ArticleCybersécurité & Conformité
L'ONU à la recherche d'un consensus Internet impossible
Plutôt absente des processus de régulation de la société de l'information, l'Organisation des Nations Unies et son président Kofi Annan, rêvent de reprendre la main à l'occasion du sommet mondial sur la question, du 10 au 12 décembre à Genève. A l'ordre du jour : réduction de la fracture numérique et modification du mode de gestion d'Internet. Mais dans les deux cas on assiste depuis plusieurs mois à la chronique d'un échec annoncé.
Concernant la régulation, aucune décision ne devrait être prise et nombre des chefs de gouvernement concernés ne se rendront pas personnellement en Suisse. L'enjeu demeure cependant de taille : intéresser plus d'Etats à l'administration du réseau sans pour autant créer un cadre trop contraignant, voire liberticide.
En clair, comment réduire le pouvoir de l'Icann - émanation du gouvernement américain en charge du nommage sur Internet - sans s'en remettre aux seuls Etats, dont certains en profiteraient pour réduire la liberté d'expression sur la Toile.
L'ONU rêve - sous son égide - d'un organisme consensuel, sur le modèle de l'UIT, organisation mondiale des télécoms. L'Icann a d'autant moins de choses à craindre que, sentant le vent tourner, l'organisme prône l'ouverture et de son administration vient d'installer un bureau à Bruxelles.
Par ailleurs, l'attitude de plus en plus coercitive de la Chine sur son territoire n'incite pas à confier aux Etats les rênes de la régulation.
Côté fracture numérique, les 8 000 délégués sont censés s'accorder sur le meilleur moyen de permettre à tous les citoyens du monde de disposer d'un point d'accès à Internet d'ici 2015. Sur ce point, le financement pose problème. La plupart des pays du Nord - notamment européens - ont d'ores et déjà refusé de souscrire à l'idée - défendue par Abdoulaye Wade, président du Sénégal - d'un "fonds de solidarité numérique".
Reste une déclaration de principe présentée comme un succès par les organisateurs suisses.

