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L'approche Devops commence à séduire les entreprises
« C’est terminé le déploiement d’un logiciel lourd avec des upgrades tous les ans, place à l’agilité et au développement continu grâce au Devops tout en réduisant la chaine intermédiaire », lance Sylvain Siou, director systems engineering EMEA chez Nutanix. A en croire le deuxième baromètre DevOps en France réalisé par IDC (en partenariat avec Automic Software, Avanade et Serena Software) en septembre 2016, la tendance du Devops est bien là. Ainsi, 29 % des entreprises avaient formellement intégré DevOps dans leurs processus en 2016 contre 25 % en 2015, soit une progression de +15 % sur un an. IDC estime même que 46 % des entreprises françaises sont déjà fortement sensibilisées à l'approche DevOps. Sur le terrain, lors de nos différentes matinées débats auprès de décideurs IT, qui se déroulent dans 8 grandes villes, notre rédaction a pu constater cet engouement autour du DevOps notamment pour les nouveaux projets. Il faut dire que les deux premiers bénéfices du Devops, à savoir le délai de mise en œuvre sur le marché (Time to Market) des applications et des environnements auprès des métiers et de leurs clients puis l’amélioration de la qualité des développements applicatifs séduisent les entreprises dans un contexte ou l’ubérisation menace des pans entiers de nos industries.
Plusieurs grands groupes français se sont déjà engagés dans le DevOps à l’instar de la Société Générale. La banque a, par exemple, décidé dès 2013 d’évoluer vers ce concept en utilisant, dans un premier temps, différents services d’automatisation (solutions d’automatisation de HPE à l’époque dont Cloud Service Automation) pour gérer le cycle de vie de plusieurs centaines d’applications en production et pour aider ses développeurs à livrer plus rapidement des applications en passant de quelques jours à quelques heures dans des environnements standards ou dans le Cloud. Comment ? En diminuant les tâches répétitives, en réduisant le temps de provisionnement, en diminuant le nombre de releases. En parallèle, le groupe bancaire a aussi gagné en agilité et en fiabilité.
D’abord une démarche organisationnelle
Depuis, la banque poursuit sa démarche DevOps. A ce titre, lors de la conférence Devops REX organisée le 28 novembre dernier à Paris, deux coachs DevOps Adrien Blind et Laurent Dussault de la Société Générale ont expliqué comment ils avaient, depuis 3 ans, engagé leur rapprochement entre les équipes (opérationnelles, métiers et développeurs) et distiller des nouvelles pratiques en prenant en compte l’existant. De même pour le géant de l’assurance Axa qui a mis en place des features teams au sein de la DSI, ce qui a permis de créer une proximité entre les équipes métiers et l’IT pour proposer des solutions adaptées aux besoins des clients. Le rapprochement des équipes n’est pas forcément un exercice facile mais Axa a développé, dès 2015, une approche ludique en faisant participer ses équipes à des ateliers. Par exemple, construire un robot (Lego Mindstorm) et développer un logiciel pour qu’il trouve seul son chemin dans un labyrinthe. Dans un premier temps, Axa a donc positionné les développeurs (devs) d’un côté, et les opérationnels (ops) de l’autre, sans communication physique pour des résultats non concluants (robots immobiles ou mauvaise trajectoire du robot).
Dans un second temps, Axa a mélangé les devs et les ops et là, les résultats étaient plutôt positifs avec une véritable collaboration entre les équipes et des tests concluants sur les robots, une équipe a même atteint son objectif. Dans l’exemple d’Axa, nous pouvons percevoir l’importance de la formation à l’initiative DevOps auprès de tous les collaborateurs de l’entreprise afin d’éviter prioritairement aux équipes de continuer à fonctionner sur un modèle cloisonné. Pour Jean-Louis Lormeau, digital performance architect chez Dynatrace, ne pas prendre la peine d'éduquer et de former tout le monde aux processus et aux technologies cross-fonctionnelles, c'est vouer la démarche DevOps à un échec certain. « Les changements humains restent les principaux freins au développement de Devops qui réclame une nouvelle façon de travailler. Bref, le collaborateur n’est plus identifié à une case. L’infrastructure devient programmable, de ce fait, même les administrateurs systèmes évoluent avec de nouvelles compétences dans le scripting pour comprendre les développeurs. La valeur n’est plus dans la plomberie mais dans les couches plus hautes », conclut Sylvain Siou, director systems engineering EMEA chez Nutanix.
NoOps... No Future... ?
L’imagination des cabinets d’études est sans limite à l’image de Forrester qui a inventé le terme de NoOps (No Operations). D’ailleurs, il faut remonter à 2011 pour entendre la première fois ce concept de NoOps par Forrester dont le but est d’automatiser complétement le déploiement, la surveillance et la gestion des applications et l'infrastructure sur laquelle elles fonctionnent. En clair, plus besoin d’équipes opérationnelles dans les entreprises, les développeurs suffisent et sont responsables du cycle de vie des applications et des environnements. En 2017, qu’en est-il concrètement du NoOps ? Pas grand-chose, car les entreprises n’ont tout simplement pas l’intention de confier les clés de la gestion de leur système d’information aux développeurs, même si en théorie avec le NoOps, l’automatisation se substitue aux opérationnels. De plus, pour l’heure, les développeurs n’ont pas les compétences à gérer des technologies souvent hétérogènes et complexes qui se trouvent dans les infrastructures. A chacun son métier, pourrait-on dire !