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Des écoles agiles pour des candidats rapidement opérationnels
Depuis quelques années, les écoles liées au numérique se multiplient presque aussi vite que le numérique progresse dans l’entreprise. La Grande École du Numérique, ce groupement d'intérêt public mis en place par le précèdent gouvernement en 2015, recense déjà près de 420 formations labélisées pour 10 000 élèves formés en 2017. A cela, il faut ajouter le nombre impressionnant d’universités et d’écoles privées et/ou payantes. Entre les centres de formation, les écoles traditionnelles d’ingénieurs, les universités, les filières courtes (BTS, DUT), les instituts, les fondations, les formations en alternance, la liste est longue et il est difficile de toutes les recenser. Mais le phénomène le plus marquant reste l’apparition de cette génération d’écoles surtout marquée par la très forte médiatisation de l’école 42 ouverte par Xavier Niel en 2013. Depuis, de nombreux établissements ont été créés à l’image d’O’Clock, la Capsule, le Wagon, l’IT-Akademy ou de la Wild Code School, des écoles dont certaines sont calquées sur le modèle des bootcamps américains, à savoir des formations au développement courtes et intensives. L’objectif de ces écoles est de détecter les talents et l'esprit créatif et non de sélectionner les candidats sur leurs connaissances, leur niveau d’études ou leur diplôme. « Au sein de l’IT-Akademy, nous formons entre 100 et 120 candidats par an aux profils multiples même des non-informaticiens », reconnaît Jean-Baptiste Monin, gérant de l’IT-Akademy. A ce titre, plusieurs formations proposées à l'IT-Akademy sont labellisées Grande École du Numérique et Campus Région du Numérique de la région Auvergne Rhône-Alpes.
Ces écoles répondent aussi aux besoins des entreprises en rendant les candidats rapidement opérationnels en entreprise. « Depuis 2014, la Wild Code School fait partie de cette nouvelle génération d’école qui forme des développeurs web et mobile sur un cursus court, cinq mois nous concernant, dans des promotions de candidats relativement faibles, de 20 à 30 personnes maximum. Notre objectif est avant tout d’être en phase avec les demandes du marché. Le profil de nos candidats : de jeunes adultes autour de 30 ans pour la majorité en reconversion professionnelle et parfois, ils sont même très éloignés de l’IT. Nous avons très peu de jeunes post-bac », souligne Anna Stepanoff, CEO et co-fondatrice du réseau d’école Wild Code School. Déjà présente dans plusieurs villes françaises, la Wild Code School vient d’ailleurs d’ouvrir ce mois-ci une promotion à Reims. Cette école se veut également pragmatique et agile, elle forme ainsi des profils rapidement employables par les entreprises. « Nous adaptons nos cursus à l’évolution des technologies, un framework apparait tous les six mois. Nous les ajustons aussi à la demande des territoires. A Toulouse, Orléans et Paris, les besoins ne sont pas forcément les mêmes. Par exemple, la promotion de Toulouse bénéficie surtout de formations spécialisées dans le développement Java pour Android alors qu’à Orléans, le focus est donné au framework PHP Symfony ou encore au Javascript React de plus en plus utilisé à Paris », résume Anna Stepanoff.
De l’enseignement à distance à la formation express en une journée
A l’instar de la Wild Code School, O’clock dispense des formations dans le développement sur des cursus courts de cinq mois, pour 20 candidats par session, mais à distance et non en présentiel. « L’idée est de proposer une formule sans les contraintes physiques, une connexion à distance suffit pour suivre nos cours tout en proposant un encadrement contrairement aux Mooc ou tout le monde peut suivre les cours sans aucune obligation », explique Dario Spagnolo, président et cofondateur de l'école O'clock. En effet, pour le cofondateur d’O’clock, si des millions de personnes suivent des Mooc, 80 à 90 % d’entre eux décrochent rapidement, les Mooc conviendraient donc mieux à des candidats déjà très autonomes qui veulent acquérir une phase d’initiation ou une vraie spécialisation. Depuis janvier 2017, O’clock a déjà formé 120 candidats aux profils multiples (reconversion professionnelle, reconversion partielle, jeunes sans diplôme, réorientation, etc.) sur trois technologies : PHP Symfony, JavaScript React et Wordpress. A ce titre, vu la quantité de frameworks qui sortent chaque année, O’clock a une manière assez directe de sélectionner les frameworks les plus demandés par les entreprises, tout simplement via des mots clés depuis des moteurs de recherche sur Internet et de lister ceux qui sortent le plus souvent.
Plus insolite, Coding Days (https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-coding-days-enseigne-les-bases-du-code-en-une-journee-70059.html), une école ou plutôt une startup créée en 2016, se propose même de former des non-informaticiens aux bases du code en une journée, l’objectif de cette école n’est pas d’en faire des développeurs chevronnés mais de leur fournir une initiation au code. Par exemple, comment développer rapidement son site web ? Ce concept représente-t-il la bonne formule pour former les citizens developers, cette génération d’utilisateurs très demandée par les entreprises qui exploitent des plateformes low-code permettant de créer rapidement des applications en limitant au maximum les lignes de code (https://www.lemondeinformatique.fr/les-dossiers/lire-le-citizen-developer-une-cible-prioritaire-pour-les-editeurs-de-plateformes-low-code-872.html). L’avenir nous le dira.
Bien sûr, toutes ces écoles sont confrontées au recrutement des enseignants développeurs, lesquels sont très sollicités par de multiples demandes. « C’est difficile de recruter car la pénurie touche aussi les enseignants, nous les recrutons néanmoins grâce à notre solide réseau », indique Anna Stepanoff. Chez O’clock, le constat est identique mais l’argument du travail à distance fait souvent mouche auprès des futurs enseignants.
Numérique et plus informatique pour attirer les femmes
Peut-être avez-vous remarqué mais dans les écoles le mot informatique a progressivement disparu pour laisser sa place au mot numérique. A en croire certains de nos interlocuteurs, eux-mêmes convaincus par certains élus, ce changement de nom serait plus propice pour attirer les candidates féminines aux métiers de l’informatique, pardon du numérique. Il faut dire que les femmes représentent à peine un tiers des effectifs dans le numérique contre 48 % dans le reste de l’économie (source : economie.gouv.fr). A ce titre, la Grande École du Numérique a fixé comme objectif cette fameuse barre des 30 % d’effectifs féminins aux différents centres de formation labellisés qu’elle recense.
Ce seuil est-il vraiment atteint ? Il semblerait que cela soit le cas dans certaines écoles à l’image d’O’clock : « Chez O’clock, pour la promotion de mai 2017, nous avions 10 femmes et 10 hommes. C’est assez exceptionnel, en moyenne, le pourcentage de candidates féminines qui suivent nos formations oscille entre 24 et 40 %. Ce pourcentage assez élevé s’explique aussi par notre format de cours à distance, les femmes se sentent peut-être moins isolées dans leur minorité que dans des classes physiques », admet Dario Spagnolo, président et cofondateur de l'école O'clock. La présence féminine augmente aussi chaque année dans les écoles d’ingénieurs traditionnelles. Chez Supinfo, l’effectif féminin est ainsi passé de 11 à 22 % en 10 ans. Même chose à l’ESIEA où l’école compte en moyenne 17 à 18 % de filles. « Nous avons créé une classe bilingue où les cours sont dispensés en anglais et dans cette classe, nous avons 30 % de filles », donne en exemple Louis Jouanny, directeur de l'ESIEA.