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Microsoft européanise sa R&D

La rédaction

Microsoft ouvrira d'ici à fin mai son premier centre d'innovation hors des Etats-Unis, à Aix-la-Chapelle. Une décision plutôt originale prise pour des raisons tant tactiques que stratégiques.

Tactiques, car ce MIC (Microsoft Innovation Center) se consacrera à des sujets spécifiques à l'Europe, explique Pierre-Yves Saintoyant, ingénieur en charge du dossier et qui a travaillé pour Bull, l'Insead et PwC, a créé l'entité de conseil Microsoft en France il y a dix ans.

Aujourd'hui, il doit éviter que se reproduise le pataquès de Passport : le système d'authentification en ligne de Microsoft a nécessité 9 mois de travaux pour se conformer aux exigences de l'Union européenne (UE). Les trois premiers thèmes étudiés seront la sécurité et la protection des données personnelles, la mobilité, et les services Web.

Ce mouvement est aussi stratégique : comme le reconnaît Microsoft à demi-mots, cela devrait améliorer l'image de l'éditeur de Windows auprès de l'Union européenne, qui enquête depuis plusieurs années sur ses pratiques commerciales. D'ailleurs, la proximité d'Aachen (nom allemand d'Aix-la-Chapelle) avec Bruxelles a pesé dans la décision de s'y implanter. Autre intérêt de cette ville, la présence de laboratoires universitaires et privés (Ericsson, Ford, Philips ou Siemens), Microsoft cherchant à accentuer sa politique de partenariat. L'idée de ce MIC est d'ailleurs venue de Pierre-Yves Saintoyant, qui avait justement été recruté il y a quatre ans, au centre de recherches de Cambridge (Royaume-Uni), pour mettre en place ce type de liens avec la recherche publique.

La démarche pourrait logiquement faire des petits, si le MIC européen démontre son utilité. Il démarrera avec une dizaine de personnes et devrait compter, d'ici 2006, des équipes de 10 à 15 personnes sur chacun des trois sujets. "Dans tous les cas, prévient Pierre-Yves Saintoyant, il n'y aura aucun résultat concret avant au moins trois ans".

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