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Pourquoi Borland émancipe (un peu) ses outils de développement
Dossier de la rédaction
Après un quart de siècle fertile en succès mais aussi en échecs, Borland s'est décidé - sous l'impulsion de son président & CEO Tod Nielsen (photo) - à changer complètement de focus, et à filialiser son activité outils de développement : CodeGear.
Aller au sommaireLe parcours de la société Borland peut sembler à première vue erratique : des outils de développement vers la suite bureautique, puis dans les middlewares pour finir avec la gestion du cycle de vie ; malgré quelques tentatives de diversification, de changement d'identité et de fusion avortée, Borland reste finalement attaché à son premier métier : les outils de développement. Retour sur le parcours étonnant d'un des pionniers du logiciel.
Les fondements
Créée au début des années 80, la société Borland démarre réellement son activité en 1983 avec Turbo Pascal. A partir d'un compilateur Pascal écrit par Anders Hejlsberg, la société menée par le Français Philippe Khan ajoute une interface utilisateur et un éditeur de code source et lance le premier environnement de développement intégré (IDE) réellement conçu pour le PC. Vendu dix fois moins cher que les outils IBM ou Microsoft, le succès est foudroyant au point d'anéantir son concurrent de l'époque chez Microsoft. Borland lance ensuite Turbo C, Turbo Assembler et commence alors une longue carrière dans les outils de développement.
L'ère bureautique
Fin des années 80, c'est le boum du Personal Computer et de la bureautique. En 1987, Borland commence alors stratégie une de diversification et acquiert la base de données Paradox. En 1989, il lance son tableur Quattro Pro et en 1991 rachète Ashton-Tate et sa base de données dBase. Borland dispose alors d'une offre bureautique complète et la compétition fait rage avec Microsoft et sa suite Office. Durant cette décennie, Microsoft, avec sa machine marketing redoutable, balayera successivement tous ses concurrents : Lotus, WordPerfect, Software Publishing, etc. De cette époque, il ne restera que Borland qui ne survivra que grâce à ses outils de développement. Son compilateur C++ est alors réputé pour être le plus performant et le plus proche du standard.
Borland recentre alors son activité sur son premier métier et revend Quattro Pro en 1994 à Novell. En 1995, il lance la première version de Delphi, une évolution RAD (développement d'applications rapide) et objet de Turbo Pascal qui connaîtra lui aussi le succès. Java pointe le bout de son nez et Borland lance la première version de JBuilder.
Mais les tensions au sein des dirigeants commencent à se faire sentir au sujet de la stratégie de la société. Philippe Kahn est démis de ses fonctions de PDG qu'il occupait depuis 12 ans mais reste au conseil d'administration. En 1996, il quitte la société pour fonder Starfish. Borland revend Paradox à Corel en 1997 et cède dBase en 1999. L'âge d'or de la bureautique est révolu.
L'ère distribuée
Milieu des années 90, Internet bat son plein, Java prospère et les architectures multi-tiers ont le vent en poupe. Le monde du développement subit alors une profonde mutation. Fini l'époque du programmeur qui « pisse » du code dans son coin, les équipes de développement doivent prendre en compte ces architectures distribuées. Borland embrasse cette vision et se lance à fond dans le middleware en acquérant fin 1997 Visigenic, éditeur d'un serveur d'application Java et d'un broker Corba, Visibroker for C++ and Java. Le choc culturel est terrible au sein de Borland et la société décide de changer de nom pour absorber cette nouvelle identité. Borland devient alors Inprise, pour refléter sa forte orientation entreprise. L'objectif est de fournir des solutions complètes intégrant outils de développement et middlewares d'entreprise.
La sauce ne prend pas, la nouvelle identité a du mal à s'imposer. Les pertes financières sont sévères, les dirigeants se succèdent. Dave Fuller, un ancien d'Apple, prend la tête du groupe en 1999.
