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Applications & DéveloppementGrand dossier4 articlesPublié le

Le low-code redistribue les cartes du développement applicatif

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Face à la transformation numérique, l'entreprise est devenue aujourd'hui une véritable société éditrice de logiciels. La demande d'applications est très forte en interne, elle est même, selon le cabinet Gartner, cinq fois supérieure à la capacité de production.

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Article 1 sur 4

Un grand pas vers la simplification dans le développement d'applications

Par La RédactionPublié le 2 janvier 20183 min de lecture

« Aujourd’hui, le besoin de simplifier le développement d’applications se fait réellement sentir et le low-code y répond. Depuis 2012, une certaine maturité sur le positionnement du low-code est perceptible afin qu’il soit accessible à des utilisateurs autres que des développeurs », constate Fabien Bouquignaud, fondateur de Solypse, un cabinet d’ingénierie spécialisé dans les projets de transformation numérique sur mesure. Rappelons que le low-code permet de créer et de mettre rapidement en production des applications en limitant l’écriture de lignes de code au profit de briques facilement transposables par de simples glisser-déposer. « Le code, c’est pour les puristes. Les entreprises veulent aujourd’hui des choses plus simples, plus d’automatisation et moins de complexité dans les processus, le low-code deviendra une commodité », assure, de son côté, Stéphane Antona, vice-président marketing Europe d'Appian. « Les plateformes low-code nous permettent aussi de réaliser rapidement du maquettage et de travailler en cycle court avec des équipes réduites », renchérit Fabien Bouquignaud. A en croire nos interlocuteurs, les plateformes low-code séduisent et la demande de la part des entreprises serait de plus en plus importante.

Selon le cabinet Forrester, qui a commencé à étudier sérieusement le phénomène il y a un peu plus de trois ans, le marché mondial du low-code devrait passer de 1,6 milliard de dollars en 2015 à près de 15 milliards en 2020. Gartner, quant à lui, (identifié aPaaS par Gartner pour Application platform as a service) indique même qu'à court terme, une application sur deux sera en low-code. La startup française Anakeen, qui édite sa plateforme low-code éponyme, constate cet engouement en France, elle réalise d’ailleurs 80 % de son business grâce au secteur public. « Les entreprises du secteur public mènent depuis un certain temps leur transformation digitale et n’hésite pas à faire appel à nos compétences. Grâce à notre plateforme, nous sommes capables de diviser par quatre le temps de développement et augmenter par 10 leur productivité », précise Mickaël Kwasnik, directeur commercial et marketing d’Anakeen. A titre indicatif, l’effectif de la startup a doublé en 2017 en passant à 20 salariés, une croissance interne qui montre bien l’intérêt porté par les plateformes low-code dans l’hexagone.

Une forte demande intérieure portée essentiellement par les grands comptes

Le cabinet Solypse constate aussi cette tendance mais assure que la demande française émane surtout des grands comptes. Un avis que partage Miguel Valdes-Faura, le CEO de Bonitasoft : « Nous concernant, la demande française provient effectivement des grands comptes, surtout depuis deux ans. Les entreprises sont désormais plus axées sur l’applicatif et de moins en moins sur les process. » Parmi les multiples exemples, citons la filiale de gestion d’actifs de Natixis (Natixis Asset Management) qui exploite la plateforme Appian pour créer des algorithmes de ses produits financiers ou encore Axione, un important acteur dans le déploiement de la fibre et filiale de Bouygues Energies & Services, qui utilise aussi, depuis 2013, la solution Appian pour industrialiser ses méthodes de travail et ainsi améliorer son niveau global de productivité et de compétitivité. Citons aussi Michelin qui, via le framework Salesforce Lightning Bolt, a créé en quatre mois une plateforme accessible à tous les concessionnaires pour rechercher une référence de pneumatique par exemple, lui permettant ainsi de mieux gérer ses stocks internes. Autre exemple, celui d’Alptis (voir notre témoignage client ci-dessous), le groupe de protection sociale a fait le choix de la plateforme Bonita BPM pour développer plus rapidement de multiples applications interconnectées. Enfin, dernier exemple, 2B’Fresh, une jeune entreprise de distribution de produits alimentaires japonais ultra frais qui a utilisé la plateforme de Simplicité Software pour créer plusieurs applications dont la gestion des tournées de livraison, la gestion et calcul des précommandes ou encore le reporting opérationnel.

