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De l'antivirus à l'EDR, toujours plus d'outils pour protéger les postes de travail
« Face aux menaces actuelles, l’antivirus seul ne suffit plus », résume en préambule Franck Mazeau, responsable de Panda Security pour la France. Pour Philippe Fourcin, responsable avant-vente chez F-Secure France, les dispositifs traditionnels à base de signature arrêteraient aujourd’hui environ 10 % des menaces. Dans ce contexte, face aux multiples attaques de type Exploit Zero-Day, comment fait-on pour les bloquer avant qu’elles puissent arriver à leurs fins en termes d’exploitation, idem pour les malwares où les signatures ne sont pas dans la base ? Par des moteurs de nouvelle génération comme le fait F-Secure avec DeepGuard par exemple et des technologies d’EDR (Endpoint Detection and Response dont le terme vient du cabinet Gartner) permettant de contrer les menaces ciblées et inconnues.
La généralisation des services EDR
En deux ans, la technologie EDR s’est d’ailleurs généralisée chez tous les éditeurs de solutions de sécurité des terminaux et d’antivirus ; ces technologies étaient auparavant surtout dominées par des pures players comme Carbon Black, Cylance ou encore SentinelOne avec des outils très évolués. Les EDR agissent sur trois éléments : la détection, l’investigation et la remédiation via des approches d’analyses comportementales. Fonctionnant en local ou dans le cloud, la technologie EDR va s’appuyer sur un certain nombre de règles comportementales et va détecter les processus anormaux, via la collecte d’informations dans un cloud provenant des postes sous Windows et/ou sous Linux (pour certains éditeurs) et en effectuant une analyse intelligente des données (machine learning ou deep learning). « L’avantage de l’EDR est de retracer le mode opératoire du pirate (le forensic) en récupérant tout ce qu’il y a sur la machine », précise Benoit Grunenwald, expert cybersécurité chez Eset France. Si dans un premier temps, les EDR séduisaient les entreprises les plus matures avec des experts de la sécurité en interne et des moyens financiers plus importants, aujourd’hui les éditeurs ciblent aussi les petites et les moyennes entreprises. Pour les entreprises qui ne peuvent pas encore investir dans ce type de solutions, certains éditeurs incluent des capacités EDR, c’est-à-dire qu’ils adossent leur solution de Enpoint Security à une sandbox pour isoler la menace. Cela dit, l’automatisation, la simplicité et le service engagés par les éditeurs dans leurs solutions apportent plus de compréhension pour les entreprises qui n’ont, de ce fait, pas besoin de disposer de spécialistes de la sécurité en interne et d’avoir un SOC à manager. Cette automatisation intervient notamment dans l’étape de remédiation, la réponse aux incidents et la résilience.
Du SIEM aux outils d’administration
En outre, les éditeurs vont encore plus loin en créant des SIEM lights dédiés qui viennent en complément des SIEM plus globaux comme ceux de Splunk ou de LogPoint, c’est par exemple le cas de Panda Security avec Panda Advanced Reporting Tool qui permet d’organiser l’ensemble des logs et d’avoir ainsi plus de visibilité, ou encore de Palo Alto avec Cortex XDR Pro dont la source de données provient non seulement des endpoints mais aussi des réseaux, de l’active directory, etc.
Enfin, la multiplicité des outils (chiffrement, contrôle web, sécurisation des données personnelles, contrôle des périphériques environnants comme les clés USB, contrôle des applications, etc.) intégrés dans les suites de Security Endpoints a, en quelque sorte, obligé les éditeurs à créer des consoles d’administration pour faciliter les déploiements des agents sur les postes de travail dans les entreprises et surtout assurer la communication entre les outils. C’est par exemple le cas de McAfee avec son offre Mvision ePO considérée comme un framework de communication qui facilite l’interopérabilité entre les différents modules.
La sensibilisation toujours d'actualité
Comme le rappelle Benoit Grunenwald, la sécurité des endpoints et la cybersécurité en général ne sont jamais finies, c’est un long chemin. De plus, tous ces outils ne protégeront jamais les entreprises à 100 %. Dans ce contexte, la sensibilisation reste primordiale, tous les éditeurs sont unanimes sur ce point à l’image de F-Secure. « Nous effectuons des campagnes de phishing avec du pentest dans les entreprises », indique d’ailleurs Philippe Fourcin, responsable avant-vente chez F-Secure France, qui reconnaît que certaines sociétés mènent deux à quatre tests par an. Pour Stéphan Roux, ingénieur avant-vente chez Sophos, la sensibilisation est un module intégré dans la console Sophos Central permettant de simuler des campagnes de faux phishing, de faux emails avec analyse de rapports par la suite : « C’est un outil que l’on vend sans effort, il est très demandé. »
Notre rédaction a d’ailleurs pu constater cette évolution sur la sensibilisation lors de nos différentes IT Tour, les DSI et les équipes IT et techniques, très engagées, sont toujours plus nombreuses à éduquer les salariés sur l’usage des outils numériques et à sans cesse rappeler les règles de base.