Début 2000, Corel veut racheter Inprise. L'objectif est de fournir des solutions pour Linux. La fusion échoue suite à la chute de l'action Corel. En novembre 2000 Inprise reprend le nom de Borland. Fin d'une période qui coûtera cher à Borland, non pas à cause du choix stratégique des technologies qui restent toujours d'actualité, mais du choix marketing malheureux.
L'ère ALM
2001, Delphi et JBuilder se portent bien. Microsoft vient de lancer sa plate-forme .NET mais ce sont les services Web qui font l'unanimité. Borland poursuit une politique agnostique d'ouverture et d'interopérabilité et ses outils se déclinent aussi bien en Java qu'en .NET, sur Linux ou sur Windows. Des environnements de développement Open Source voient le jour, tels que NetBeans, initié par Sun.
Fin 2001, un nouveau venu va bouleverser le monde des IDE. IBM met en Open Source une plate-forme de développement Java qui deviendra Eclipse. La communauté des développeurs adopte massivement cet environnement et les éditeurs se rallient au fur et à mesure au projet. Eclipse grignote inexorablement des parts de marché.
En 2002, Borland adopte alors une stratégie plus globale du développement et se lance dans le domaine de la gestion du cycle de vie des applications (ALM, Application Lifecycle Managment). Pour cela, il entreprend une série d'acquisitions de technologies. Fin 2002, Borland rachète Starbase qui lui amène la gestion de configuration StartTeam et la gestion des exigences CaliberRM. Dans la foulée, Borland rachète TogetherSoft qui lui apporte la modélisation UML Together. Ces produits seront progressivement proposés dans les offres packagées avec Delphi et JBuilder.
Borland peaufine sa stratégie et lance en 2004 son concept marketing SDO (Software Delivery Optimization), censé chapeauter l'ALM avec des fonctions de gouvernance. Début 2005, l'éditeur acquiert TeraQuest, un cabinet de consultants qui apporte une compétence sur la méthodologie CMMI (Capability Maturity Model Integrated).
Début 2005, Borland lance Core SDP, son premier produit ALM, fruit des diverses acquisitions et concrétisation de son concept SDO. Il s'agit en fait des produits déjà présents dans l'offre ALM (CaliberRM, Together, Jbuilder, OptimizeIt, StarTeam) mais packagés avec une meilleure intégration. StarTeam notamment fournit un véritable workflow pour gérer les différents processus. A l'instar de ses concurrents IBM Atlantic et Microsoft Team System, Borland Core SDP propose une approche orientée rôle ou domaine de processus (Analyste, Architecte, Développeur, Testeur).
Vers la gouvernance
Fin 2005, Borland rachète Legadero qui vient compléter l'offre ALM avec la solution de gouvernance Tempo.
En février 2006, Borland annonce l'acquisition de Segue, éditeur d'outils de qualité et de tests. Mais dans le même communiqué, l'éditeur annonce son intention de se séparer de ses outils de développement. L'activité IDE est en déclin depuis 2002, JBuilder n'a pas résisté à la tornade Eclipse, alors que l'activité ALM connaît une croissance à deux chiffres. La branche développement « Developer Tools Group » est créée et est en charge de trouver un acquéreur. C'est la consternation dans la communauté des développeurs Borland.
Dans le même temps, Borland continue sur sa lancée et annonce une solution de gestion de la qualité tout au long du cycle de développement, LQM (Lifecycle Quality Management), résultat de l'acquisition de Segue et de Gauntlet. Cela correspond à un nouveau rôle de Qualiticien dans l'offre Core SDP.
Novembre 2006, faute de repreneurs valables, Borland décide finalement de filialiser ses outils de développement et crée la filiale CodeGear. La nouvelle entité sera entièrement indépendante dès 2007 et disposera de son propre budget de fonctionnement.
