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Crise : Quand les semi-conducteurs vont mal, tout va mal

La rédaction

Le pire est peut-être à venir. Alors que l'ensemble des analystes tablait sur une reprise de la filière semi-conducteurs au second semestre de cette année, les dernières déclarations des entreprises du secteur laissent entrevoir, à l'inverse, une détérioration de la situation. La crise, que l'on espérait terminée en juin, risque de durer au moins jusqu'à la fin de l'année. Voire jusqu'à la mi-2002.

Les semi-conducteurs se trouvant au cour de tous les systèmes informatiques et de télécommunications, une crise durable dans ce secteur ne laisse rien présager de bon pour les industries qui se trouvent en aval.

Selon un analyste de Dataquest, l'ensemble du CA du secteur des semi-conducteurs en 2001 devrait atteindre l'équivalent de seulement neuf mois de l'exercice 2000, soit une baisse de 25% du CA. Il envisage une reprise vers la moitié de l'année 2002. De son côté, IC Insight, un autre institut, table sur une baisse de 21%.

Ces baisses sont de bien plus grande ampleur que celles que prédisaient les associations professionnelles il y a encore deux semaines, anticipant une reprise à partir du mois de septembre.

Début juin, la SIA (Semiconductor industry association) évoquait une baisse générale sur l'année de 14% à 175 Md$. Les Etats-Unis (-22% à 50 Md$), et les mémoires (-29% à 21 Md$) étant respectivement la région et le secteur les plus touchés.

Chez WSTS (World semiconductor trade statistics), on prévoyait une baisse annuelle de même ampleur (-13,5%), grâce aussi à un retour à la croissance à partir du mois de juillet.

Depuis, Infineon, la filiale semi-conducteurs du groupe Siemens, a annoncé que son activité allait se réduire de 30% ce trimestre par rapport au précédent. Ce qui devrait se traduire par une perte de 512 M$ (600 M€). Tous ses domaines d'activité sont touchés : mémoire, composants pour les télécommunications fixes et mobiles. Plus inquiétant pour l'avenir, les carnets de commandes se vident. Infineon a décidé de réduire de 18% ses investissements pour 2001 à 2,3 Md€. Au cours de son année fiscale 2002 qui débutera en octobre prochain, ils seront amputés de 1 Md€.

En mai, Taïwan Semiconductor Manufacturing Co (TSMC) et United Microelectronics Corp (UMC), deux des plus importants fondeurs taïwanais, ont vu leur production baisser par rapport à avril, laissant peu de doute sur des résultats trimestriels dans le rouge. Leur outil de production tournerait à 40% de ses capacités.

Après une forte hausse de la demande en 2000, de l'ordre de 35%, la chute générale de la demande de composants engendre une guerre des prix, une dévaluation drastique des stocks et des coupes dans tous les budgets.

Ainsi, Teradyne et Asyst Technologies, deux fournisseurs d'équipement de tests pour les semi-conducteurs, ont annoncé des pertes opérationnelles pour le trimestre en cours. Selon un analyste d'ABN Amro, ces fournisseurs pourraient toucher le fond au troisième trimestre avec, pour l'ensemble de l'année, une chute de 70% de l'activité. La crise s'installe.

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