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Télécoms : Bilan amer pour la BLR
Le constat de l'ART confirme l'évidence : aucun des opérateurs de boucle locale radio (BLR) n'a rempli complètement ses engagements de couverture au 31 décembre dernier. Surtout dans la bande des 3,5 GHz, celle destinée au grand public, où aucun déploiement n'a eu lieu. Les raisons sont connues, de l'éclatement de la bulle Internet à la crise du marché financier en passant par les difficultés des constructeurs. En un an, 175 stations de base ont tout de même été installées dans 30 unités urbaines de plus de 50 000 habitants, avec un millier d'entreprises clientes.
Le plus surprenant est la manière dont le régulateur dévoile ce bilan tant attendu : son communiqué reprend une interview accordée par son président au Figaro. Pas de chiffres, ni de rapport public. L'ART nous avait pourtant habitués à davantage de transparence. Surtout quand Jean-Michel Hubert se contente de constater que "cinq opérateurs, sans répondre complètement aux exigences de couverture, ont véritablement mis en route un programme crédible". Traduction : si l'on met à part les cas très particuliers des acteurs monorégionaux comme en Guyane (Media Overseas) et en Normandie (Altitude Telecom), seuls deux opérateurs tiennent la route, FirstMark et Squadran (filiale de LDCom ayant repris les activités de Belgacom France).
Les choix de l'ART remis en cause
Par ailleurs, quatre opérateurs sont cloués au pilori (dont deux concernent les Caraïbes et l'océan Indien), avec un bilan « nettement insuffisant », et sont mis en demeure dans un délai d'un mois « de prendre des mesures en vue d'assurer le respect des exigences de déploiement ». Sinon, le régulateur menace de leur retirer leurs licences. On voit mal par quel miracle Landtel, en redressement judiciaire, et Broadnet, qui a fortement réduit la voilure depuis un an, pourront se relever d'ici à début mai. A part l'Ile-de-France où quelques stations ont été déployées, les autres régions (quatorze pour Broadnet et six pour Landtel) n'ont en effet jamais vu la couleur de la BLR de ces deux opérateurs.
Doit-on en conclure à une erreur de casting de l'ART ? C'est en tout cas ce que continuent de répéter les opérateurs comme Cegetel ou Siris, dont les candidatures à une licence nationale avaient été rejetées il y a deux ans. Et qui n'ont aucune intention de postuler à nouveau. « Le train est passé, mais je reste persuadé que si l'on avait attribué les licences à des sociétés ayant déjà une base de clientèle, le paysage ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui », indique Eric Chambriard, directeur des services télécoms chez T-Systems Siris. En tout cas, la situation fait au moins un heureux : aujourd'hui, la BLR ne fait pas d'ombre à l'offre ADSL de France Télécom.