Encore une nouvelle identité ! Pourquoi dissocier de nouveau le nom de Borland des outils de développement ? Suivra-t-elle le funeste destin d'Inprise ? Non, selon Bruno de Combiens de Borland France, le monde du développement a changé et Borland se doit de s'adapter à ce changement : « Nous sommes passés d'un développement focalisé sur la productivité du développeur, puis sur celle de l'équipe de développement à aujourd'hui sur celle de l'organisation entière. Borland commence à se faire un nom dans le marché naissant de l'ALM et doit se détacher d'une vision trop étroite des outils de développement. » A terme, l'objectif est de fournir un véritable progiciel de développement.
De la grande époque du logiciel des années 80, il ne reste aujourd'hui plus grand monde : IBM, Microsoft et Borland. Malgré de nombreux déboires, de changements de stratégie, de direction, Borland a survécu grâce à ses outils de développement. Finalement, l'éditeur californien perpétue la légende et reste fidèle à son métier d'origine. Aujourd'hui, le concept même d'outils de développement a profondément changé et n'est plus confiné à l'IDE du développeur. La vision ALM est sans aucun doute la vision juste à long terme, les autres grands éditeurs comme IBM, Microsoft ou Compuware l'ont compris et y sont déjà engagés. Dans cette course, Borland se distingue par des solutions agnostiques et ouvertes : Eclipse ou Visual Studio, Java ou .NET, Linux ou Windows. Cela sera-t-il suffisant ?
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L'avenir des lignes de produit
La filialisation de CodeGear montre clairement deux lignes de produits, l'ALM pour Borland et les outils de développement pour CodeGear.
En route vers Prometheus
Dans le domaine de l'ALM (Application LifeCycle Management), Borland va continuer d'étoffer son offre.
Annoncé en 2005, Core SDP (Software Delivery Platform), anciennement connu sous le nom de code « Themis », concrétise la vision ALM de Borland initiée en 2002. Cette solution constitue la fondation du travail collaboratif entre différents rôles : Analyste, Architecte, Developpeur et Testeur. L'ensemble s'appuie sur un workflow couplé à un gestionnaire de configuration.
Durant l'année 2006, Borland a annoncé une solution de management et de gouvernance informatique avec Tempo, qui implique les rôles de gestionnaire financier, gestionnaire de ressources et gestionnaire de projet. L'éditeur a également annoncé une solution de gestion de la qualité avec Silk et Gauntlet impliquant le rôle de qualiticien.
Ces modules s'interfacent naturellement aux autres produits de la gamme Core SDP à un niveau supérieur. Leur intégration avec les couches basses d'engineering (exigences, modélisation, codage...) est en cours de réalisation. A terme, cela devrait mener à la concrétisation du projet « Prometheus », l'ERP du développement logiciel tel que décrit il y a deux ans lors de la BorCon. Les briques sont quasiment toutes là, il ne manque plus qu'un portail de reporting et une couche de modélisation dans le déploiement. Borland y travaille et devrait sortir quelque chose en 2007. Par rapport au projet initial de Prometheus, certains concepts ont changé depuis, dans le packaging par exemple ou même dans l'ALM (on parle aujourd'hui ALM 2.0). Il est probable, selon Bruno de Combiens de Borland France, que l'on verra un Core SDP 2.0, qui du coup risque de changer de nom. Les rumeurs d'abandon de Core SDP avaient sans doute quelque fondement...
En route pour Eclipse et Visual Studio
Mise à jour du 06/12/06 : la portion de l'article qui suit a été réécrite suite à un entretien avec Ludovic Neveu, de CodeGear Europe. Nous laissons l'article existant à son emplacement initial, et vous invitons à vous reporter au nouvel article au sein de ce dossier.
Chez CodeGear, du côté des outils de développement, la situation va s'éclaircir. La filialisation aura eu le mérite de sauver la branche développement. Si elle était restée au sein de Borland, elle se serait asphyxiée faute de budget, Borland n'ayant pas les moyens d'investir de la R&D à la fois dans l'ALM et les IDE. Filialisée mais dans le giron de Borland, la branche retrouve un budget de fonctionnement, ponctionné dans celui de l'ALM. Mais un budget réduit qui ne lui permet pas de développer elle-même des IDE. Désormais, les outils de développement devront s'appuyer soit sur Eclipse, soit sur Visual Studio.