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Les forces en présence

Par La RédactionPublié le 2 janvier 20184 min de lecture

A en croire nos interlocuteurs, Salesforce a sûrement été l’un des grands prometteurs du low-code. Chez l’éditeur, ce virage marquant vers le low-code s’appelle Lightning, lancé en 2015 et qui introduit une nouvelle interface dynamique et une nouvelle façon de programmer. « Moi-même, avant ma nouvelle fonction, je codais au centre de recherche de Salesforce sur Visualforce depuis la plateforme Force.com. A la demande de nos clients, nous avons lancé Lightning qui a apporté une grande fraicheur à notre plateforme et à l’expérience de l’utilisateur. C’est une refonte de A à Z, on peut faire ce que l’on veut avec cette interface dynamique sans forcément maîtriser les codes du développement », résume Guillaume Aurine, directeur marketing produit chez Salesforce France. Depuis, Salesforce a, via sa place de marché AppExchange, ouvert Lightning à tous ses partenaires, lesquels ont créé de nombreux composants dynamiques. Aujourd’hui, Lightning se résume à 110 000 développeurs, un million de composants et 300 000 applications personnalisées. Depuis peu, l’intelligence artificielle vient même enrichir la plateforme de Salesforce permettant d’identifier les composants qui correspondent le mieux aux besoins de l’utilisateur. A l’instar du californien, de nombreux éditeurs suivent la tendance et proposent des plateformes low-code. Le cabinet Forester a identifié un certain nombre d’acteurs leaders dont OutSystems, Mendix Appian, ServiceNow ou encore K2, une plateforme utilisée entre autres par Juva Santé pour améliorer son contrôle budgétaire. La France compte aussi un certain nombre d’éditeurs spécialisés comme Bonitasoft (avec une forte présence en Amérique du Nord), Anakeen, Itesoft W4 ou encore Simplicité Software.

Du développement applicatif en low-code…

Tous ces éditeurs peuvent être classés en trois catégories : les acteurs issus du monde applicatif et du web comme Salesforce, Microsoft (Power Apps) et Google (avec Google App Maker) ; les pure players comme Mendix, Simplicité Software et OutSystems et les éditeurs venus du secteur du BPM et du Workflow comme Service Now, Appian, PegaSystems, K2, Bonitasoft ou Itesoft W4. « D’un marché de niche, le low-code deviendra un marché colossal avec une multitude d’éditeurs. Bien sûr, ce marché se consolidera dans les 5 à 10 ans à venir », affirme Mickaël Kwasnik, directeur commercial et marketing et l’un des quatre associés d’Anakeen. A ce titre, la plateforme Anakeen a réellement été conçue en 1998 par Yannick Le Briquer, l’ancien directeur monde de la ligne business chez Steria. Son objectif était d’offrir un outil de gestion de l’information tout en open source et mettant quelques années pour en décrire les spécifications, la première version a seulement été publiée en 2008. Aujourd’hui, Anakeen renferme donc un certain nombre d’outils pour accélérer le développement. « L’outil se comporte comme un générateur de code qui prend la structure de l’objet métier via un modeleur graphique et, par la suite, la plateforme va générer tout le code. Coté Back-End, nous supportons le PHP et en Front-End, nous sommes en HTML 5 », précise Mickaël Kwasnik. Plus généralement, avec leur plateforme respective, les éditeurs fournissent cinq éléments essentiels aux utilisateurs : une interface graphique dynamique pour créer des composants, des templates déjà prédéfinis, des fonctionnalités de documentation automatiques pour faciliter l’usage des composants, des générateurs automatiques de code et des outils pour gérer tout le cycle de vie d’une application.

… à la mise en production

Effectivement, la tendance low-code a également gagné toute cette phase de mise en production et de cycle de vie des applications, l’objectif étant toujours de gagner du temps en automatisant davantage et donc en diminuant les tâches manuelles. Prenons l’exemple de Platform.sh, un éditeur français qui propose une plateforme pour créer des environnements de pré-production à la volée. « A la différence d’un Force.com en low-code qui s’adresse aux business users, nous, avec Platform.sh, nous ciblons les développeurs qui souhaitent accélérer la mise en production de leurs applications. Nous gérons, sans code, tout le cycle de déploiement de ces applications », explique Frédéric Plais, le dirigeant de Platform.sh. Et bien sûr, toute cette puissance du déploiement continu est disponible la plateforme Cloudwatt d'Orange Business Services depuis mars 2016 (Platform.sh est aussi accessible depuis les clouds d’AWS et de Microsoft Azure). Ainsi, les utilisateurs se concentrent uniquement sur le développement de leurs applications et de leurs sites web et ignorent complètement l'infrastructure d'hébergement et des opérations systèmes.

