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Le défi de la sécurité face aux nouveaux usages
« Les entreprises doivent adapter leur approche liée à la sécurité avec l'arrivée du cloud computing et de la consumérisation IT. Et pour cela, il ne suffit pas de déployer uniquement des solutions techniques, mais d'établir une vraie gouvernance sur la gestion des risques » souligne Julien Steunou, responsable des activités sécurité et conseil chez BT France. Cette phrase résume parfaitement les difficultés rencontrées par les RSSI et les DSI face à l'usage des terminaux personnels (smartphones et tablettes), des réseaux sociaux et des services cloud par les collaborateurs de l'entreprise.
D'ailleurs, selon une étude réalisée début 2011 par le cabinet PAC (Pierre Audoin Consultants), pour les responsables sécurité, le cloud, la mobilité, la virtualisation sont les trois sujets qui dépendent étroitement des questions de sécurité. Fort de ce constat, le budget informatique aurait progressé de 2,2% en France en 2010, selon le cabinet d'études, mais il demeure encore à des niveaux très faibles dans l'investissement informatique global des entreprises. Peut-être par un manque d'intérêt ou une simple spécificité française !
Des stratégies de sécurité IT qui se font rares !
Les budgets liés à la sécurité piétinent d'une année sur l'autre en France, plusieurs raisons à cela, une prise en compte peu suivi dans les entreprises, un manque de ressources et de dialogue, sans oublier une parole absente des pouvoirs publics. À titre de comparaison, Barack Obama avait dévoilé en mai 2011 un plan de lutte contre la cybercriminalité aux États-Unis» explique Laurent Heslault, directeur des stratégies de sécurité chez Symantec France. Pour Fortinet (étude réalisée en juin 2011 sur les stratégies de sécurité informatique de plus de 300 moyennes à très grandes entreprises européennes), 24% des entreprises françaises n'ont soit aucune stratégie de sécurité IT, ou ne l'ont pas réexaminé depuis plus de trois ans. Il est fort probable que ces chiffres seraient bien plus mauvais pour les petites et moyennes entreprises. Patrick Pailloux, le directeur général de l'Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) a d'ailleurs rigoureusement mis en garde les DSI et les RSSI lors des Assises de la sécurité 2011 en octobre dernier. Il avait déclaré que la situation ne pouvait plus continuer ainsi et que les systèmes d'information publics et privés en France et partout dans le monde étaient en danger et d'insister sur le nombre important d'attaques.
L'absence de périmètre intrigue
Il est clair que la prolifération des end points augmente les menaces, de ce fait, les entreprises doivent faire face à de nouvelles questions de sécurité liées à davantage de liberté du côté de l'utilisateur et à une perte de contrôle du côté des entreprises» reconnait Luis Delabarre, CTO de Trend Micro France. Un avis que partagent bon nombre de fournisseurs dont Franck Trognée, le directeur général France de SonicWall qui indique qu'il n'y a plus de barrière périmétrique au niveau des infrastructures avec la mobilité et le cloud. Selon un sondage réalisé par YouGov pour Citrix Online auprès de 700 petites et moyennes entreprises d'Allemagne, de France et du Royaume-Uni, 39% des entreprises françaises craignent des fuites de données liées à un accès à distance au réseau de l'entreprise et 36% d'entre elles estiment que l'usage de terminaux personnels entraine le téléchargement non contrôlé d'applications mobiles, susceptibles alors d'ouvrir une brèche dans la sécurité de l'entreprise.
Pour McAfee et le centre de recherche de l'université Carnegie Mellon, via leur étude intitulée « La sécurité mobile et la consumérisation de l'informatique », les pertes ont des conséquences financières sur l'entreprise dans un cas sur trois. Parmi les informations les plus « fuitées » : les données clients (40%), les informations relatives à la propriété intellectuelle de l'entreprise (30%), les données financières (15%) et les données d'emploi (10%). Tout autant alarmant, pour Symantec qui a publié une étude sur la virtualisation dans les petites entreprises seules 15 % des entreprises sauvegardent toujours leurs serveurs virtualisés, et 23% ne le font que rarement ou jamais. Pis encore, 78% des entreprises interrogées n'ont pas d'antivirus sur leurs serveurs virtuels, 48% pas de pare-feu, et 74% renoncent à la protection des terminaux.
Illustration principale : Julien Steunou, responsable des activités sécurité et conseil chez BT France
Encadré : Y a-t-il un pilote dans le système d'information?
Le système d'informations dans les entreprises échappe de plus en plus au service informatique et s'anarchise. « On constate que le RSSI a tendance à perdre le contrôle dans les environnements cloud et virtualisés » insiste Christophe Perrin, responsable du développement de la sécurité chez Cisco. Le DSI perd-il le contrôle de son système d'information ? On peut sincèrement se poser la question d'autant qu'il n'a pas ou peu le contrôle sur les métiers dont les directions utilisent, par exemple, de plus en plus d'outils en ligne sans, pour autant en informer le service informatique. Selon un sondage mené par Avanade en juin 2011, et commandité par Microsoft-Accenture, un responsable interrogé sur 5 avoue avoir souscrit à un service sans en informer le département informatique, de plus en plus mis à l'écart dans la prise de décision concernant les services IT utilisés. Ajoutons à cela que face à la jeune génération très friande des réseaux sociaux et de la consumérisation IT en général, les services informatiques n'apportent pas forcément les bonnes réponses. Ils sont, dans certains cas, plus enclins à verrouiller ces usages et dans d'autres, trop tolérants envers ces usages. Face à ces constats, le rôle du DSI doit changer et être plus proche des métiers dans l'entreprise, un DSI moderne en quelque sorte ! Mais, pour cela, il doit aussi être perçu par sa hiérarchie comme le garant du savoir-faire d'une entreprise et non plus comme un centre de coûts ou une fonction support...