ArticleCybersécurité & Conformité
Négociation sur l'ouverture des centres d'appels le dimanche
Le ministre de l'Industrie, Patrick Devedjian, vient d'annoncer un plan en sept points pour limiter l'exode des centres d'appels. La mesure phare en est l'autorisation d'ouvrir le dimanche pour les centres d'appels spécialisés dans l'assistance ou l'information. On ne voit pas bien ce que cette ouverture pourrait changer à la volonté des entreprises de délocaliser cette fonction, d'autant que le ministre la justifie en la comparant au fait que si les autoroutes sont ouvertes le dimanche, les autoroutes de l'information peuvent l'être également...
Cette autorisation d'ouverture pourrait s'accompagner d'une obligation d'embauche de 10 000 jeunes n'ayant jamais eu d'emploi, par an et pendant trois ans. S'il est louable de vouloir embaucher des jeunes victimes de la fracture sociale, il n'est pas sûr que la perspective de devoir travailler le dimanche les enchante.
Le ministre espère créer dans ce secteur de 100 000 à 200 000 emplois. Le travail dominical n'est pas encore acquis et déjà les syndicats font entendre leurs voix. Le Syndicat du Marketing Téléphonique, l'un des principaux syndicats de la profession, refuse l'obligation d'embauche. Force Ouvrière pense quant à lui que cette mesure n'empêchera pas la délocalisation. Perdre un acquis social comme le repos dominical ne fera qu'accentuer les mauvaises conditions de travail des employés d'Afrique ou du Maghreb car les centres d'appels s'organiseront de façon à rester compétitifs. Un cercle vicieux de remise en cause des droits sociaux sera, d'après M. Mailly, secrétaire général de FO, le seul résultat concret de cette mesure.
Marc Houéry, spécialiste des télécommunications et auteur du rapport sur lequel s'appuie le ministre a jusqu'au 28 mars 2005 pour finaliser son travail. Après cette date, les premières mesures, dont l'ouverture le dimanche mais également la gratuité des minutes d'attente, pourront être mises en place.