Le cloud, pour plus de flexibilité

Le point commun entre toutes ces plateformes low-code est qu’elles sont accessibles en SaaS ou dans le cloud. De ce fait, les utilisateurs retrouvent généralement la souplesse et la flexibilité apportées par le cloud notamment pour la gestion de la plateforme. « Avec Appian en mode SaaS, nous bénéficions tous les trimestres de nouvelles fonctionnalités. Cette accessibilité nous permet aussi de diminuer le délai de production des applications », admet Fabien Bouquignaud fondateur de Solypse. Bien sûr, les éditeurs proposent aussi une disponibilité en on-premise, un choix d’ailleurs privilégié par Bonitasoft. « Nos clients ne veulent généralement pas que l’on opère la plateforme à leur place, nous la commercialisons donc le plus souvent en on-premise. Toutefois, si Bonitasoft n’opère pas sa plateforme, nous avons créé un outil qui permet de la déployer, en tant que service managé, dans le cloud d’AWS », précise Miguel Valdes-Faura, le CEO de Bonitasoft.

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Le citizen developer, une cible prioritaire pour les éditeurs de plateformes low-code

Par La RédactionPublié le 2 janvier 20184 min de lecture

Qui sont vraiment les utilisateurs de ces plateformes ? Cette question fait débat chez les éditeurs même si tous reconnaissent qu’il faut encourager les utilisateurs, qui ne sont pas tous des développeurs chevronnés, à s’approprier leurs outils. Chez Appian, par exemple, la cible est clairement identifiée, ce sont les citizen developers, ces codeurs amateurs qui proviennent souvent des métiers et qui possèdent déjà une certaine appétence au développement en général. « En utilisant notre plateforme, les utilisateurs comprennent le langage qui est la brique et grâce à ces briques, ils sont capables, sans être des développeurs dans l’âme, de construire des applications. N’oublions pas que les plateformes low-code permettent également de combler la pénurie des développeurs que rencontrent les entreprises » précise Stéphane Antona, vice-président marketing Europe d'Appian. Chez Tibco, le message est aussi d’encourager ces citizen developers qui se servent des outils disponibles pour créer des applications qui leur serviront dans le cadre de leur travail et ainsi évoluer vers une informatique qualifiée de self-service toujours plus simple d’accès. A ce titre, Tibco a créé Live Apps, une solution pour développer des applications sans code dont la particularité est de reposer entièrement sur des API.

De son côté, Salesforce, depuis l’arrivée de Lightning en 2015, s’adresse même à tout type de population dans l’entreprise. Mais pour Miguel Valdes-Faura, le CEO de Bonitasoft, tout dépend du projet et d’où l’on vient. « De mon point de vue, des éditeurs comme Mendix qui viennent du monde applicatif ont plus d’entrain à revendiquer une programmation proche de zéro pour leurs plateformes. Nous, chez Bonitasoft, venons du BPM traditionnel, nous nous focalisons en priorité sur des applications complexes qui nécessitent aussi à un moment donné de créer une interopérabilité avec d’autres applications et les réaliser graphiquement est parfois plus complexe. Les développeurs restent donc notre principale cible. Je dirais que nous proposons une approche mixte entre l’approche glisser-déposer et le codage à la main. »

De son côté, le directeur commercial et marketing d’Anakeen est plutôt partagé : « Ce terme de citizen developer signifie-t-il de recourir à des utilisateurs métiers qui ont une certaine compétence dans le développement, par exemple, ceux qui sont déjà capables d’écrire une macro Excel ou Access ? La plateforme Anakeen permet effectivement de réduire le nombre de lignes de code mais nous considérons malgré tout qu’il faut être un vrai développeur dans l’âme. De plus, mener un projet d’application métier en mode agile avec des phases d’explications et d’itérations n’est pas forcément à la portée d’un citizen developer ». Un avis que semble partager Fabien Bouquignaud, le fondateur de Solypse. « Il est nécessaire de disposer d’une certaine appétence pour le développement, d’un background ingénierie et d’une certaine maîtrise des processus », conclut-il.

La DSI perd elle le lead des projets low-code ?

« Chez Solypse, nous estimons qu’il y a un enjeu organisationnel au sein de l’entreprise. Le lead sur les projets low-code n’est pas forcément tenu par la DSI mais plutôt par les opérationnels et les business designers », indique Fabien Bouquignaud, fondateur du cabinet Solypse. A l’instar du Byod, du cloud, l’arrivée des plateformes low-code poussent les métiers à acquérir encore plus d’autonomie et par conséquent, il existe un risque accru d’encourager un peu plus la pratique du shadow IT. Certains DSI ne cachent d’ailleurs pas leurs inquiétudes sur la sécurité, l’intégration des données issues de ces plateformes et la perte de contrôle des applications dans l’entreprise. Dans ce contexte, les DSI doivent impérativement prendre le lead en accompagnant cette conduite du changement pour permettre une intégration des utilisateurs au plus tôt dans les processus d’adaptation des applications.