Premier résultat de cette politique, JBuilder abandonne le socle technique PrimeTime (écrit en Java et qui perdurait depuis la version 3.5 de 1997) et bascule aujourd'hui sur la plate-forme Eclipse avec JBuilder 2007.
Cette politique signe également l'abandon du moteur de l'IDE de Delphi. Comme cela l'avait déjà été annoncé, les prochaines versions utiliseront Visual Studio comme socle technique. Delphi continuera d'être commercialisé en tant que produit autonome mais pourrait donc inclure un runtime de Visual Studio. Si les développeurs Delphi risquent de s'y perdre, l'avantage avancé est que Delphi sur Visual Studio permettra comme avant de développer soit pour .NET, soit pour Windows grâce au support de la bibliothèque VCL.
Delphi, en tant que produit, a été renommé en Borland Developer Studio (BDS) et intègre les langages C++, Delphi et C#. Ces trois langages supportent la VCL. Ce qui implique que dans les futures versions, C++ et C# utiliseront respectivement les compilateurs natifs C++ et C# de Microsoft mais continueront de bénéficier de la VCL. Une version de BDS sous Visual Studio avec une VCL compatible Vista est attendue pour 2007.
Faute de débouchés, Kylix, le Delphi pour Linux risque fort d'être abandonné.
L'effort de CodeGear devra maintenant se porter sur une différenciation de ses produits sur Eclipse et Visual Studio par rapport à la concurrence. Avec pour handicap de partir affublé d'un nom encore inconnu dans la communauté, même si l'ombre de Borland plane derrière.
N.B. : Cet article a été modifié le 04/12/06, le texte "Cette politique signe également l'arrêt de Delphi en tant qu'IDE autonome. Les prochaines versions viendront se greffer sur Visual Studio, comme un nouveau langage de la plate-forme .NET." résultait d'une mauvaise interprétation, et a été remplacé par "Cette politique signe également l'abandon du moteur de l'IDE de Delphi. Comme cela l'avait déjà été annoncé, les prochaines versions utiliseront Visual Studio comme socle technique. Delphi continuera d'être commercialisé en tant que produit autonome mais pourrait donc inclure un runtime de Visual Studio."
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CodeGear en route pour Eclipse et .Net
Dans la filiale outils de développement, le ton se veut rassurant. Depuis l'annonce de la scission en février, l'équipe n'a eu de cesse de répéter que rien n'allait changer pour les clients, que les feuilles de route annoncées il y a un an seraient respectées.
Du côté de Java, une version de JBuilder basée sur Eclipse était prévue pour fin 2006. Promesse tenue, JBuilder abandonne le socle technique PrimeTime (écrit en Java et qui perdurait depuis la version 3.5 de 1997) et bascule aujourd'hui sur la plate-forme Eclipse avec JBuilder 2007.
Selon la feuille de route, une version JBuilder 2008 devrait voir le jour fin 2007 incluant des outils RAD pour le développement Web et le support de frameworks Open Source (Spring, Hibernate, Shale...). Une version JBuilder 2009 est également prévue pour fin 2008. Les futures versions de JBuilder devraient inclure des outils facilitant le développement d'application SOA, l'intégration avec les produits ALM de Borland et d'autres solutions Open Source.
De toute évidence JBuilder perdait des parts de marché face à Eclipse. Le choix de basculer sur la plate-forme Open Source est sans aucun doute un choix raisonnable.
