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De nombreux utilisateurs fuient Oracle Java pour l'open source
D'après une dernière enquête, la hausse des coûts, les risques d'audit et le manque de clarté des licences incitent près de 80 % des professionnels IT interrogés par l'ITAM Forum et Azul à abandonner Java d'Oracle pour des alternatives open source.

Selon un rapport de recherche basé sur l'enquête ITAM & SAM 2025, près de 8 entreprises sur 10 se détournent de Java d’Oracle en raison de l'augmentation des coûts et de l’adoption d’une tarification basée sur les employés. L’enquête a été réalisée conjointement par Azul, une entreprise qui propose des alternatives Java open source, et l'ITAM Forum, une association à but non lucratif qui réunit des professionnels de la gestion des actifs informatiques (IT Asset Management, ITAM) et de la gestion des actifs logiciels (Software Asset Management, SAM). Elle a recueilli les réponses de 500 professionnels de l'ITAM ou du SAM qui utilisent Java. Selon le rapport, entre 2020 et 2023, Oracle a introduit quatre changements de politique de licence et de tarification, en particulier la tarification basée sur les employés, forçant les entreprises à rechercher des alternatives. Ce n'est pas la première fois qu'une telle enquête est menée, cela avait déjà été le cas en début d'année.
Un risque important de majoration des coûts de licence
En janvier 2023, Oracle a revu son modèle de licence Java en lançant l'abonnement universel Java SE Universal Subscription, passant d’une tarification classique par terminal ou par processeur à une tarification par employé. Cette nouvelle approche impose à toute entreprise qui utilise Java d’Oracle au-delà de ses droits d’usage gratuit d'acquérir une licence pour chaque employé, quel que soit leur nombre, qui utilise réellement Java. La définition par Oracle du terme « employé » est large : elle englobe non seulement le personnel à temps plein et à temps partiel, mais aussi les contractants, les travailleurs temporaires et les agents impliqués dans les opérations internes. Par conséquent, même une utilisation a minima de Java au sein d'une entreprise, par exemple par quelques développeurs ou pour des applications isolées, peut déclencher des obligations de licence pour l'ensemble du personnel, si bien que même un déploiement limité peut faire grimper sérieusement les coûts de licence Java.
Avant 2023, les licences Java SE pour les ordinateurs de bureau et les serveurs coûtaient respectivement 2,50 $ environ par utilisateur et 25 $ par cœur de processeur et par mois. Avec l'introduction de l'abonnement universel Java SE Universal Subscription, les tarifs commencent désormais à 15 $ par employé et par mois pour les entreprises de moins de 1 000 employés, et diminuent progressivement pour les plus grandes entreprises, tombant à 12 $ au-dessus de 1 000 employés, et à 5,25 $ pour les entreprises de plus de 40 000 employés. Oracle n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.
Une redevance globale perturbante
Selon le rapport, la redevance globale a considérablement accru l'inconfort des entreprises, qui ont dû ajouter de nouveaux budgets pour faire face à l'augmentation des coûts des licences Java, investir dans de nouveaux systèmes de contrôle de l'utilisation de Java, procéder à des audits internes et faire face à des audits d'Oracle elle-même. Alors que 29 % des personnes interrogées ont déclaré que leur entreprise était confrontée à des problèmes de budgétisation des licences Java d’Oracle, 27 % d'entre elles se sont plaintes de difficultés à interpréter les conditions de licence « souvent opaques » du fournisseur et dépensent aujourd'hui plus de 500 000 dollars par an pour remédier à la non-conformité des licences logicielles. « Un autre problème, du moins pour 28 % des personnes interrogées, concerne la conformité, en particulier la gestion des licences Java dans les environnements hybrides et multicloud. Java étant intégré dans d'innombrables applications d'entreprise, le suivi de l'utilisation dans diverses infrastructures s'est avéré difficile, surtout quand il n'y a pas d'outils d'automatisation robustes », conclut le rapport.
De plus, les personnes interrogées ont souligné que la réalisation par Oracle d'audits sur les licences et l'utilisation de Java a constitué un défi majeur. Un pourcentage impressionnant - 73 % - de personnes interrogées ont déclaré avoir subi un audit Oracle Java au cours des trois dernières années. Selon elles, ces audits sont non seulement fréquents, mais aussi perturbants, avec pour conséquences des ralentissements opérationnels, des restrictions budgétaires inattendues, et même des projets bloqués. Pour contrer les audits d'Oracle, 76 % des personnes interrogées ont déclaré que leurs entreprises effectuent désormais des audits internes de conformité à Java au moins deux fois par an, et un quart d'entre elles le font en permanence, car une seule instance de Java sans licence peut entraîner des pénalités coûteuses. La pression ne s'arrête pas aux audits. Les personnes interrogées ont également indiqué que les tactiques de vente agressives d'Oracle étaient une source de frustration, 21 % d'entre elles l'ayant spécifiquement citée comme un problème.
Une évolution lente, mais constante, vers les alternatives à Java d’Oracle
Pour la plupart des personnes interrogées, le fardeau de la conformité aux règles évolutives d'Oracle est devenu trop lourd, ce qui les a incitées à se tourner vers des alternatives Java open source qui offrent davantage d'économies, de sécurité, de fiabilité, de transparence et de flexibilité. Près de 51 % des personnes interrogées dans le cadre de l'enquête ont cité la sécurité et la fiabilité comme principales considérations lorsqu'elles ont décidé d'abandonner Oracle Java, suivies par 42 % qui ont cité la réduction des coûts, y compris les audits, et 40 % qui ont cité la simplification de la conformité. Sur les 500 personnes interrogées, 15 % ont déclaré avoir déjà achevé leur migration hors d'Oracle Java, 22 % ont déclaré avoir commencé leur migration et 25 % planifient activement une migration.
Enfin, 17 % des personnes interrogées ont déclaré qu'elles souhaitaient abandonner Oracle Java, sans toutefois avoir déjà planifié leur migration. Un rapport de recherche distinct d'Azul basé sur l'enquête et le rapport 2025 State of Java, pour lequel elle a interrogé plus de 2 000 utilisateurs de Java dans le monde, souligne que les répondants ont cité la qualité des logiciels, le maintien des logiciels à jour, la flexibilité de mise à jour des logiciels, les économies de coûts, la visibilité du code source et l'alignement sur les normes ouvertes comme principales raisons d'opter pour des solutions de remplacement d'Oracle Java par des logiciels open source.