C’est le cas chez Alptis, l’entreprise de protection sociale qui a mis en place la solution low-code Bonita BPM (voir le témoignage client ci-après). Véronique Pachoud Le Floch, la DSI du groupe, nous confirme que son service reste bien accroché à la barre de ce projet tout en ayant effectivement impliqué très tôt les utilisateurs. Cette agilité au sein de la DSI, elle est essentielle pour Mickaël Kwasnik, le directeur commercial et marketing d’Anakeen : « La DSI doit bien sûr tenir le lead mais il ne fait aucun doute qu’elle sera pressée par les métiers. Ce besoin d’accélérer le développement est indispensable, il n’est plus envisageable pour les métiers d’attendre 6 mois pour un delivery ». « C’est un véritable changement de culture pour la DSI car nous opérons toute la complexité pour elle. Finalement, nous encourageons aussi la DSI à se concentrer sur l’innovation », renchérit même Guillaume Aurine, directeur marketing produit chez Salesforce France.

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Plus d'agilité dans le développement chez Alptis

Par La RédactionPublié le 2 janvier 20183 min de lecture

« Nous avons choisi la plateforme Bonita BPM de Bonitasoft pour orchestrer nos différentes couches d’information et de par notre architecture interne orientée microservices et vu nos spécificités, son intégration a plutôt été aisée », reconnaît Véronique Pachoud Le Floch, DSI d’Alptis, une société (CA de 85 M€ pour 450 personnes) qui propose des services d’assurance santé, de prévoyance, de retraite et de prêt pour les particuliers et les salariés des entreprises. A titre indicatif, le courtier grossiste Alptis gère aujourd’hui 766 000 contrats d’assurance et couvre 450 000 personnes ; au cours de l’année 2016, le groupe a émis près de 270 millions d’euros de primes. Pour améliorer l’efficacité de son SI, de ses processus et optimiser sa stratégie multicanale, Alptis a donc fait le choix de déployer la plateforme low-code de Bonitasoft qui lui permet de développer plus rapidement des applications interconnectées à ses différents progiciels spécifiques. « Avec Bonita BPM, nous bénéficions d’un certain nombre d’API pour utiliser nos propres interfaces ou celles fournies par l’éditeur. L’outil est modulaire et convivial s’il est bien piloté. De même, nous sommes bien dans un environnement low-code et non dans du no-code, nous continuons à développer des briques notamment pour faciliter l’interopérabilité avec nos applications métiers », précise Benoit Delebarre, responsable études chez Alptis.

En effet, la maîtrise en interne des technologies est un point clé pour Alptis, l’équipe de DSI est d’ailleurs taillée en conséquence puisqu’elle se compose d’une cinquantaine de personnes dont trois quart de développeurs. Deux ans après le déploiement de Bonita BPM, Alptis a créé de nombreuses applications autour du pilotage de la gestion des demandes clients en multicanal, de la gestion des réclamations, de la gestion des souscriptions (élaboration du projet jusqu’à l’émission du contrat) et de la distribution du travail (mise en place de règles automatiques). « Grâce à la plateforme, nous avons pu automatiser de nombreuses tâches qui étaient auparavant réalisées manuellement », tient à rajouter Benoit Delebarre. Par ailleurs, la création d’interfaces capables de masquer la complexité des interactions entre les différentes briques du système d’information ainsi qu’une plus grande fluidité et cohérence dans le partage d’informations ont également permis d’améliorer la performance à tous les niveaux de l’activité (délai, pilotage des ressources, respect de la réglementation, contrôles, etc.).

Etendre le low-code à tous les services

Pour faire adhérer les utilisateurs au projet, la DSI a réalisé des POC et a invité, dans un premier temps, des poissons pilotes dans les différents services capables de se projeter. L’objectif étant après de mieux expliquer la gestion du changement dans les différentes équipes. « Cela n’a pas toujours était simple tous les jours, il faut trouver ces petites choses qui vont leur être bénéfiques au quotidien », explique Véronique Pachoud Le Floch. D’une manière générale, les utilisateurs d’Alptis adhèrent assez facilement aux nouveaux projets car ils évoluent déjà dans un environnement fortement dématérialisé. D’ici au premier trimestre 2018, l’entreprise devrait généraliser l’utilisation de la plateforme à toute son organisation contre 60 % environ aujourd’hui. Toujours très en pointe, Alptis réfléchit aussi aux futures implémentations notamment autour du machine learning appliqué au BPM.