Du côté Delphi, maintenir le cap est également à l'ordre du jour. Delphi, en tant que produit, a été renommé Borland Developer Studio (BDS). BDS (que l'on continue à appeler Delphi par abus de langage) intègre les langages Delphi, C++ et C# et se veut une alternative à Visual Studio de Microsoft. BDS s'appuie actuellement sur un socle technique appelé Galileo qui lui permet de développer à la fois pour Win32 (Delphi Win32, C++) et pour la plate-forme .NET (Delphi .NET, C#).
Contrairement à ce qu'il avait été écrit dans une précédente version de cet article, CodeGear n'a pas l'intention d'abandonner ce socle technique pour les prochaines versions de Delphi et dément toute intention d'utiliser le socle technique de Visual Studio (source : Ludovic Neveu, CodeGear EMEA).
La prochaine version de Delphi, nom de code Highlander, est prévue pour début 2007 et sera axée sur le support complet de .NET 2.0.
Pour l'été 2007, on attend un Highlander pour Vista supportant les technologies Windows Presentation Foundation (WPF), Windows Communication Foundation (WCF), les API WinFX de Microsoft ainsi que le support de C++ managé.
Pour sa part, Delphi lui aussi commençait à perdre des parts de marché. Les versions postérieures à Delphi 6 n'ont pas convaincu les utilisateurs, certains ont migré vers Java, d'autres vers Visual Studio .NET... Cette feuille de route est censée attirer de nouveaux les développeurs Delphi. Mais elle ne fait pas l'unanimité dans la communauté des développeurs Delphi.
Dans une lettre ouverte à Borland/DevCo et à la communauté Delphi, Simon Kissel, utilisateur de Delphi et auteur de CrossKylix, démontre clairement qu'avec cette feuille de route, Borland va droit dans le mur et propose une feuille de route alternative. Borland n'a pas les moyens de concurrencer Microsoft sur le terrain .NET et les efforts gigantesques déployés pour tenter de le faire se font au détriment des fonctionnalités primordiales que réclament les utilisateurs depuis longtemps, telles que le support de Win64 et de Unicode. Pour Michael Swindell de CodeGear, les données avancées par Kessel, qui s'appuient sur la communauté des newsgroups, ne tiennent pas compte de la clientèle entreprise constituant la majorité des revenus de Delphi.
Comment gérer le décalage avec les versions du framework .Net ?
En 2007, Delphi proposera le support de .NET 2.0, alors que chez Microsoft, la version 3.0 du framework est sortie. Avec Vista, le saut technologique est encore plus énorme. On ne voit pas bien comment, avec ses 200 employés, CodeGear pourrait perpétuellement réinventer l'eau chaude pour concurrencer l'armada des développeurs à Redmond, pour au final se retrouver toujours en retard d'un train technologique.
CodeGear devrait peut-être se concentrer sur ce qu'il sait le mieux faire, un langage Pascal objet avec une bonne bibliothèque VCL qui a fait ses preuves et envisager d'utiliser le socle technique de Visual Studio pour tout l'aspect .NET. D'autant que Borland et Microsoft ont signé des accords d'échanges technologiques. D'autres produits ont déjà franchi le pas, citons par exemple Chrome de RemObjects, une implémentation de Pascal objet sous .NET et Mono qui propose une version autonome embarquant l'IDE de Visual Studio. Pour autant, il n'y a rien de honteux pour un produit de se retrouver en tant que plugin de Visual Studio ou d'Eclipse, en témoigne la carrière florissante de Together. D'autant que cela pourrait redonner un coup de fouet à l'écosystème Delphi qui trouverait sur la plate-forme .NET de nouveaux débouchés.
Passer Delphi sur le socle Visual Studio entre dans la même logique que passer JBuilder sur le socle Eclipse. Une démarche pragmatique dictée par la loi du marché et qui pourrait sans doute sauver CodeGear d'un éventuel naufrage.
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Interview de Michael Swindell, vice-président produits et stratégie, CodeGear
Pourquoi Borland a-t-il finalement choisi de filialiser son entité outils de développement ?
