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La France à la peine sur le numérique éducatif

Dans une synthèse, la Depp estime que l'enseignement public en France se caractérise par une faible intégration pédagogique du numérique contrairement à ses voisins européens. Le manque de formation des enseignants et les effets peu concluants des dotations sont notamment pointés du doigt.

La rédaction

En matière d’enseignement du numérique, la France accuse un net retard par rapport à voisins européens C’est ce qu’indique une note de synthèse publiée par la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, ministère de l'Éducation nationale (Depp). Selon les résultats, l’Hexagone occupe le ou les derniers rangs au niveau international, s’agissant du recours aux ressources et outils IT dans les établissements scolaires. Toutefois, il existe des différences notables dans les taux d’équipements selon les niveaux d’enseignement. En 2024, le nombre de terminaux numériques restait quatre fois plus élevé dans le second degré (54 terminaux fixes ou mobiles pour 100 élèves) que dans le premier (14 terminaux pour 100 élèves). Le manque de préparation du corps professoral à l’IT ajoute au faible taux d'équipements.

En effet, les enseignants sont minoritaires (26 % au collège et 14 % à l’école élémentaire soit les taux les plus bas au niveau international) à déclarer que leur formation initiale les a « assez » ou « beaucoup » préparés à l’utilisation de ressources et outils numériques pour l’enseignement. Dans l’ensemble, quatre sur dix considèrent que l’utilisation des technologies contribue à améliorer les résultats scolaires des élèves, mais cette proportion reste à nouveau parmi les plus faibles dans les comparaisons internationales.

La France à la peine sur le numérique éducatif

Utilisations fréquentes des outils et ressources numériques par les enseignants au collège : comparaison européenne (en %) (Source: Depp)

Un usage restreint de l'IA

En parallèle, la note de la Depp relève un usage de l’IA très limité dans l’enseignement : au cours des douze mois précédant l’enquête, 14 % des professeurs au collège et à l’école élémentaire déclarent avoir eu recours à l’IA dans leur enseignement ou pour faciliter l’apprentissage des élèves, soit le taux le plus faible des comparaisons internationales. Pour autant, dans le second degré, les connaissances informatiques des élèves sont satisfaisantes. Près de deux collégiens de 3e sur trois ont les connaissances suffisantes pour utiliser les outils numériques de façon raisonnée, sécurisée et écoresponsable.

En France, les élèves de 4e obtiennent des scores comparables à la moyenne des pays de l’UE en littératie numérique (aptitude à comprendre et à utiliser l'information écrite) et des notes supérieures à la moyenne en pensée informatique. Les enfants socio-économiquement favorisés obtiennent de meilleurs résultats aux tests de compétences numériques que ceux défavorisés.

La France à la peine sur le numérique éducatif

Score moyen en littératie numérique selon le statut socio-économique national. (Source: Depp)

Des dotations favorables aux collégiens

Enfin, dans le cadre du Plan numérique de 2015, les dotations en équipements numériques ont des effets positifs dans le second degré. Au collège, la fourniture des tablettes individuelles a impacté de façon notable les résultats des élèves en mathématiques et en français, avec des scores allant de 9 % à 25 % par rapport à un groupe non équipé. Pour l'école élémentaire, en revanche, les effets sont mitigés. Les données font état d’une influence légèrement positive sur les résultats des élèves obtenus en début de 6e s’agissant du français, et négative sur ceux obtenus en mathématiques, l’ampleur de ces résultats étant très modeste dans les deux cas, à ce titre, ils ne permettent pas de conclure à un effet clair, qu’il soit positif ou négatif, de la politique publique, conclut la Depp.

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