meilleurs talents grâce aux outils

En optant pour ce que l’ingénieur appelle les « meilleurs outils », HSBC est en bonne position pour attirer des « ingénieurs talentueux qui sortent de l'université ou qui changent d'entreprise parce qu'ils connaissent déjà votre pile quand ils arrivent », a-t-il déclaré « C'est très important », a-t-il ajouté. « Les gens ne veulent pas intégrer une entreprise qui n’utilise pas les outils qui ont fait leur preuve. C'est risqué pour eux, surtout dans cette collectivité. Ils veulent venir chez vous, utiliser le bon outil, et réussir ce qu’ils ont déjà réussi par ailleurs ». Selon M. Dalton, même si HSBC et les autres grandes banques peuvent « payer n'importe quel prix et choisir les meilleurs outils », tout est toujours « une question de perception ». Selon l’ingénieur, « les choses ont vraiment évolué depuis longtemps, quand les banques étaient en tête en matière d'informatique, défrichaient des terrains vierges. Il était beaucoup plus facile pour elles d'attirer des talents directement de l'université. Aujourd’hui, les gens pensent Facebook et Twitter. Il y avait donc beaucoup à faire pour changer notre image de leader technique ».

Heureusement pour lui, cette approche a bénéficié d'un bon soutien au sommet. Le CIO du groupe, Darryl West, premier à engager la banque dans une stratégie multi-cloud, en a été la figure centrale. « Cette stratégie a été reconnue par la banque et elle a reçu l'appui des très hauts responsables qui souhaitaient le changement », a-t-il déclaré. « L’important était d’embarquer tout le monde dans cette évolution ». Cela ne veut pas dire que tout s'est déroulé en douceur. Disposer d’un centre d'excellence pour le numérique et le devops est un premier pas important, mais quand on emploie des milliers d'informaticiens, il y a toujours des poches plus difficiles à changer. « Dès que vous transformez un silo en quelque chose qui relève davantage du groupe, comme les réseaux, ou toute sorte de service partagé, ça pose potentiellement un problème pour faire avancer les choses. C’était même un sacré obstacle », a reconnu Richard Dalton. « C'est difficile et permanent », a-t-il admis. Mais la seule façon d'y arriver, c'est « d’essayer de faire adhérer les personnels au projet, sans se contente seulement de les interpeller. Mais encore une fois, ce n’est pas facile ». « La stratégie cloud est essentielle pour acquérir de l’agilité et faire tomber certains obstacles. Mais oui, c'est difficile. Et au final, on ne peut pas dire « nous l'avons fait, nous sommes passés à autre chose ». Parce que c’est une transformation permanente ».

Le support de la direction est indispensable

Cela dit, ce soutien au plus haut niveau reste « fondamental pour faire avancer les choses », a encore déclaré Richard Dalton. « C'est à ce niveau-là qu'il faut absolument tenir le cap, sinon le changement peut prendre beaucoup plus de temps, et le retour sur investissement sera aussi plus long », a-t-il ajouté. « Si vous migrez sur AWS ou tout autre cloud uniquement pour réduire vos coûts, ce n’est pas suffisant ». « C'est dans ce contexte que ce soutien est important, pour avoir une vue d'ensemble, voir où vous allez, savoir où en sera l’entreprise quand elle prendra cette décision et commencera à démanteler certains services sur site, et finalement réalisera certaines économies de coûts ».

Au final, tout ce travail revient à offrir aux clients une meilleure expérience digitale, avec des fonctions que des utilisateurs d’apps fintech comme Bud ou Monzo connaissent bien. « Le client est absolument essentiel. Nous voulons non seulement lui fournir ce dont il a besoin, mais aussi lui apporter des choses dont il aura peut-être besoin, mais il ne le sait pas encore. L’objectif est bien de lui apporter toujours plus de valeur », a-t-il déclaré. Par exemple, l'an dernier, HSBC a lancé une nouvelle application Connected Money qui permet aux clients de voir tous leurs comptes en même temps, avec des fonctions intelligentes comme un bilan des dépenses et un « solde après débit », grâce auquel l’utilisateur peut connaître ses disponibilités financières sur son compte courant HSBC jusqu'à l’arrivée de son salaire, après déduction de ses dépenses régulières. « Nous avons l’avantage de pouvoir disposer des données et nous voulons les présenter d’une manière utile pour la vie quotidienne de nos clients », a-t-il ajouté.

Accélérer la livraison des solutions

Dalton est parfaitement conscient de l'évolution des attentes des clients à l'égard des services financiers, et ces attentes se situent de plus en plus dans la sphère numérique. « Nous devons arriver à ce que toutes les données utiles tiennent dans la main », a-t-il déclaré. « Nous pouvons désormais livrer de meilleurs produits, plus rapidement. Nous travaillons sur les notifications, sur la valeur ajoutée, mais nous cherchons aussi à rendre cette activité viable à long terme, en recrutant les bons talents, en choisissant les bonnes plateformes et les bons outils ». L’arrivée de ce flot de nouveautés techniques dans les grandes banques est une évolution naturelle, mais elle ne se produit pas toute seule. Il est crucial pour cela d’avoir l’infrastructure et la culture qui permettent de fournir des résultats rapides. Selon Richard Dalton, la clef est de pouvoir livrer plus, plus rapidement et en continu. « Une bonne définition des processus et des pipelines permet de mettre en place des processus beaucoup plus solides, contrôlés et reproductibles et d'avoir beaucoup plus confiance dans sa livraison. Grâce à cela, vous pouvez commencer à fournir plus d'applications basées sur les microservices, et vous avez la capacité d’activer et de désactiver des fonctions en vous appuyant sur des frameworks facilement déployables dans une app commune, et même d’appliquer des variantes en fonction des régions ».

Pour la banque, l’étape suivante passe forcément par une technologie de pointe plus avancée. « Nous envisageons notamment de recourir à l’apprentissage machine et aux plates-formes cloud portables », a déclaré l’ingénieur. C'est dans cette perspective que HSBC a commencé à s’appuyer sur Google Cloud. « En ce moment, dans ma région, nous avons entamé une migration vers le cloud, afin de disposer d’une infrastructure plus granulaire, plus élastique », a-t-il ajouté. La prochaine étape consistera également à introduire les conteneurs et l'orchestration des conteneurs. « Les conteneurs et l'orchestration de conteneurs peuvent apporter beaucoup en terme de sécurité. Mais souvent, le défaut initial est qu'ils introduisent un risque », a-t-il expliqué. « En ce moment, nous réalisons un énorme travail sur les conteneurs, la sécurité et l'orchestration des conteneurs, afin d’atteindre, l'année prochaine, un niveau plus élevé de portabilité dans le cloud, conformément à notre une stratégie multi-cloud ».

Grand bond en avant cloud

Dalton reconnait que les gros avantages liés à une stratégie cloud n'ont pas encore eu d’impact sur les résultats financiers. « Grâce à cette empreinte réelle dans le cloud, environnement où se situe le développement, nos équipes apprécient le processus, aiment le système, apprécient ce que nous avons construit pour eux et commencent à déployer nativement. C’est là que se trouvent tous les avantages », a-t-il encore déclaré. « Ils peuvent avancer à leur propre rythme et déployer en natif, des choses qui étaient inconcevables quand j'ai démarré ».

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