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Vote électronique : Vivendi dans le brouillage

La rédaction

Suite à la plainte déposée début mai, le Tribunal de Commerce de Paris a fait droit à la demande d'expertise sollicitée par Vivendi Universal pour faire constater des "dysfonctionnements" lors de l'assemblée générale de ses actionnaires, le 24 avril dernier. Lors de cette réunion, le système de vote électronique aurait été victime d'une manipulation frauduleuse ayant entraîné le rejet de deux des dix-huit résolutions présentées. Selon le groupe de communication, et après vérification auprès de Saint-Gobain ou encore de la Société Générale, les votes émanants des boîtiers des actionnaires présents et ayant le plus grand nombre de voix auraient été comptabilisés systématiquement en abstentions.

Piratage, erreur de manipulation ou dysfonctionnement technique ? C'est ce que devra déterminer l'expert désigné par le tribunal. Les conclusions sont attendues pour la mi-juin, après examen d'un échantillon des boîtiers et d'une copie du disque dur de l'ordinateur central, ainsi que de l'antenne du système. Le dispositif de vote utilisé lors de l'assemblée générale, fourni par la société spécialisée MMA (Multi Media Animation), dont le gérant-fondateur n'a pas répondu à nos appels, reposait en effet sur des liaisons radio, un mode de transmission très vulnérable aux attaques et aux brouillages en l'absence de dispositifs de sécurité et de chiffrement robustes. Une manipulation des fichiers, également évoquée, semble moins probable. "Elle aurait supposé un réseau de complicité complexe", explique Philippe Bissara, délégué général de l'Association nationale des sociétés par actions (Ansa), à l'origine d'un rapport sur le vote par des moyens de télétransmission. Celui-ci estime, par ailleurs, que le vote par boîtiers électroniques ne devrait pas être remis en cause, et que les scrutins par Internet finiront eux aussi par s'imposer dans le cadre d'assemblées générales.

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