Borland s'est transformé en une entreprise différente, focalisée sur l'ALM [Application lifecycle management, gestion du cycle de vie des applications, NDLR], son rôle va maintenant au-delà du développement, vers le test, la planification, l'analyse... A l'inverse, la division outils s'est toujours consacrée à 100% aux développeurs, cela devenait donc difficile de garder ce focus au sein de Borland. Borland doit avoir une stratégie ouverte sur tous les outils de développement, tandis que nous avons besoin d'être indépendants d'une stratégie liée à l'ALM. En outre, nos clients sont les développeurs individuels et les équipes de développement, tandis que Borland parle davantage au niveau des départements informatiques et de leurs responsables.
Ces arguments étaient déjà présentés au moment où Borland annonçait vouloir trouver un acquéreur. La filialisation a-t-elle été choisie faute de prétendants ?
Il existait plusieurs options. Nous avons eu des contacts avec des sociétés d'investissement très intéressées. Mais nous avons finalement décidé que le mieux pour les outils et nos clients serait non pas de faire une société séparée, mais plutôt une filiale -Borland jouant le rôle d'un investisseur - regroupant tous les gens et produits (outils de développement et base de données), avec un management renouvelé, tel que Ben Smith [qui en prend la direction].
Quelles sont les perspectives de rentabilité de CodeGear ?
Je suis très confiant dans notre capacité à être une société profitable. Je pense que nous serons plus transparents sur le sujet en 2007. Mais vous savez, pour Borland, il ne s'agit pas d'une affaire de rentabilité, c'est vraiment lié à un problème de focus différent, qu'il s'agisse de la communication, des ventes, du marketing...
Avez-vous l'intention de vous introduire en Bourse ?
Si l'opportunité se présente, nous l'accueillerons volontiers. Mais dans l'immédiat, notre volonté est de sortir de nouveaux produits. D'ailleurs, cette année, nous avons agi comme une entité indépendante, et vous avez pu voir que nous avons sorti plusieurs nouvelles versions de produits. La passion et l'excitation sont revenues.
Avez-vous déjà établi une stratégie produits ?
Nous aurons davantage d'informations à donner en janvier sur nos sorties produits pour 2007 et 2008, mais vous pouvez déjà vous attendre à voir des choses arriver dans le domaine des langages dynamiques : PHP, Ruby, Ajax...
Que va devenir JBuilder ? Pourquoi, par exemple, ne pas ouvrir le code de votre framework PrimeTime ?
Le framework Eclipse fait partie de la plate-forme Java, aujourd'hui. Il s'agit donc pour nous de trouver un moyen d'ajouter de la valeur, plutôt que de livrer PrimeTime en Open Source et de tenter de le concurrencer. La valeur n'est plus là.
En tant que société autonome, devrez-vous joindre de nouveau Eclipse ? Et dans quels projets choisiriez-vous de vous impliquer ?
Nous allons déterminer ce point. Nous évaluons les projets les plus appropriés pour nous.
Comptez-vous offrir un outil spécifique pour développer des clients riches ?
Les développeurs en ont-ils besoin ? Nous regardons bien sûr ce marché, et s'il s'avère qu'il y a un grand intérêt de la part de nos clients, nous verrons ce que nous pouvons faire.
Que pensez-vous du passage de Java en GPL ? Continuerez-vous de recourir à la version commerciale ?
Tout dans l'écosystème Java était Open Source, en-dehors de Java lui-même ! Quand vous regardez tous ces projets Java, cela leur rend les choses plus simples. De notre côté, en tant que partenaire de Sun, nous avions déjà la possibilité de faire les choses de façon aisée, et nous continuerons de payer pour la licence. La plupart de nos clients sont des entreprises, qui ont besoin de la distribution commerciale. Mais si un client demande la GPL, nous lui fournirons, bien sûr.
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Liens utiles
La FAQ de Borland sur la création de CodeGear
L'histoire de Borland sur la Wikipedia
L'histoire de Borland sur la Wikipedia