ArticleCybersécurité & Conformité
Beaucoup de pannes, peu de malveillance
Le nouveau gouvernement ne s'est pas encore prononcé sur l'insécurité. L'insécurité informatique, bien sûr. Henri Serres, qui dirige la DCSSI (Direction centrale de la sécurité des systèmes d'information), organisme qui dépend des services du Premier ministre estime cependant que "compte tenu des préoccupations en sécurité en général, les systèmes d'information ne devraient pas être oubliés". Les chiffres que vient de publier le Clusif (www.clusif.asso.fr) montrent les entreprises (608 ont été interrogées) redoutent toujours autant les infections par des virus informatiques (à 62 %), les accidents (35 %) et les vols (de matériels et de logiciels, à 16 %). Entre ces risques redoutés et la réalité de l'insécurité informatique, le paysage change. Selon l'étude du Clusif, le top 5 des incidents qui affectent les systèmes d'information des entreprises françaises est le suivant : les pannes internes arrivent en tête (18,5 % des entreprises victimes), devant les pertes de services essentiels (17 %), notamment de liaisons télécoms, les virus (15 %), les erreurs d'utilisation (12 %) et de conception (5 %). Ces deux dernières catégories régressent par rapport à 2000, signe, selon le Clusif, "d'une meilleure formation et sensibilisation des utilisateurs".Les actes de malveillance sont plutôt d'origine externe (41 %), mais restent, aux dires des entreprises interrogées qui n'ont probablement pas révélé tous leurs secrets, marginaux. Ainsi, les attaques logiques ciblées et les intrusions concernent entre 1 et 2 % des entreprises, les fraudes et les sabotages physiques environ 0,5 %. Quant à chiffrer les dégâts, la tâche est impossible et le Clusif, prudent, se garde de publier des estimations. "80 % des attaques ne sont jamais détectées et on estime que seulement 10 % des actes de malveillance arrivent à la connaissance des services de police", précise Pascal Courtin, commissaire qui dirige la BEFTI (Brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information) à la Direction de la Police judiciaire. Catherine Chambon, qui dirige l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information (OCLCTIC), dont la compétence est nationale, reconnaît ne traiter "pas plus de 150 dossiers par an".
Autre enseignement de l'étude du Clusif : les entreprises seraient mieux protégées. Pare-feu, contrôles d'accès, politique de sensibilisation, surveillance des réseaux, antivols, plans de secours se diffusent. Lentement mais sûrement. L'utilisation du chiffrement, par exemple, est passée de 11 % des entreprises en 2000 à 15 % en 2001. Résultat : un quart des entreprises estiment être "très bien protégées" (contre 14 % en 2000).

