ArticleCybersécurité & Conformité
Propagande : Le PDG d'AOL leurre avec la relance de l'économie par le Net
Dans son édition du 9 novembre, Le Monde a accueilli sans sourciller une tribune libre http://www.lemonde.fr/rech_art/0,5987,243050,00.html de Steve Case, PDG d'AOL-TimeWarner. Militant pour des forfaits d'accès illimités, il s'essaye sans complexe à démontrer un lien entre ces accès illimités et " l'expansion du commerce électronique [qui] pourrait à elle seule relancer les économies européennes ".
Dans sa plaidoirie, il oublie un élément fondamental : la quasi-inexistence du poids économique du commerce électronique. Il omet aussi de noter que le commerce en ligne a baissé aux Etats-Unis au deuxième trimestre http://www.weblmi.com/daily/2001/0903/internet.htm , avant que les attentats du 11 septembre puissent être désignés comme l'explication à la crise économique que traverse les Etats-Unis. Un commerce en ligne de toute façon bien insignifiant, puisque cette baisse a fait passer l'e-commerce sous la barre des 1 % du commerce de détail.
Son raisonnement se fonde sur la démonstration que plus de la " moitié des internautes britanniques, allemands et français ont effectué des achats en ligne ". Un chiffre astronomique qu'infirme la mauvaise santé de l'e-commerce.
Steve Case se base non pas sur une " étude ", comme il l'écrit, mais sur un sondage commandé par AOL auprès de 1 500 internautes européens choisis " aléatoirement ", dont les opinions ont été recueillies sur le mode déclaratif. Mode dont on connaît les limites : c'est ainsi que l'on apprend qu'ils seraient 29 % à " écouter de la musique comme à la radio ". Avec un accès Internet par modem, cela relève du sacerdoce...
Pour un lecteur averti, le point de vue de Steve Case ne fait qu'abonder dans le sens de notre article " La bouteille à l'encre des chiffres surévalués de l'e-commerce " http://www.weblmi.com/daily/2001/0608/busuness.htm , paru en juin dernier.
Ironie du sort, Steve Case s'est fendu de sa démonstration hasardeuse la veille de la condamnation d'AOL France pour publicité mensongère (voir article suivant).

